En vue du début de la Coupe du Monde 2022 au Qatar le 21 novembre, de nombreuses voix, provenant du monde du sport ou non, s’élèvent pour dénoncer la manière dont s’est organisée et s’organisera ce mondial sur une terre en laquelle le football n’est pas forcément enraciné.

Les pays, institutions et joueurs ayant (re)mis en question l’organisation du mondial au Qatar ne manquent pas. Les raisons pour le faire non plus. Les pertes humaines liées aux conditions de travail, spécifiquement depuis dix ans, soit depuis le lancement de la construction des infrastructures qui accueilleront la Coupe du Monde à la fin de l’année, reflètent en grande partie le tourment dans lequel se trouve le Qatar, ainsi que la FIFA.

Une prise de conscience arrivée trop tard ?

Au fil des éléments trouvés allant à l’encontre du Qatar et des droits de l’Homme, les voix ont commencé à s’élever, premièrement du côté de la Norvège et de l’Allemagne qui, à l’occasion de leur premier match des éliminatoires pour la Coupe du monde, ont souligné l’importance du respect des droits de l’Homme par le port d’un maillot y faisant référence.

 Le milieu de terrain allemand du Bayern Munich Joshua Kimmich s’était exprimé après le match : « On aurait dû penser au boycott à l’époque (en 2010). Maintenant, nous devons saisir cette opportunité pour sensibiliser les gens. Mais la question ne concerne pas seulement les footballeurs… Nous devons tous travailler ensemble ». Une sortie de poids et assumée, d’autant plus que le club champion d’Allemagne a signé un contrat avec Qatar Airways.

Les Pays-Bas ont également suivi le mouvement. Matthijs de Ligt, membre de la sélection néerlandaise et joueur de la Juventus de Turin, a pris la parole : « Nous savons que les ouvriers qui construisent les stades du Mondial 2022 travaillent dans des conditions très difficiles. Nous ne pouvons pas y rester insensibles et ne rien faire. Dans les prochaines semaines, nous travaillerons aussi avec des acteurs et syndicats (de joueurs) d’autres pays pour envisager des actions communes ».

Le matériel au détriment de l’humain

Au total, sept stades ont été construits, et un rénové. Un rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a montré que « 50 travailleurs ont perdu la vie en 2020, un peu plus de 500 ont été gravement blessés, et 37 600 ont subi des blessures légères à modérées, dans le cadre de leur travail. Les chutes de hauteur et les accidents de la route sont les principales causes de blessures graves, suivies des chutes d’objets sur les chantiers. »

Le journal britannique The Guardian s’était aussi intéressé de près à cette affaire. Une enquête poussée concernant le nombre d’ouvriers étrangers morts au Qatar depuis 2010 démontre que plus de 6500 d’entre eux -originaires d’Inde, du Bangladesh, du Pakistan, du Népal et du Sri Lanka- sont décédés.

Si les recherches ont été approfondies du côté du Qatar, c’est en majeure partie grâce à une demande de « plus grande transparence et prise de responsabilité concernant les décès liés au travail au Qatar, en particulier ceux liés aux projets d’infrastructure de la Coupe du monde », d’après l’OIT.

Dans un communiqué, le directeur du programme de prévention des blessures du Hamad Trauma Center, Rafael Consunji, approuve le tableau « le plus complet et le plus précis des accidents du travail au Qatar à ce jour ».

Les différents rapports et enquêtes ont poussé le Qatar a faire preuve d’une plus grande transparence quant à ses conditions de travail, espérons que la prise de conscience sera effective  et complète dans dix ans, aussi bien pour les prochains pays candidats-hôtes que pour la FIFA.

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