Chanel fait son « Grand Numéro » au Grand Palais éphémère

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Chanel expose l'histoire de ses parfums au Grand Palais Ephémère. ©Nine Micheli

Depuis le jeudi 15 décembre, la marque Chanel expose ses parfums et leur histoire à travers plusieurs salles. Une découverte interactive qui plonge les visiteurs dans le monde de Coco Chanel et des différents parfumeurs de la marque.

« Bienvenue sous le chapiteau du Grand Numéro de Chanel ! ». Pour ce nouveau tour de magie, la marque nous fait voyager dans le temps et nous montre le processus de création des parfums les plus iconiques. « La parfumerie de Chanel a une ambition existentielle. Le Grand Numéro de Chanel est un voyage émotionnel, l’opportunité de découvrir toutes les facettes et le rôle d’un parfum », explique Thomas du Pré de Saint Maur, Directeur des Ressources Créatives et initiateur de l’exposition. Chaque fragrance a sa propre salle et son propre univers qui lui est associé. « Le Grand numéro de Chanel est un spectacle, un retour au rêve qui joue sur plusieurs niveaux émotionnels. L’idée est de se laisser aller à rêver, voyager d’un univers à un autre en choisissant son propre parcours. Ce n’est pas une exposition avec une chronologie imposée. C’est très ouvert ! C’est aussi une expérience conviviale, un moment à partager dans un esprit festif », explique Thomas du Pré de Saint Maur.

L’élégance de Chanel reconnue 

On peut alors démarrer en tentant sa Chance dans la salle du parfum du même nom, en jouant des jetons de casino donnés à l’entrée de la salle. En passant du flacon de parfum à des bracelets, il est possible de gagner des prix en jouant à la roulette, ou en misant tout sur des dés, à la manière du Craps. Thomas du Pré de Saint Mau raconte : « La chance dans l’iconographie des parfums est liée au mouvement, à l’énergie, au déséquilibre, à la remise en jeu… La chance se saisit : c’est prendre un risque pour que la vie soit plus grande ». Dans la scénographie, les néons du faux casino se démarquent du reste de la marque. Julia, 25 ans, qui travaille chez Chanel s’étonne du choix de décor. « C’est vrai que ça dénote du reste de la marque, normalement c’est très épuré et élégant, là on joue sur le kitch des couleurs vives du casino ». 

La salle du parfum N°5 est plus sobre, plus en adéquation avec l’image que donne la marque de luxe. Un plafond montrant plusieurs portraits de Coco Chanel défile et éclaire les murs blancs dans lesquels sont entreposés des créations de l’icône. Alors qu’une parfumeuse propose des échantillons du N°5, des artisanes expliquent le baudruchage des bouteilles de parfum.

Pour Thomas du Pré de Saint-Maur, le flacon représente maintenant une institution. « Ce flacon, à l’origine, ce n’est rien et c’est ça qui est extraordinaire. N’être qu’un catalyseur de singularité au service de la personnalité du porteur, c’est très rare. Toute cette idée de la mesure, de la règle, cette forme de tenue… Il est d’une redoutable efficacité. Cet objet signifie quelque chose, sans besoin de lire, on sait en un regard ce que c’est : la définition du design. » Ce procédé de création doit devenir un automatisme pour les employés qui peuvent produire jusqu’à cent bouteilles par heure. Dans le couloir adjacent se trouvent les robes utilisées dans les différentes pubs avec des photos des visages iconiques de la marque. De l’interview de Marilyn Monroe qui dit ne porter que du N°5 pour dormir, aux photos de Brigitte Bardot, de nombreuses célébrités se sont succédées.  

Les artisanes montrent l’étape de baudruchage aux visiteurs ©Nine Micheli

Cette délicatesse continue dans la salle dédiée au parfum Coco Mademoiselle. Après une enfilade de couloirs sur lesquels sont notées des phrases que l’on peut également entendre en chuchotements. « Si vous le pouvez, suivez-moi », « Où êtes-vous ? » Ces derniers entraînent dans un échiquier géant qui délivre des échantillons du parfum. Il faut repasser dans un couloir pour arriver dans une salle d’équipement avec les habits des différentes pubs Coco Mademoiselle. « Malgré la douceur du parfum, la femme fatale révélée par la fragrance a été mise en lumière, révèle Julia C’est très représentatif de Chanel. »

Une force qui se ressent également dans la salle qui présente Le Bleu de Chanel. Les couleurs sombres de bleu se mêlent aux lumières d’une maquette de ville. Elles sont les seules à illuminer la salle. Cette ambiance tamisée se lie avec le “bar à odeur”, où des parfumeurs font découvrir les nuances du Bleu aux visiteurs. Des petits sièges sont à disposition pour appuyer l’ambiance lounge. « Pour cette présentation, le côté très masculin se mêle à l’élégant. C’est assez logique que ce soit un bar mais très contrasté par l’ambiance très posée, très apaisante des teintes de bleu. C’est aussi dans cette optique que la salle des Exclusifs a été créée. » décrit la vendeuse.

Le visiteur devient acteur en participant à des ateliers ©Nine Micheli

Dans cette dernière, l’aspect artistique des bouteilles de parfum est mis en lumière. Présentées devant des œuvres, les flacons sont mis sous cloche. Des guides sont toujours présents pour expliquer les inspirations des parfums. « Je pense que c’est très important de faire participer le visiteur, il devient acteur de l’exposition et en ressort plus marqué. » Chanel aborde alors l’histoire de ses parfums dans un cadre éducatif qui inclut le visiteur dans chaque étape de la création du parfum, jusqu’au baudruchage du flacon. 

Nine Micheli

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