Pendant les manifestations ou bien sur les fronts de guerre, la vidéo prise avec un téléphone devient une source d’informations. Elle est de plus en plus utilisée dans les documentaires.

« Elle est intéressante uniquement si elle se déroule dans des endroits où l’on ne peut pas filmer. » Benoit Christal, grand reporter pour TF1 et LCI travaille avec cette source journalistique. Il l’utilisera par exemple dans des endroits où il ne peut pas se rendre : « Quand il y a une rébellion dans une prison en Syrie et qu’un gardien filme, que mon fixeur le connait et que c’est une source sûre, alors c’est bon. » 

En revanche le travail de vérification est primordial : « Si on ne vérifie pas la source, tout le monde va se mettre à parler de tous les sujets sans les connaitre. Parfois ce ne sont pas des amateurs mais des officines qui font les vidéos. Sur des zones de conflit il y a énormément de propagande, il faut faire attention » 

Il pense malgré ça qu’un documentaire ne peut pas être uniquement composé de ce type de vidéo : « Il y a une plus-value pour les journalistes quand elles sont vérifiées, mais faire un documentaire uniquement avec des vidéos amateurs je ne suis pas d’accord, ce n’est pas sérieux. Si vous ne savez pas qui filme et si vous n’avez pas discuté avec ces gens, ça ne marche pas. » Il faudrait, selon lui, payer les personnes qui prennent ces vidéos pour que le travail soit de qualité.  



« Les journalistes vont travailler »


Pour Jean Pierre Canet, Grand reporter et réalisateur français, l’utilisation de ces sources permettra un recoupement des informations de meilleure qualité. Selon lui c’est une matière fantastique, mais aussi un travail de fourmi pour les journalistes : « C’est considérable, une richesse énorme parce qu’on peut reconstituer des scènes de guerre, ou de manifestations par exemple. On peut compléter notre travail avec un organisme comme Forensic qui va permettre de dégager un scénario factuel d’évènement. » 
Selon lui, faire un documentaire, avec toutes ces vidéos, a un intérêt si toutes les sources sont vérifiées : « pour documenter des manifestations en Irak ou bien ce qui s’est passé en Syrie, c’est monumental ».

Les images violentes sont sujet à débat. À partir du moment où il y a une information, il pense qu’il y a un intérêt. Benoit Christal quand à lui n’est pas favorable à l’utilisation de ce type d’images quand elles montrent des massacres ou des bombardements.

 « Pour les documentaires ce qui peut se passer, c’est qu’on paie les gens pour qu’ils filment. Si c’est uniquement fait à partir de documents diffusés sur internet ça ne marche pas ».

Cette nouvelle source entre dans la méthodologie de l’OSINT, OpenSource INTelligence,  technique de recueil d’informations libres d’accès, très utilisée par les journalistes.  

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