Crédit : Elisa Cantaux, CHR Louis Pasteur, Dole Jura

Alors que la fin de l’année approche, la situation est tendue dans les établissements de santé. En effet, grippe, bronchiolite et reprise du Covid sont de retour en cette fin d’année, ce qui ne va pas dans le sens du personnel médical déjà surchargé.

Les députés LFI ont annoncé le mercredi 7 décembre « retirer » leur proposition de loi sur la réintégration du personnel non-vacciné des établissements de santé. « Les soignants suspendus n’ont pas vocation à servir les coups de communication du RN », a justifié le groupe dans un communiqué, tout en ajoutant qu’il déposerait « une nouvelle proposition de loi » .
Alors que La France insoumise semblait être confiante en voulant faire adopter sa proposition de loi visant à réintégrer les personnels non-vaccinés des établissements de santé, le gouvernement et sa majorité ont tout fait pour ralentir les débats et empêcher que le texte puisse être voté : « Au moment où la circulation du virus repart à la hausse, où il y a une épidémie de bronchiolite et la grippe, c’est grave de réintégrer des personnels non vaccinés », a estimé Franck Riester, ministre chargé des relations avec le Parlement à France Inter.

Pour Emmanuel Macron, le retour à l’hôpital des soignants non vaccinés contre le Covid-19 doit être une décision « scientifiquement établie » et non « un choix politique ». « Si les scientifiques, les médecins, les soignants nous disent que c’est souhaitable d’un point de vue scientifique de réintégrer ces soignants, il faut que le gouvernement le fasse », a déclaré le chef de l’État.
Le ministre de la Santé François Braun a indiqué qu’il se prononcera sur la réintégration ou non des soignants non vaccinés seulement lorsqu’il aura reçu les avis de la Haute autorité de Santé.

Un effectif à la baisse

En comparant l’année 2021 à l’année 2022, le niveau d’activité de l’hôpital public sur la même période a chuté de 2 %. Trois millions de séjours hospitaliers n’ont pas eu lieux entre 2021 et 2022, dont 1,2 million pour des opérations chirurgicales.

Dans l’hexagone, au moins 120 services d’urgence ont récemment été forcés de limiter leurs activités. Et pour cause, environ 20 % des quelque 620 établissements (publics et privés) sont touchés. 

Le manque de personnel dans les hôpitaux se fait de plus en plus sentir. La fatigue accumulée de la pandémie, les heures supplémentaires et la dégradation des conditions de travail ont déclenché rébellion et colère chez les soignants.

Selon la FHF (fédération hospitalière de France), le taux d’absentéisme a atteint cette année 10% en moyenne au sein des hôpitaux et des centres médico-sociaux publics. La France compte 354 000 postes d’IDE et 287 000 postes d’aides-soignants. Au total chaque année, 100 000 postes sont à pourvoir.

Cependant, ce ne sont pour la plupart que des objectifs utopiques. Le manque de budget ne permet pas, pour la plupart des établissements de santé d’engager le personnel manquant. C’est le cas de Carla .C 19ans et au chômage après avoir vu sa candidature refusée dans tous les hôpitaux et EHPAD de sa région. « On entend parler du manque de personnel dans les hôpitaux mais cela ne correspond vraiment pas à la réalité. Je viens de passer mon bac professionnel SAPAT (Service aux personnes et aux territoires) et avec ce diplôme et mon expérience acquise avec mes stages, je pensais que je n’aurais aucun mal à trouver du travail en tant que ASH en structure médicalisée. Toute confiante j’ai envoyé mes CV aux hôpitaux publics, privés et aux EHPAD de ma région ; aucun ne s’est donné la peine de me répondre correctement. J’ai dû les rappeler pour les entendre me dire que les équipes étaient complètes ou alors qu’ils en avaient le besoin mais pas le budget… Cela fait maintenant 3 mois que j’attends. »

Et cette dernière peut être étonnée : « On entend dire partout qu’ils sont en sous-effectifs et quand on frappe à leur porte, ils n’embauchent pas… »

Pour Nathan.M, directeur adjoint d’un EHPAD à Paris « il y a un manque de personnel dans les EHPAD et le problème est plus profond qu’il en a l’air. Ça veut dire aussi de la politique qui encadre le taux d’encadrement pour le nombre de soignants par rapport au nombre de résidents n’est adaptée par rapport aux besoins des résidents. » « L’ARS fournit une enveloppe pour le financement des soignants mais même avec ça, le budget dans les EHPAD est malheureuse trop peu élevé. » …  « Employer du personnel ce n’est pas si simple que cela en a l’air. Ce sont des budgets qui sont fait l’année d’avant et qui restent sur des taux d’encadrements légaux assez peu élevés ou non représentatifs des besoins des personnes âgées. »

Pour ce dernier mois de l’année 2022, les établissements d’accueil des personnes âgées affichent une grande inquiétude notamment avec la hausse des prix des matières premières et de l’énergie. Par manque de personnel certains EHPAD sont contraints de supprimer des lits. Le budget 2023 s’annonce d’ores et déjà compliqué à boucler.

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