Le conflit russo-ukrainien est présent depuis de nombreuses années. Celui-ci s’est amplifié en décembre 1991, avec le premier président d’Ukraine, Léonid Kravtchouk qui dans la foulée approuve un référendum afin d’accorder l’indépendance du pays.

L’Ukraine, une évolution pacifiste

L’ancienne république soviétique devenue totalement indépendante le 24 aout 1991 après la chute de l’URSS, devient alors le nouveau « rideau de fer » entre l’Europe et la Russie. À l’issue de cette dislocation, l’Ukraine possédait la troisième plus grosse réserve nucléaire au monde puisque sous l’URSS, c’est en Ukraine (proche de l’ouest occidental) qu’ils avaient placés leurs lignes défensives. Les États-Unis entament alors conjointement avec la Russie une procédure de négociations afin de réduire le nombre de pays détenteurs de l’arme nucléaire qui préoccupe fortement les Etats-Unis. Le Protocole de Lisbonne (correspondant au traité de diminution des armes stratégiques de 1991) est l’accord signé entre les différents représentants de la Russie (la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan).

Le protocole vise essentiellement à ce que toutes les armes nucléaires de l’ancienne Union soviétique (URSS) sur le sol d’un de ces quatre États, y soient détruites ou transférées sous le contrôle de la Russie. Le protocole est alors signé en 1992 entre les quatre Etats qui ont chacun décidé d’adhérer au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. La Russie devient alors le successeur de l’Union soviétique en tant qu’État nucléaire et les trois autres membres, adhérant en tant qu’États non nucléaires. Entre 1994 et 1996 l’Ukraine transfert alors ses 1 900 armes nucléaires stratégiques à la Russie.

Le pays connait alors une scission. Une majorité pro-occidentale à l’ouest, et des séparatistes pro-russes à l’est dans le Donbass, principalement dans les oblasts du (Donetsk et Lougansk) qui refusent de couper le lien avec Moscou. En effet, ces deux régions à consonance « pro-russes » ont fait sécession de l’Ukraine en s’autoproclamant en 2014 après l’annexion de la Crimée par la Russie. Les séparatistes de ces régions souhaitent plus que tout se rapprocher de la Russie et du Kremlin et non pas de l’Union européenne et l’Otan. C’est d’ailleurs pour cela que les Etats-Unis, l’OTAN ou encore l’Union européenne ne reconnaissent pas ces deux « régions ». Les quelques 3,5 millions d’habitants de ces régions sont pour la plupart russophones mais toujours considérés comme des citoyens ukrainiens par le pays en lui-même et les pays frontaliers.

Un pouvoir aux pieds d’argile

L’élection du président Viktor Iouchtchenko (2005-2010) pro-occidental, marque un début de conciliation entre Kiev, l’Union européenne et l’OTAN (alliance militaire créée en 1949 afin de contrer la « menace soviétique »). Cependant, ne parvenant pas à accomplir ses objectifs et à résoudre les différents problèmes économiques et sociaux du pays, il est éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2010. Viktor Ianoukovitch, nouveau chef de l’Etat ukrainien (2010-2014) quant à lui pro-russe va rapidement signer les accords de Kharkov après son élection contre Ioulia Volodymyrivna Tymochenko (accords signés, entre l’Ukraine et la Russie, prolongeant de 25 ans, le maniement de la base navale de Sébastopol contre d’importantes remises sur le gaz russe).

Il est signé par Viktor Ianoukovytch et Dimitri Medvedev (alors président de la Russie étant donné que Vladimir Poutine, ne pouvait pas effectuer plus de deux mandats consécutifs). Viktor Ianoukovitch décide alors de suspendre l’accord d’association avec l’Union européenne fin 2013 provoquant ainsi son renversement par le mouvement Euromaïdan (manifestants pro-européens en Ukraine) et son exil en Russie.

Le président Petro Porochenko (2014-2019) est avant tout un chef d’entreprise ayant fait fortune dans l’industrie du chocolat. Dans les années 1990, il s’engage dans la politique en soutenant a ses débuts le Parti social-démocrate d’Ukraine dont faisait partie le président Leonid Koutchma. Il deviendra par la suite proche de Viktor Iouchtchenko le président (pro-occidental) en obtenant une place de ministre des Affaires étrangères sous son mandat de 2009 à 2010. Il changera de camp par la suite en devenant ministre du Commerce et du Développement économique sous la présidence du (pro-russe) Viktor Ianoukovytch en 2012.

Cependant, en 2014, avec quelques convictions à géométrie variable, il bifurque à nouveau en encourageant la révolution de Maïdan. Il gagnera ainsi par la suite l’élection présidentielle mais sa politique d’austérité et les accusations de corruption durant sa présidence lui feront chuter sa côte de popularité. Ainsi, lors de l’élection présidentielle de 2019, il sera battu par Volodymyr Zelensky (actuel président de l’Ukraine).

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