Reporter de guerre pour « le Monde », Remy Ourdan est intervenu sur un grand nombre de théâtres d’opération au cours de sa carrière.

Présent durant le siège de Sarajevo en 1992, cette époque l’a marqué dans sa vie professionnelle comme personnelle : « Il s’est trouvé que cette envie irrépressible du départ s’est déclarée à ce moment-là chez moi. La guerre venait de revenir en Europe. Sarajevo était assiégé depuis quelques semaines. J’y suis allé par curiosité et avec une très forte envie d’aventure. » 

À l’époque il n’avait qu’une vingtaine d’années, n’était pas journaliste et ne connaissait rien à la Yougoslavie. D’abord en tant que journaliste indépendant puis pour « le Monde » il a couvert la guerre jusqu’au bout et, est resté un an de plus là-bas : « Je ne me souviens même pas avoir pris la décision d’y rester. Tout s’est fait naturellement. Je suis tombé très amoureux de cette ville et de ces gens. On réalise ensuite que c’est une histoire importante. On parle d’une capitale européenne qui a été assiégée pendant près de 4 ans ce n’est pas rien. » 

La mentalité des Sarajéviens l’a profondément marqué. Présentée dans son exposition « des traces d’humanité » au festival de Bayeux, l’entraide est présente dans l’histoire de cette ville : « C’est l’idée de privilégier un certain art du voisinage, même avec des épreuves. Dans les années 90 c’était le siège, aujourd’hui il y a d’autres tensions politiques, nationalistes et communautaires très forte mais cet esprit de venir en aide à l’autre survit. »

Un attachement dans le temps
 

Sa curiosité est la même à chaque reportage. Il a rencontré, durant les guerres, des gens dans des situations extraordinaires. En Revanche, il ne peut pas dire si cela est dû à son jeune âge ou bien à la proximité culturelle entre la France et l’ex-Yougoslavie, mais Sarajevo a marqué définitivement sa vie. 

Aujourd’hui il y retourne très régulièrement et y mène des projets comme son film « Le siège » sorti en 2016 qui relate cette guerre. Il intervient dans les médias ou lorsque des évènements liés à cette ville font l’actualité. C’est une partie de sa vie : « je connais autant de Sarajéviens que de Parisiens, j’y ai des amis, c’est une deuxième maison, Je continue de parcourir le monde et à me rendre sur les terrains de nouveaux conflits mais j’y retourne toujours. J’aime bien ne pas lâcher les histoires

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