L’Allemagne a annoncé la future légalisation du cannabis sur son territoire. La France, elle, en est encore loin. Pourtant, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe avec 5 millions de fumeurs réguliers.

La France, futur pays à légaliser le cannabis ? Pour la première fois depuis 1970, une majorité de Français (51 %) est « plutôt favorable » à la dépénalisation du cannabis, selon un sondage Ifop. Un chiffre important de potentiels votants, préférant sans doute, un candidat prêt à légaliser le cannabis, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon. « Ce qui est hypocrite, c’est de dire on l’interdit alors qu’on sait que tout le monde fume », explique le leader de la France insoumise sur sa chaine YouTube.

De son coté, Valérie Pécresse est farouchement opposée à une éventuelle légalisation. Déjà en 2016, la présidente de la région Ile-de-France souhaitait imposer des tests salivaires de dépistage de cannabis aux établissements scolaires. Lourdement critiqué, ce dispositif de son plan antidrogue n’a finalement jamais vu le jour.

En 2017, pendant sa campagne, Emmanuel Macron se disait « ouvert » à une révision de la loi. A cette même période, 43% des français étaient favorables à sa dépénalisation. Une fois élu, l’actuel président était finalement revenu sur ses pas, insistant sur les effets « désastreux » de la consommation de cannabis.

2 milliards d’euros de revenus pour l’État ?

Mais selon un rapport publié par le conseil d’analyse économique en 2019, légaliser le cannabis pourrait rapporter gros à l’État. Avec un prix de vente fixé à 9 euros par gramme, l’État pourrait récupérer entre 2 et 2,8 milliards d’euros, toutes taxes comprises, soit l’équivalent du budget du ministère de la Culture d’après ce même rapport. Ce qui, à l’année, représenterait grosso modo entre 400 et 580 euros par consommateur.

Et comme cette activité deviendrait légale, il n’y a pas que des taxes que l’État récupérerait, il y a aussi des charges sociales. Cette filière pourrait générer, une fois légalisée, jusqu’à 80 000 emplois légaux expliquent les auteurs du rapport.

Pour le moment, seuls l’Uruguay, le Canada et quelques États aux États-Unis ont légalisé le cannabis récréatif. Et pour l’économie de ces territoires, le bilan est plutôt satisfaisant. Dans le Colorado et à Washington, entre 200 et 300 millions de dollars de revenus ont été gagnés. Encore faut-il que ces États parviennent à gérer le marché. En Californie, les taxes sont souvent trop élevées pour les consommateurs, comme l’explique Kenny Morrison, le président de la California Cannabis Manufacturers Association au site américain Bloomberg :

 « Vous pouvez aller dans une ville au hasard et trouver quatre magasins légaux et 20 vendeurs illégaux. Et ces quatre magasins légaux facturent deux fois à trois fois le prix des vendeurs illégaux ».

Gérald Darmanin est clair, il assurait en septembre dernier : « La drogue, c’est de la merde, on ne va pas légaliser cette merde ». En France, le débat est impossible. La loi de 1971 interdit même d’évoquer le sujet. A chaque tentative d’un intellectuel ou d’un politique de réfléchir à la question, la droite et l’extrême droite hurlent de concert que la prochaine étape sera de « vendre du crack dans la cour des écoles maternelles. »

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