Lors de la semaine du prix Bayeux, le public a pu assister à de nombreuses expositions et masterclasses de photoreporters. Un véritable lieu de rencontre entre les professionnels et les passionnés, et l’occasion de mieux comprendre leur travail.

Au 19 ème siècle soldats et canons ne sont plus les seuls sur le champ de bataille…les photoreporters commencent à faire parler d’eux. Carol Szathmari est l’un des premiers journalistes de ce type, il publie ses clichés de la guerre de Crimée. Peu à peu, les journaux ouvrent leurs pages à ces nouveaux photographes. Le Münchner Illustrierte Presse, l’Arbeiter Illustrierte Zeitung et le Berliner Illustrierte Zeitung publient les premiers reportages-photos. Mais c’est le magazine américain Life, créé en 1936, qui propulse ce genre journalistique. Une équipe de photoreporters y est mise sur pied, l’aspect visuel des journaux se modernise. Cette influence se propage dans le monde entier jusqu’en France où Paris Match voit le jour en 1949. 

On conserve tous en mémoire une photo marquante : celle de la Petite fille au napalm prise par Nick Ut en 1972, illustrant l’horreur de la guerre du Vietnam. L’homme de Tiananmen de Jeff Widener en 1989, montrant la révolte des étudiants à Pékin. Des images prises sur le vif,  appareil toujours à la main comme le décrit le photojournaliste Guillaume Binet : « il faut toujours être prêt. Il n’y a pas d’instant T, plutôt un moment. Mais on ne va pas prendre des photos choquantes sans raison, elles doivent apporter une information. »

La sélection de la photo

Alors une fois les fameux clichés en boite, le choix de la publication doit-être mûrement réfléchie. Dimitri Beck, directeur de la photographie du magazine Polka, détaille : « une bonne image doit réunir 3 critères : l’information, la qualité visuelle, et l’émotion. C’est le trio absolu pour susciter le débat. » Un choix encadré par le code déontologique, par la ligne éditoriale du magazine, et par la loi : « on ne montre pas la nudité de n’importe quelle façon…pareil pour la mort. Et si un journal décide de publier une photo inhabituellement choquante, il va prendre la plume pour expliquer ce choix. C’est une notion de responsabilité. »

D’autres festivals du photojournalisme ont lieu en France comme par exemple “Visa pour l’image”, ou encore « le Festival international Photoreporter”. De quoi renforcer la visibilité de ce genre journalistique, en crise depuis une quinzaine d’années, impacté par l’explosion des téléphones portables avec lesquels n’importe quel témoin peut prendre une photo à la place d’un professionnel. 

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