Vote du Parl

Pas de surprise à l’Assemblée ce lundi 24 octobre, aucune des motions de censure n’a été validée par la majorité absolue. Une décision prévisible tant les idées et les convictions défendues par les deux parties sont aux antipodes. 

Ce dispositif est l’arme principale des parlementaires pour afficher leurs désaccords avec l’exécutif. Pour appliquer la motion de censure, la majorité absolue des députés de l’Assemblée nationale (289 députés sur 567) doit voter en sa faveur. Ce vote force le gouvernement en place à démissionner dans la foulée. Le cas échéant, Emmanuel Macron avait annoncé que l’Assemblée nationale serait dissoute. Les deux motions permettent surtout au RN et à la Nupes de symboliser leur ferme opposition au gouvernement.

Il y a les mots, il y a les gestes. Cela symbolise bien la situation actuelle pour les différents députés. Même si certains avaient émis l’hypothèse de s’allier en circonstance, à l’instar de Samuel Bompard « je pense qu’il faut voter l’ensemble des motions de censure déposés » ou la vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée Clémence Guetté, « Il serait peu compréhensible qu’on ne s’oppose pas par tous les moyens à cette politique menée par Madame Borne. » Les deux partis concernés ne souhaitent pas censurer le gouvernement pour les mêmes raisons. L’un des points les plus important est que la Nupes demande plus d’argent pour l’immigration et moins pour la police, l’inverse du RN. Le RN met l’accent sur la justice fiscale, la santé des comptes publics et la baisse des impôts. À contrario, la Nupes a des revendications salariales. Elle met l’accent sur les collectivités territoriales, les services de proximité et le partage des richesses. La grande différence entre les deux mouvements politique se place au niveau de la question du climat. En effet, dans la motion de censure de la Nupes, la question de l’urgence climatique détient une place importante. La nouvelle union de gauche a souligné que « le budget du gouvernement était marqué par l’irresponsabilité climatique ». C’est pour cette raison que la réduction des gaz à effet de serre est présentée comme un point essentiel. Du côté du parti de Marine Le Pen, pas de mention du mot « climat » ni « environnement » dans leur motion de censure. 

Accord ou intelligence politique ?

Malgré ces points de divergence, ces deux partis partagent un même constat : le mépris du gouvernement à l’égard du travail parlementaire. Les mots changent, mais les idées restent les mêmes. « Le gouvernement efface d’un trait de plume une cinquantaine d’amendements, pourtant votés », s’indignent les élus d’extrême droite dans leur texte. À gauche, on regrette que le gouvernement « balaie d’un revers de la main les débats parlementaires qui ont permis l’adoption, contre son avis, d’amendements importants. ». Pourtant, aucune entente n’a pu être trouvée dans le vote de ces motions. L’idée de réunir une majorité pour renverser le gouvernement parait impossible, d’abord parce que la Nupes ne semble pas très confiante face au possible retour aux urnes. Tout l’inverse du Rassemblement National qui, au vu des récentes affaires, a tout intérêt à se présenter de nouveau aux électeurs pour augmenter son nombre de députés. De leurs côtés, les Républicains se dirigent de plus en plus vers une alliance avec la majorité présidentielle. Un revirement qui symbolise la peur des urnes au sein du parti. En cas de nouveau vote, le nombre de députés LR serait amoindri. Il est certain que ces motions en appelleront d’autres, la dissolution de l’Assemblée nationale semblerait alors inévitable.

Une alliance de circonstance

C’est sans surprise que ce lundi 24 octobre les deux motions de censure ont été rejetées par les députés. Ce qui est plus surprenant de prime abord est la position du rassemblement National. Il est environ 16 heures 45 quand Marine Le Pen prend la parole devant l’hémicycle. Elle exprime sa décision de voter la motion déposée par la Nupes. Coup de théâtre quand jusqu’à présent aucun accord politique ne semblait être trouvé pour s’allier contre le gouvernement. Nous pourrions penser à une stratégie pour retourner aux urnes, profitable au RN. Cette action sera aussi importante au niveau de l’opinion. Dans la dynamique de présenter un parti toujours moins radical, cette position montre sa faculté à faire des sacrifices pour préserver la démocratie. C’est d’ailleurs par ces mots que Marine Le Pen a démarré son allocution : « Parce que l’intérêt national guide ses paroles et ses actes le groupe RN, composé de 89 élus, apportera donc ses voix à la motion de l’autre côté de l’hémicycle ». Un coup stratégique qui pourrait avoir des conséquences favorables sur l’opinion publique.

Violaine Verniol et Ethan Daudel

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