carte tapissée de l'Ukraine, (CC)

Plus de 500 000 enfants, femmes et hommes ont fuit l’Ukraine depuis le début de l’invasion militaire russe, le 24 février dernier. Trafic routier bouché, trafic aérien compromis, comment ont-ils fait pour quitter le pays ? Dans quelles conditions ont-ils fui ? Vers où se dirigent-ils ? Comment sont-ils accompagnés ? Tant de questions auxquels seuls ces ressortissants concernés peuvent nous répondre.

« Ma famille est partie 10 heures avant l’invasion. La situation était déjà tendue. » nous raconte Nell Reder, un jeune Ukrainien qui a toute sa famille et ses amis en Ukraine. Comme ses proches, de nombreux Ukrainiens ont fuis leur pays pour atteindre les frontières. Puisque la scène internationale a mis au cœur des priorités le conflit russo-ukrainien, nombreux sont les pays qui ouvrent leurs portes aux ressortissants de la guerre. Pologne, Hongrie, Moldavie, France ou encore Allemagne, ils ont dès lors aménager leur pays pour en faire un foyer. Plus de 200 000 à Varsovie, 71 000 à Budapest ou encore 47 000 à Chisinau, les pays de l’Europe adopte des alternatives face à l’arrivée imminentes des Ukrainiens. Si l’UE a décidé d’adopter une politique de « Protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées » certains pays ne participe pas à cette directive. Telles que le Danemark ou encore l’ex membre de l’Union européenne, le Royaume-Uni qui, maintient une politique migratoire très restrictive a contrario de ses ex alliés. Ainsi, la question migratoire se poursuit dans les nombreux pays européens face à cet exode des Ukrainiens, qui remet en cause les politiques des gouvernements. En France par exemple lundi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé vouloir donner l’asile à tous les Ukrainiens qui arriveront en Europe. De nombreuses sociétés telles que SNCF ou Airbnb ont procédé à des manœuvres de gratuité pour les ressortissants comme les transports ou le logement dans cette situation chaotique. Malheureusement, tous les Ukrainiens n’ont pas eu accès à cette gratuité. Entassées dans les trains, à pied, en covoiturage, les initiatives de « confort aux déplacés » n’ont pas été le cas dans plusieurs pays limitrophes de l’Ukraine. « La voiture reste le moyen de transport le plus sûr, mais les routes restent superbookés, tandis qu’il y a quelques trains vers l’Europe et l’aviation reste impossible. C’est quand on peut qu’on prend le train. S’il est devant nous, faut foncer » nous raconte Nell. Il ajoute : « On s’enfuit vers Espagne, le Portugal ou encore la République Tchèque. Mais le premier choix de destination, sans hésiter reste la Pologne ». C’est le pays le plus touché par cet exode de ressortissants. Avec une politique anti-migratoire, la Pologne est tout de même submergée par le nombre d’Ukrainiens à ses frontières. Aujourd’hui, l’État contredit sa politique anti-migratoire qui a été une véritable polémique dans les nombreux sommets de l’Union européenne pour accueillir les Ukrainiens. Mais qu’en est-il des conditions d’accueil ? « Au moment de l’accueil, la Pologne reste l’un des seuls pays qui nous offre des soins, on peut être accueilli grâce à des sites gouvernementaux qui, mettent en relation des personnes qui offrent un toit pour un moment ou un transport pour aller vers les grandes villes ». Mais les conditions restent médiocres, car le nombre de déplacés ne cessent de s’accroître, pouvant atteindre 4 millions de réfugiés selon l’ONU, les soins et les denrées alimentaires commencent à ne plus suffire. Et ses déplacés, veulent-ils réellement fuir l’Ukraine pour de bon ou pensent-ils qu’un jour, ils réussiront à retrouver leur patrie, leur famille et leur vie qu’ils ont laissé là-bas ? Pour Nell, « il existe un vrai sentiment nationaliste chez les Ukrainiens, beaucoup plus fort que ce que l’on connaît dans l’Occident » ainsi, c’est inévitable selon lui que « s’ils fuient, c’est temporaire. Ils essayent de survivre, mais tous ont l’idée et la conviction qu’ils retrouveront leur Ukraine ».

Une Union européenne tiraillée… 

Face à la situation migratoire, l’Union européenne est tiraillé dans ce conflit russo-ukrainien. D’une part, l’UE possède la fervente motivation d’aider le peuple ukrainien en ouvrant ses portes à ces ressortissants de la guerre. De plus, l’offensive militaire russe a bouleversé la paix qui régnait en Europe, et donc les gouverneurs des états de l’Occident souhaite rétablir cette dernière. Ils savent que si cette guerre asymétrique venait à devenir totale, avec la possession des armes nucléaires de la part d’un grand nombre de ces puissances, celle-ci serait irréversible. De l’autre, la question de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est l’une des polémiques qui fait que la Russie reste catégorique face à son offensive militaire à Kiev. L’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne pourrait lancer un tout nouveau conflit également, même en vue de cette guerre. Ce lundi 28 février, Kiev a demandé l’entrée immédiate du pays dans l’instance. La libre circulation de l’instance de l’Union européenne par rapport aux ressortissants ukrainiens est donc remise en jeu dans cette polémique militaire. Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration à affirmer à des confrères que : « la question n’est pas celle du premier accueil, mais de l’accueil de longue durée ». Ainsi, aujourd’hui, se met également en jeu l’initiative de donner la nationalité des pays d’accueil ou non aux ressortissants ukrainiens. Pour les Ukrainiens, aujourd’hui « il y a un engagement et un soutien populaire dans le monde très important qui nous touche ». Face à l’OTAN, ils saluent « les mesures importantes prise ces derniers jours » mais estime que ces dernières reste « insuffisantes ». Nell nous confie sa pensée selon laquelle « peu importe ce qu’il (l’OTAN) pense, il est déjà impliqué. Dans la mesure où c’est aussi l’Europe qui a armé l’Ukraine Donc pourquoi ne pas envoyer les soldats de l’OTAN à Kiev »

Mais l’entrée de l’Ukraine dans l’UE ou même dans l’OTAN serait si conflictuelle, alors que des pays tels que la Turquie qui se battent tous les jours pour y avoir une place ? Faudrait-il qu’il y ait une guerre pour être légitime de rentrer dans l’UE ? Et en réalité, qu’en est-il de ceux qui ont décidés de ne pas partir ? « Par manque d’argent souvent. » souligne Nell. Et ceux qui ont choisi de rester et de ne pas payer leur vie au prix de leur vie comme son meilleur qui a décidé de s’engager dans l’armée ukrainienne. Ou bien de ceux qui ne peuvent pas partir, comme ces milliers d’étudiants africains bloqués aux frontières. Qui eux, semblent ne pas pouvoir ni payer leur vie, ni la sauver.

Khoumbaré SEMEGA & Violaine VERNIOL

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