La Russie à lancé le 24 février une opération militaire sur le sol ukrainien. Quatre jours après le début de cette invasion, Kiev est encerclée par les troupes russes. Une situation dramatique, qui montre les réelles intentions de Vladimir Poutine.

Avec un discours qui met la Russie en position de victime face à l’Occident, Vladimir Poutine et les siens se veulent être l’espoir de l’Ukraine. “Il était nécessaire d’arrêter ce cauchemar, ce génocide perpétré contre des millions d’Ukrainiens, qui ne peuvent compter que sur la Russie”, déclarait-il le 23 février, à l’aube du début de la guerre. Un discours contrasté, au vu des méthodes autoritaristes déployées sur le sol Ukrainien. Bombardements, combats armés et bruits de sirènes rythment le quotidien de millions d’ukrainiens. Mais Moscou continue de rejeter la faute sur l’OTAN, en qualifiant les pays membres de “néonazis”, qui ne laissent pas “leur libre choix qui est celui de la réunification avec la Russie aux habitants de Crimée et de Sébastopol”. L’OTAN, en réaction, a décidé de soutenir la cause ukrainienne, sans pour autant intervenir sur le plan terrestre.

Près de 350 millions de dollars d’aide militaire américaine, du matériel anti-aérien allemand, et une aide logistique française : c’est ce que l’OTAN apporte en soutien à l’Ukraine. Le rôle de cette organisation est, à l’origine, d’assurer le maintien de la paix en Europe, face à la crainte des pays de l’Est. Cependant, ce projet de paix semble être la principale cause de cette guerre.

Historiquement, la Russie semble avoir toujours perçu le monde en 2 catégories : étrangers proches et étrangers éloignés. La Russie se désintéresse des étranger éloignés, comme les pays de l’Ouest, alors qu’elle à une forte implication pour les étrangers proches, autrement dit, ses pays frontaliers. L’Ukraine partage, avec la Russie, une culture, une langue et des frontières, ainsi qu’une histoire étroitement liée, l’Ukraine n’ayant atteint son indépendance qu’en 1991. Tous ces éléments font de ce pays un étranger proche, si ce n’est le plus proche d’entre eux. Et depuis 2014, et la guerre en Crimée, Vladimir Poutine n’a eu de cesse de prévenir les pays membres de l’OTAN : « si l’Ukraine venait à rentrer dans cette organisation, les conséquences seraient désastreuses ».

C’est avec la chute de l’URSS que certains pays du bloc soviétique se sont éloignés de la Russie, en se rapprochant des pays occidentaux. Avec l’OTAN, les Etats-Unis avaient promis à la Russie de ne pas s’étendre à l’Est, mais ce pacte n’a pas été tenu. L’intégration de pays comme la Bulgarie, a vu les Etats-Unis se rapprocher de la Russie, et a contrarié les plans d’extension de Vladimir Poutine. La probable entrée de l’Ukraine dans l’OTAN a été vécue comme un affront à Moscou et est donc à l’origine de l’offensive Russe. Si l’Ukraine retourne sous le joug de la Russie, elle deviendra une menace directe pour l’OTAN, car il n’y aura plus d’Etat tampon entre l’Union Européenne et la Russie. Une aubaine pour Vladimir Poutine, lui qui est nostalgique de l’ancienne URSS.

Comment Poutine compte ressusciter l’URSS

Par l’envahissement de l’Ukraine, Vladimir Poutine souhaite mettre en place son plan d’expansion de la Russie. Frontalier à des pays anciennement membre de l’URSS, comme la Moldavie ou encore la Roumanie, l’Ukraine a tout de l’axe parfait pour les futurs opérations russes. Être proche de ces pays permet à Moscou de placer ses forces militaires à deux pas de l’Union Européenne.

Poutine peut aussi compter sur un fort sentiment de regret de la chute de l’URSS. Par exemple, en 2020, 51% des ex-pays du bloc soviétique regrettaient sa chute. 34% des Ukrainiens se disaient déçus de sa dissolution. S’emparer du territoire ukrainien, c’est aussi posséder le grenier à blé de l’Europe. L’Ukraine est un des trois plus gros exportateurs de blé au monde et est le pays qui fournit le plus de blé en Europe. Maîtriser son exportation revient à exercer une pression sur les pays européens. Un contrôle du vieux continent renforcé, puisque la Russie, premier exportateur de gaz en Europe, sait qu’elle peut déjà faire pression sur bon nombre de pays occidentaux. L’Allemagne, dont l’approvisionnement en gaz dépend majoritairement de la Russie, se sait menacée par cette pression.

Poutine sait aussi l’image qu’il possède en dehors de ses frontières. Vu comme un dictateur à l’Ouest, il est, à l’Est, perçu comme le nouveau Staline. Et cette image plaît à certains pays, nostalgiques de la grande URSS. Une image de “Petit Père des peuples”, qui pourrait, à terme, devenir une réalité.

Maxime Troude et Bucaille Artur J1

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-quels-pays-ont-decide-d-envoyer-une-aide-militaire-a-kiev-face-a-l-armee-russe_4982940.html

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/guerre-en-ukraine-quatre-questions-sur-lotan-la-bete-noire-de-poutine-1389814

https://lb-aps-frontend.statista.com/statistics/1128076/ukraine-opinion-on-dissolution-of-the-ussr-by-age/

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