Véritable tradition, Pékin a dépassé le budget initialement prévu pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver. Des projets colossaux, plus d’un milliard de dollars de dépense pour seulement 4 sports, à quel point Pékin a dépassé les estimations ?

Dépasser le budget initialement prévu, c’est assez courant pour les pays organisateurs de compétitions sportives. Il est nécessaire de créer de nouvelles infrastructures répondant aux normes olympiques, c’est pourquoi les pays organisateurs doivent annoncer un budget lors de sa candidature. Ainsi, Pékin a dû établir un budget de 1,5 milliards de dollars afin de se voir attribuer l’organisation des prochains jeux.

Mais à force de redessiner des montagnes, de créer des logements et de parfaire les infrastructures déjà existantes, ces 1,5 milliards sont dépassés depuis 2018. Peu d’information récentes existent à ce sujet, mais nous avons des estimations de l’époque.

814 millions pour 4 sports

Après avoir entreprit des travaux pour redessiner la courbure de certaines montagnes, les organisateurs ont décidé de la création de nouvelles infrastructures couteuses : un centre de sports de glisse pour le bobsleigh et la luge (257 millions de dollars), deux autres de ski alpin (311 millions) et de ski nordique (246 millions). En d’autres termes, plus de 814 millions de dollars ont été débloqués pour financer seulement quatre sports. Cette somme représente plus de la moitié du budget fixé par les autorités.

Une autre grosse dépense de ces jeux sont les indemnités aux familles de la ville de Qipanliang. Plus de 300 familles ont perçu des aides financières afin de quitter leurs maisons de brique, pour permettre la construction d’autoroutes et de réseaux ferrés. Ying Gui, habitant de la ville, a déclaré « être satisfait des indemnités offertes par l’état » lors d’un entretien avec les journalistes de l’AFP. A l’époque, la note s’élevait à plus de 2 milliards de dollars et depuis, plus aucune communication n’est effectuée à ces sujets.

Enfin, la création de canalisations d’irrigation d’eau a fait gonfler la note. Dans une région où il ne neige pas, plusieurs centaines de canons à neige ont été déplacés. Il a alors fallu créer un véritable réseau souterrain de canalisation. Le but est de créer des tonnes et des tonnes de neige artificielle. La consommation d’eau sera elle aussi astronomique. A quatre ans avant le début de ces jeux, avant même la crise mondiale du Coronavirus, les dépenses de la Chine dépassaient les 5 milliards. Le silence quant aux récentes dépenses présage un dépassement colossal de la note. Le pays était pourtant conscient de ces dépenses, puisque 40 milliards de dollars avaient été dépensé en 2008 lors des jeux d’Eté.

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Un phénomène connu

Dépasser son budget est commun à chaque organisateur de chaque compétition majeure. En général, l’organisation des JO multiplie par deux le budget initial. Et ce ne sont jamais de bons investissements. L’exemple le plus parlant sont les Jeux Olympiques de 1976 à Montréal. Plus de 30 ans ont été nécessaires pour rembourser les dettes. Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université Lille-I a déclaré dans les colonnes du Nouvel Obs, que « les expériences passées nous prouvent bien que le budget alloué à un tel événement dépasse systématiquement ses objectifs ». En effet, les dernières éditions ont révélé que Londres 2012 a dépassé son budget de 6,1 milliards d’euros, Rio 2016 de 23,5 milliards d’euros et enfin Pékin 2008 de 29,4 milliards. Mais alors pourquoi les budgets sont-ils systématiquement dépassés ?

La faute revient aux autorités qui décernent les droits d’organisation. De plus, les Chinois devaient bien savoir que les financements seraient élevés. Un bon bilan de faisabilité de projet serait nécessaire. Établir clairement un budget élevé et précis en début d’organisation des jeux empêcherait de revivre le cas de Montréal.

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