Des règlements de comptes, des bagarres en pleine rue et en plein jour. La guerre fait rage entre mouvements d’extrême droite et d’extrême gauche à Lyon.

Des fastfoods qui ferment à 15h à cause de l’insécurité, des habitants qui craignent de faire leurs courses. A Lyon, les commerçants et habitants ne se sentent plus à l’abri des affrontements. La capitale des gaules est depuis longtemps le théâtre d’attaques des mouvements de gauche, ou d’agression des fascistes de la ville et des alentours. Les jeunes sont de plus en plus impliqués dans ces conflits locaux.

Des actes violents

Le 29 septembre dernier, des membres du groupe d’extrême gauche la Jeune Garde Lyon tombent dans le piège tendu par des militants d’ultra droite. Un jeune de la JGL est blessé par un coup de cutter. Il y a deux semaines, sept prévenus appartenant à un mouvement antifascite étaient jugés pour des actes de violence lors d’une manifestation anti-pass sanitaire. Ils avaient agressé des militants de Civitas, un groupuscule de la droite radicale.

Les militants d’extrême droite s’en prennent aussi aux commerçants. Le 20 mars, la librairie de La Plume Noire était prise pour cible par des fascistes. Le commerce est qualifié d’anarchiste par l’extrême droite. L’incident est toujours dans les esprits. Jérôme est un militant de la Jeune Garde de Lyon, « C’est vraiment n’importe quoi d’attaquer une librairie en plein jour, surtout en arrivant à cinquante » dénonce l’homme de 21 ans. Pour lui, la violence ne devrait pas être une façon de mettre ses idées en avant. « Ça ne sert à rien de tabasser des opposants idéologiques, à part pour créer encore plus de conflits ». La Jeune Garde ainsi que des mouvements de gauche pacifiques ont alors entrepris des manifestations. « On manifeste pacifiquement pour montrer qu’on n’en peut plus de la violence de l’extrême droite », explique Jérôme.

Ces manifestations se terminent souvent par des affrontements. « Très souvent des bandes de jeunes s’affrontent à la fin des rassemblements », raconte Caroline, une Lyonnaise de 19 ans. « Quand ce ne sont pas des insultes racistes, ce sont des saluts nazis qui nous font comprendre que l’ultra-droite est là » poursuit-elle. Aucun membre des groupuscules d’extrême-droite n’a accepté de répondre à nos questions.

Un problème bien implanté

L’insécurité à Lyon n’est pas un phénomène récent. Alain Chevarin explique dans son livre Lyon et ses extrêmes-droites que les militants d’extrême droite sont nombreux et exercent leurs actes impunément « ceci tient à la prolifération et au nombre de groupuscules installés ». Le problème est tel que la police n’empêche pas les règlements de comptes. Lors de l’attaque de la Plume Noire, les agresseurs ont déambulé dans les rues durant plus de 30 minutes sans se faire arrêter.

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