La France prévoit une augmentation importante de son budget des Armées, dans un contexte de guerre en Europe. Défilé militaire du 14 juillet 2021 pour les élèves de l'Ecole Polytechnique - flickr

Ce lundi 24 octobre, le projet de loi de finances a été voté au Conseil des ministres. Le budget des Armées et de la Défense a notamment été évoqué. Ce dernier s’élèvera à hauteur de 43,9 milliards d’euros, et est en augmentation constante depuis 2019.

C’était l’une des promesses du Président. Alors que l’entente entre Emmanuel Macron et l’Armée semblait tendue en 2017, avec le départ du Chef d’État-Major de l’armée, le Général Pierre de Villiers, tout semble, aujourd’hui, s’améliorer. Entre 2017 et 2023, le budget alloué aux forces de la Défense est passé de 32,3 à 43,9 milliards d’euros. Une somme historique, qui connait une hausse de trois milliards d’euros par rapport à l’année 2022. Troisième investissement le plus conséquent de ce projet de loi de finances, ce budget vient s’inscrire dans un contexte d’une “économie de guerre”, soulignait le Président de la République le 13 juin, lors d’une visite au salon de défense Eurosatory.

De son côté, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a tenu à rappeler que “la France n’a pas attendu l’Ukraine pour augmenter les crédits ». Cela nous singularise de nombreux pays de l’Alliance Atlantique”, ajoute-il. Une France en avance sur ses voisins européens, et qui ne compte pas en rester là.

Des objectifs en forte hausse

Avec la guerre en Ukraine, les objectifs budgétaires des forces armées vont être revues à la hausse. En 2025, le Gouvernement souhaite que le budget alloué à la Défense atteigne les 50 milliards d’euros. Pour l’heure, le projet de loi de finances (PLF) prévoit la maintenance des équipements, à hauteur de cinq milliards d’euros. Un effort sur les stocks de munitions est aussi demandé, avec un renouvellement de ces dernières. Une enveloppe, à hauteur d’1,1 milliard d’euro est prévue pour aider à la mise en place de ces objectifs.

Ces hausses du budget doivent afficher l’ambition d’Emmanuel Macron, qui souhaite adapter l’appareil militaire à cette “économie de guerre”. Le Président de la République expliquait, lors du dernier défilé du 14 juillet, que ces nouvelles guerres obligent de “réévaluer nos ambitions ». Mais pour rester sur cette pente ascendante, la France souhaite vendre une partie de son matériel militaire.

Rien que cet été, Paris a envoyé un quart de son équipement, et certains corps d’armées se sont vus être fortement affaiblis. “Une logique de faible stock était prévue (…), mais on s’aperçoit que cette stratégie est plus difficile avec des munitions”, expliquait le chef d’état-major des Armées, Thierry Burkhard, également présent lors de la cérémonie du 14 juillet. L’amiral Pierre Vandier, le Chef d’Etat-Major de la Marine, pointait du doigt que “depuis 1945, la Marine n’a jamais été aussi petite”. Pour pallier ce manque d’effectif et de matériel, un plan de recrutement sera mis en place. Il concernera près de 30 000 personnes, dont 5 600 civils. Le Président de la République a, quant à lui, demandé aux entreprises de “produire plus vite et plus fort des capacités d’armement”. 

Une nouvelle loi de programme militaire est actuellement en préparation. Il prendra place entre 2024 et 2030.

Bucaille Artur

+ posts

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici