Depuis moins d’une dizaine d’années, les capacités militaires de l’Ukraine ont évolué. En effet, après l’annexion de la Crimée en 2014, une prise de conscience a fait surface. Ainsi la capacité militaire de l’Ukraine s’est multipliée par trente-trois, atteignant aujourd’hui les 200 000 soldats.

En 2014, environ 6 000 soldats étaient prêts au combat. Après une attaque russe de grande ampleur face aux soldats ukrainiens démunis, le gouvernement a considérablement renforcé ses capacités, son personnel et ses méthodes de préparation. « Les événements de 2014-2015 ont été un rappel brutal à la réalité pour Kiev, qui s’est alors lancé dans une vaste réforme militaire », souligne Nicolo Fasola, spécialiste des questions de sécurité dans l’espace de l’ex-Union soviétique à l’université de Birmingham.


Huit ans après, les forces russes attaquent à nouveau. Le 24 février 2022, la Russie envahit à nouveau l’Ukraine. Depuis le début des années 2 000, Moscou tente de s’imposer et de montrer sa puissance à son pays voisin. Après avoir annexé la Crimée en 2014, le président Russe semble vouloir continuer d’atteindre ses objectifs. Depuis plusieurs mois, la Russie menace l’Ukraine en envoyant des forces militaires aux frontières. Face à cet évènement, les 27 pays de l’union européenne apportent une aide économique de 450 millions d’euros pour l’envoi d’une assistance militaire et matérielle à l’Ukraine. “L’armée ukrainienne était dans un état assez désastreux”, rappelle Julia Friedrich, spécialiste des questions de sécurité entre la Russie et l’Ukraine au Global Public Policy Institute.


L’Ukraine fait alors de nombreux efforts. Désormais, l’armée possède des tanks, de l’infanterie motorisée, de l’artillerie, des missiles et des unités de défense anti-aérienne. Kiev a aussi fourni des efforts dans le domaine économique. La part du budget national attribuée à la sécurité est passée de 1,5 % du PIB en 2014 à plus de 4,1 % en 2020, selon les données officielles de la Banque mondiale.
En ce qui concerne l’industrie de la défense et des stocks d’armes, une grande partie a été utilisé pour la défense de l’Ukraine en 2014, ou détruite. En effet, plus de 20 entreprises de l’industrie de la défense, y compris des usines de munitions, étaient basées dans des parties occupées de l’Ukraine. Le matériel est donc inutilisable ou nécessite de grandes réparations. Mais Kiev a cependant amélioré ses capacités de défenses.

Des progrès en termes de formation et de préparation au combat ont été aussi réalisés. Dès leurs 18 ans, chaque jeune homme est appelé à faire son service militaire :12 mois pour l’armée de terre et l’armée de l’air, 18 mois pour la marine. Un système de conscription militaire est actuellement installé, c’est-à-dire que les hommes âgés de 18 à 60 ans ont l’interdiction de quitter le territoire.
Actuellement, les forces Ukrainiennes disposent de : 200 000 soldats, 1 184 véhicules blindés, 858 tanks, 1 800 pièces d’artillerie, des armes lourdes permettant de viser l’ennemi à longue distance, 200 avions militaires et 46 hélicoptères.

De plus, les aides apportées par les 27 pays de l’Union Européenne sont importantes :
« Depuis 2014, l’Otan, en tant qu’organisation, et certains pays membres “ont fourni une aide considérable, qui équivaut environ à 14 milliards de dollars », estime Nicolo Fasola.


En France, avec la livraison d’équipements militaires à l’Ukraine, notamment aériens. En revanche, aucun soldat ne sera envoyé sur le sol ukrainien. En Grèce, avec 2 avions de transport militaire C-130 et 100 tonnes de matériel humanitaire. Aux États-Unis, avec une aide financière de 350 millions de dollars. En Espagne, avec 20 tonnes de matériel médical et d’équipements défensifs. Au Portugal, avec l’approvisionnement de gilets, de casques, de lunettes de vision nocturne, de grenades, de munitions de différents calibres et de fusils automatiques G3. En Roumanie, avec l’approvisionnement de combustible, de gilets pare-balles, de casques et de munitions : tout cela pour un cout de 3 millions d’euros. De plus, 11 hôpitaux sont prêts à accueillir les blessés ukrainiens. En Allemagne, avec l’approvisionnement de 1 000 lance-roquettes antichar, de 500 missiles sol-air Stinger, de 9 obusiers, de 14 véhicules blindés et de 10 000 tonnes de carburant. En Belgique, avec 2000 mitrailleuses et 3800 tonnes de carburant. Aux Pays-Bas, avec l’approvisionnement de fusils de précision, de casques, de 200 missiles antiaériens Stinger et de 20 millions d’euros d’aide humanitaire. En République tchèque, avec l’approvisionnement de 4 000 obus d’artillerie, de 30 000 pistolets, de 7 000 fusils d’assaut, de 3 000 fusils mitrailleurs, d’1 million de cartouches. Tout cela pour 7,6 millions d’euros. En Italie, avec une aide financière de 110 millions d’euro au gouvernement ukrainien.


Cependant, méfiance, car même si du côté russe 800 000 soldats sont prêts au combat, les Ukrainiens prêts à mourir pour défendre leur territoire, pourraient envisager une stratégie militaire : une guerre de guérilla (guerre de harcèlement, d’embuscades et de sabotages).
Si les moyens militaires en nombre ne sont pas suffisants du côté ukrainien, des tactiques de stratégie militaire peuvent faire évoluer le conflit au désavantage des russes. Des petites armes de guerre ukrainiennes peuvent prévaloir sur les centaines de véhicules militaires russes. Cet approvisionnement d’armes de guerre étant principalement conditionné par l’apport des autres pays, l’Ukraine doit pouvoir compter sur ses voisins. « La stratégie est l’art de faire la guerre intelligemment ». André Beaufre

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