Une commission pour lutter contre le complotisme a été mise en place mardi 29 septembre à la demande d’Emmanuel Macron. Ses membres rendront leurs conclusions et formuleront des propositions dans quelques semaines, dans un contexte sanitaire et climatique au cœur de l’actualité.

Avec la pandémie et la situation environnementale actuelle, le nombre de fake news ne cesse de se développer. La commission, intitulée « Les lumières à l’ère numérique », devra « formuler d’ici la fin de l’année des propositions concrètes dans les champs de l’éducation, de la régulation, de la lutte contre les diffuseurs de haine et de la désinformation ». Des personnalités aux profils différents font partie de cette commission : Rudy Reichstadt, directeur de l’observatoire du complotisme Conspiracy Watch ; les chercheurs Anne Muxel, Laurent Cordonier, ou encore Frédérick Douzet ; la journaliste, Aude Favre, auteure d’un documentaire remarqué pour « Complément d’enquête » sur l’argent de l’infox ; Rachel Kahn, ancienne athlète de haut niveau devenue juriste, actrice et écrivaine et l’anthropologue Rahaf Harfoush.

Un nom pose toutefois problème : Guy Vallancien. Le choix de l’urologue interpelle puisque ce dernier vient tout juste d’être sanctionné par l’Ordre des médecins d’un blâme pour manquement au principe de moralité, après la réalisation d’un certificat médical mensonger, comme l’a récemment révélé Marianne. L’Ordre estime que « l’acte est de nature à déconsidérer la profession ».

Le journalisme scientifique, au cœur de la désinformation

La crise du Covid et l’urgence climatique sont au cœur de l’actualité. Mais le manque d’expertise de certains journalistes et la multiplication des informations sur les réseaux sociaux n’atténuent pas la désinformation. « Quand on manque de visibilité et de connaissance c’est souvent compliqué d’évoquer certains sujets », confie Yves Sciama, président de l’Association des Journalistes Scientifiques Professionnels d’Information. « A l’époque, on nous disait qu’il n’y avait pas de réchauffement climatique, que c’était la faute du soleil », s’amuse-t-il. Et des exemples comme cela, il en existe des dizaines. « On l’a vu récemment avec le Covid. Au début, on ne savait pas vraiment de quoi il s’agissait ».

Aujourd’hui, une question revient de plus en plus : faut-il former les journalistes aux sujets scientifiques ? L’AJSPI a d‘ailleurs été récemment contactée par une grande chaine d’informations en continu pour travailler sur ces thématiques. Mais la prise de conscience reste « légère » souligne Yves Sciama. « Cette formation n’aurait été destinée qu’aux journalistes web. Or, ce sont les journalistes à l’antenne qui en auraient réellement besoin », précise-t-il.

Sur les questions environnementales, le site Skeptical Science a un objectif simple : démystifier la désinformation climatique en présentant des données scientifiques sourcées.

Une bonne alternative pour tous les climato-sceptique. Et pour certains journalistes. « Les défauts des scientifiques sont jumelés avec les défauts des journalistes », lance David Salas Y Melia, chercheur Météo France.

A noter toutefois que cette commission est lancée à quelques mois de la campagne des élections présidentielles, période propice aux manipulations et désinformations de toutes sortes. Déjà en 2018, le Parlement avait adopté une loi relative à la manipulation de l’information en période électorale, qui a donné de nouvelles compétences au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel face aux plates-formes numériques en cette période. 

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