De l’hémicycle… à la rue

Sans majorité à l’Assemblée, le Gouvernement est à la peine. La semaine écoulée vient de donner le spectacle d’un paysage politique fracturé. L’alliance des partis de gauche est minoritaire, et la majorité n’est pas majoritaire. À droite, les Républicains, pris entre l’enclume du libéralisme et le marteau des questions sociales sont incapables de se positionner face à un groupe RN conséquent qui occupe le créneau de la droite d’opposition. Le projet de loi de finances, la mère des batailles parlementaires, devient dès lors un rendez-vous politique majeur.

Pour rester dans l’opposition, il faut voter contre le budget : de part et d’autre de l’hémicycle, personne ne changera d’avis. Après 55 petites heures de débats, Elisabeth Borne sort la carte 49.3. Plusieurs amendements sont votés par les oppositions coalisées contre l’avis du Gouvernement. Les députés RN, LR et NUPES dénoncent un procédé anti-démocratique. Les motions de censure apparaissent, sans danger pour le Gouvernement d’Elisabeth Borne, le groupe LR n’ayant évidemment pas envie de reprendre le chemin des urnes. 

Un coup de maître est alors joué par le RN qui décide de voter la motion du NUPES et permet à Marine Le Pen de reprendre l’initiative. Il manquera 50 votes pour censurer le Gouvernement Borne. 

Le Président peut bien venir plastronner au JT, la politique ne se fait pas que dans l’hémicycle. Elle descend parfois dans la rue et l’hiver vient. Emmanuel Macron a largement démontré au cours du précédent quinquennat son inaptitude à saisir les humeurs de la nation qu’il préside. Son entourage lui reproche amèrement de manquer de “capteurs”. Il devra y remédier sous peine de, devenu roi fainéant, devoir nommer un maire du palais. 

Kim Bastard

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