Sameh Shoukry, président de la COP 27, annonce le nouvel accord
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Éditorial : L’obscurantisme écologique

2022 est l’année la plus chaude jamais enregistrée en France. Chaque hiver, comme un rendez-vous entre Thanksgiving et Noël, nous avons pris l’habitude d’entendre les nouveaux records climatiques. Les températures annuelles pourraient déjà être supérieures de plus de 1°C par rapport à 2017, une nouvelle inquiétante au vu de l’inaction mondiale. Comme la grenouille dans sa casserole d’eau bouillante, l’humanité s’adapte pour conserver son confort jusqu’à l’ébullition.

Les chiffres s’affolent et l’ère de la prise de conscience n’est plus, celle de la réactivité est venue. 2023 doit signer la fin de la procrastination politique à l’égard des actions écologistes. Le changement c’est maintenant, comme le disait un homme dont l’inefficacité écologique est le symbole de la passivité actuelle. Des épisodes similaires ont déjà existé dans le passé, mais aucune de ces périodes n’a connu tous ces records en même temps.

La COP 27, qui s’est terminée le 20 novembre dernier, a une nouvelle fois déçu.  Les dirigeants n’ont pas eu l’ambition de s’accorder – ensemble – sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Ce type de sommet s’apparente désormais davantage à un running gag qu’à une entreprise sérieuse et concertée pour stopper un processus de plus en plus irréversible.

Généralement oubliée dans le débat, la notion d’énergie pilotable et non-pilotable est primordiale pour la question de l’électricité. Devenu l’élément central de la transition énergétique, sa production doit conserver un équilibre. Dans cette recherche de régularité, le stockage ne représente pas une solution viable et sa construction à partir de matériaux rares est une aberration environnementale. Plongé dans un cynisme écologique, les pays riches perpétuent leur domination vis-à-vis des autres. Les Mapuches avec l’extraction de lithium au Chili ou la République démocratique du Congo avec le cobalt et le cuivre, en font les frais.

« Il n’existe pas de crise énergétique, de famine ou de crise environnementale. Il existe seulement une crise de l’ignorance », expose Richard Buckminster Fuller, architecte et scientifique du siècle passé. Un résumé d’une société déconnectée de son propre monde. Nous sommes convaincus d’avoir toutes les cartes en main, sans avoir la curiosité de remettre en cause notre pensée.

Entre les lobbyistes d’un monde fait de charbon ou des « ayatollahs » de l’éolien, un juste milieu est possible. L’enfermement dans ces opinions nous mène directement vers un dialogue de sourds. Parce que seul, nous sommes un maillon éphémère dans cette quête de préservation. Que ce soit personnellement ou collectivement, nous avons la responsabilité de bousculer le politique à construire notre avenir, sous peine d’affronter à l’avenir de très hautes tensions.

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