Mercredi 1er février, sénateurs et députés débattaient d’un amendement à la « loi sport » qui prévoyait d’interdire le port de « signes religieux ostensibles » dans le sport. C’était aussi la Journée internationale du hijab. Une date doublement symbolique pour Les Hijabeuses, collectif qui s’est mobilisé contre l’interdiction de porter le voile en compétitions.

« Football pour toutes », était-il écrit partout sur les banderoles et pancartes, et scandé par toutes les bouches. Mercredi 1er février, alors que sénateurs et députés étaient réunis en Commission mixte paritaire (CMP) pour débattre de la « loi sport » — dont un amendement Républicain souhaitait interdire le port de « signes religieux ostensibles » dans les événements et compétitions sportives — plusieurs dizaines de femmes membres du collectif « Les Hijabeuses » se sont réunies contre une proposition de loi qui leur interdirait de pratiquer le football en portant le voile.

La mobilisation et la pétition signée par plusieurs dizaines de milliers de personnes ont semblé payer. Après moins d’une heure de débat en CMP, la proposition de loi a été invalidée, renvoyant le texte à un réexamen devant l’Assemblée nationale le 19 février. « C’est une très bonne chose car le texte aurait pu être validé ce soir-même », s’est félicité le collectif sur Instagram, tout en nuançant son propos : « Cela veut-il dire qu’on a gagné la bataille ? NON. Il y a malheureusement un match retour… »

Soutien à l’étranger, silence radio en France

Si la mobilisation a reçu un tel écho mercredi 1er février, c’est aussi parce que (est-ce un hasard ?) se déroulait la Journée internationale du hijab. Date symbolique puisque représentée dans pas moins de 140 pays dans le monde et propulsée par de nombreuses personnalités et marques. Le site internet de Nike proposait un large encart dédié à l’événement, et a soutenu l’initiative en distribuant brassières et hijabs de sport « à des filles du monde entier […] afin qu’elles puissent faire du sport avec succès et assurance ». La marque de sportswear, ainsi que d’autres de pareille notoriété telles que le géant Adidas, n’en sont pas à leur premier soutien au mouvement. Depuis plusieurs années, elles cumulent les collections de hijabs sportifs, les partenariats avec des sportives voilées et les affiches publicitaires en faveur de l’inclusion. 

Partout dans le monde… sauf en France. Alors que Les Hijabeuses multiplient les actions coup-de-poing et les mobilisations dans l’hexagone, aucune des grandes marques de sportswear ne semble vouloir leur apporter de soutien. Nike et Adidas sont muets, eux qui n’hésitent jamais à clamer leur « sport pour tous », et cela alors que l’islamophobie est grandissante en France tout particulièrement (une augmentation de 32 % des actes anti-musulmans entre 2019 et 2021 selon les chiffres du ministère de l’Intérieur). Un silence qui peut s’expliquer par les polémiques à foison qui surviennent lorsqu’une marque fait la promotion du voile en France ; on se rappellera Decathlon qui, après une « vague d’insultes et de menaces sans précédent », avait fait retirer la commercialisation de son « hijab de running » en 2019.

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