Correspondant permanent du Figaro à Washington, Adrien Jaulmes, retrace l’histoire des grands reporters. Il revient sur l’évolution de la profession, notamment sur les changements de canaux de diffusion des journalistes. 

Adrien Jaulmes à l’hôtel du Lion D’or

Quelles sont les évolutions du travail de correspondant de guerre ? 

« Le correspondant de guerre n’est pas un métier à part entière, c’est un journaliste qui raconte un conflit. C’est une activité qui a énormément évolué avant tout pour des raisons techniques : la transmission par satellite et la téléphonie ont totalement modifié la façon dont on recueillait et diffusait l’information. Cela a eu des conséquences directes sur ce métier ». 

Quelles sont les contraintes que peuvent rencontrer un correspondant de guerre dans l’exercice de son travail ? 

« La principale contrainte en dehors de la dangerosité du terrain, c’est de couvrir une zone de guerre où il n’y a pas d’électricité, où les réseaux téléphoniques sont hors-service. Dès lors, il est impossible de transmettre en temps et en heure son travail à sa rédaction. Les outils numériques du journaliste dépendent en autres de la connexion internet. Autrefois, les problématiques liées à la diffusion n’étaient pas les mêmes : la réception d’un article pouvait prendre jusqu’à plusieurs jours. Désormais, un simple mail suffit pour envoyer son papier» .

Internet a transformé le paysage médiatique, quelles en sont les conséquences directes ? 

« Internet a totalement transformé ce paysage en diversifiant les moyens de diffusion, vous pouvez quasiment diffuser votre propre reportage. Le corollaire de ce foisonnement, c’est que l’information se dilue avec les réseaux sociaux. Vous pouvez donc visualiser une dizaine d’images par minute. Le problème, c’est que les auditeurs sont moins attentifs face à l’information massive ». 

Le numérique a réduit considérablement le temps de transmission et de réalisation des sujets de reportage. Existe-il néanmoins des effets néfastes à cette dématérialisation de l’information ?

« Dans la guerre de Syrie, les journalistes ont pu être identifiés et localisés par leurs propres moyens de communication. La journaliste américaine Marie Colvin a été tuée le 22 février 2012, dans le centre de presse dans lequel elle se trouvait. Elle a été localisée par les forces ennemies, par l’intermédiaire des satellites. » 

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