L’exposition “Des Traces de l’humanité” réalisée par le journaliste Rémy Ourdan et le  photographe Damir Sagolj retrace l’histoire des habitants de Sarajevo lors de la guerre en Yougoslavie pendant les années 90. Ces photographies et témoignages interpellent les lycéens en visite avec leur professeur d’histoire.

“ C’est beau ! ” “ Regardez un plongeoir !” Trois élèves observent attentivement cette photo de Sarajevo en noir et blanc prise par Robert J.Donua en 2009.

Photo de l’exposition Des traces d’humanité, Hôtel du Doyen, Bayeux 2021

Une ville symbole de multi-ethnisme, habituée aux conflits et à l’entraide.

C’est toute cette histoire que l’exposition retrace. Rémy Ourdan et Damir Sagolj décrivent leur travail comme “ un voyage sur les traces de l’esprit de Sarajevo, d’une certaine idée de la dignité et du courage, parfois de l’héroïsme”. Ils évoquent l’héroïsme lors de la révolte du Pourim jusqu’à la guerre de Bosnie-Herzégovine, et l’entraide entre juifs et musulmans. 

Les voisins n’hésitaient pas à cacher ceux qui étaient persécutés pour leur appartenance religieuse. Un sentiment de fraternité qu’explique Robert J.Donia : “les Sarajéviens ont longtemps utilisé la notion  de bon voisinage pour exprimer leur respect envers les personnes de confession et de nationalités différentes”. 

Restent les souvenirs traumatisants. Parmi eux, celui intitulé “survivre au siège : le convoi du 5 février 1994” décrit un bombardement lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine, qui a marqué deux élèves en classe de première. Louise et Hélène expliquent “ on a lu qu’un obus a fauché 212 personnes d’un coup…pour nous c’est impensable…qu’un seul obus fasse autant de victimes en un seul instant. C’est insensé ! Et on pense évoquer ce sujet lors du grand oral du bac parce qu’on en parle pas assez”.

Un peu plus loin Mathilde contemple une série de photographies. Des images qui présentent la vie à Sarajevo aujourd’hui, après des années de conflits. “C’est en couleur contrairement aux autres photos de l’exposition. C’est plus marquant. Et on a du mal à réaliser que ce sont des images contemporaines après tout ce qui s’est passé.”

A ce propos, Damir Sagolj explique “en regardant bien, ces photos forment une seule et même image. Elles représentent ce multiculturalisme, ces différentes entités qui se rejoignent pour former un peuple.”

Cette exposition est importante pour Fabrice, leur professeur d’histoire : “il faut que les élèves soient informés des conflits qui ont entouré cette ville, c’est important pour notre identité européenne. L’exposition transmet des valeurs d’entraides entre différentes communautés, il faut les partager”

Ils froncent les sourcils, impressionnés devant les photographies en noir et blanc, écoutent attentivement le récit d’un témoin. Tous repartiront de cette exposition marqués par les conflits qui ont endeuillé Sarajevo.

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