Soirée de remise des prix de la 28ème édition du Prix de Bayeux-Calvados-Normandie des correspondants de guerre Crédit photo : Vincent Michel

L’arrivée de l’automne rime avec festival de photo-journalisme dans la petite ville normande de Bayeux. À cette occasion, des centaines de personnes viennent pour assister à l’événement.

Au cours de cette semaine de festivités, ont lieu des remises de prix, des ateliers pour collégiens et les lycéens, la sensibilisation au métier de correspondants de guerre, des expositions photos ainsi que des conférences et des tables rondes. Durant une semaine, et grâce au partenariat avec le Département du Calvados et la Région Normandie, les journalistes reporters de guerre du monde entier prennent d’assaut la ville. Cette 29e édition du prix Bayeux-Calvados-Normandie est présidée par Thomas Dworzak, un photoreporter allemand. Il a documenté de nombreux conflits armés à travers le monde. Face à l’actualité actuelle, le conflit ukraino-russe est au centre du festival de cette année. Et pour cause de nombreux reporters ayant couvert le conflit sont présents. 

L’importance plus que cruciale des reporters de guerre 

Chaque année, le Prix Albert Londres récompense les grands reporters francophones. Avec le festival de Bayeux, c’est la correspondance de guerre qui est mise en avant. Depuis 1994, cet événement met en lumière le travail de ces journalistes qui exercent dans des conditions parfois périlleuses, mettant jusqu’à leur propre vie en danger pour informer. Le but est surtout « de rendre hommage et de célébrer ces hommes et ces femmes qui se battent pour nous informer. Malgré les risques et les dangers sur des zones de conflits”, explique la directrice de la communication du festival. La ville de Bayeux va être rythmée durant une semaine au gré de l’actualité afin de célébrer ces hommes et ces femmes de terrain. Le Prix de Bayeux récompense notamment les journalistes internationaux en presse écrite, en photographie, mais également en télévision et en radio. 

La jeunesse au cœur du festival

« Ce qui me faut chaud au cœur, c’est de voir le nombre de jeunes présents. La presse ne meurt pas au contraire ! », disait l’une des proches de Frédéric Leclerc-Imhoff, le journaliste de BFM TV tué en Ukraine, lors du dernier hommage au Mémorial des reporters de guerre de Bayeux. Chaque année, le festival accorde une place très importante aux jeunes générations. En effet, le but est de leur faire découvrir cet aspect du journalisme. Tout en les sensibilisant au métier et surtout aux risques encourus.

Depuis plusieurs années, l’antenne locale de Ouest-France met un point d’honneur à intégrer des lycéens à leurs rédactions le temps d’une semaine afin de couvrir le festival. Par ailleurs, la Région Normandie a ainsi mis en place des rencontres avec les correspondants de guerre dans les lycées. Afin qu’ils leur partagent leurs expériences de retour de mission. Durant toute cette semaine, les élèves s’exercent à l’interview, au micro-trottoir ou encore au reportage. 

Lycéenne lors de l’exposition « A Port-au-Prince, la vie au gré des gangs ». Crédit Photo : Orphnide JEAN SIMON

Le Prix de Bayeux, la consécration pour les reporters de guerre 

À l’occasion de cette 29e édition, la cérémonie du Prix de Bayeux se tiendra le samedi 8 octobre à 20h. L’année dernière, le prix photo avait été remporté par un photographe anonyme birman pour La révolution du printemps pour le journal américain The New York Times. Pour le photo-reporter Thomas Dworzak « être reporter de guerre, c’est accepter un encadrement de la liberté. » À 50 ans, ce photographe émérite de la prestigieuse agence Magnum a couvert de nombreux conflits armés. Pour sa première au festival de Bayeux, c’est la consécration : il préside le jury de ce fameux prix.

« Je n’étais encore jamais venu au festival de Bayeux pour des raisons d’agenda. (…) Lorsqu’on m’a appelé pour être président du jury de cette édition, j’étais très touché et ai directement dit oui. » Ce photographe n’est pas inconnu du festival puisque plusieurs de ces photos ont déjà été exposées lors d’éditions précédentes. Aujourd’hui, le festival de Bayeux a une résonance à l’international et célèbre haut et fort la liberté de la presse. C’est notamment ici qu’un Mémorial des Reporters de guerre a vu le jour. Afin de célébrer tous les confrères et consœurs qui sont morts dans l’exercice de leur profession.

Thomas Dworzak, photographe à l’agence Magnum Photos depuis 2004, préside le jury de la 29ème édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie

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