Les changements climatiques sont bien là. À mesure que leurs effets s’intensifient, ce sont les enfants et les jeunes d’aujourd’hui qui en subiront les pires conséquences. Les médias se doivent aujourd’hui d’informer la jeunesse quant aux risques climatiques.

Comment, dans les rédactions des différents médias jeunesse, conçoit-on la place et le rôle du jeune dans la lutte contre le changement climatique ? Est-il observateur, acteur, dénonciateur des maux ? Ces questions ont fait l’objet d’une conférence/atelier lors des Assises de Journalisme de Tours le 29 septembre 2021. 

Dans les documents de sensibilisation sur le changement climatique, on observe que les choix rédactionnels et de mise en forme cherchent un équilibre entre ces trois objectifs : faire comprendre les phénomènes scientifiques et les contextes sociaux et politiques (dimension explicative); éveiller l’intérêt et émouvoir (dimension affective), faire agir (dimension comportementale).

Les jeunes ne peuvent plus échapper aux fictions, aux différentes émissions de télévision grand public et aux divers types de médiatisation auxquels donne lieu le changement climatique. Leur analyse est d’autant plus intéressante qu’ils s’inscrivent dans la longue durée.                                                                                                                                                                                                           

Avec près de 300 titres différents, la presse jeunesse en France est l’une des plus riches et des plus variées au monde. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges. Cette singularité s’explique par la capacité de la presse jeunesse à se renouveler en permanence, à être toujours plus inventive et séduisante, à être bien en phase avec les enfants et les jeunes d’aujourd’hui, proche de leurs préoccupations et de leurs questions. Au-delà du plaisir qu’ils y trouvent, les journaux et magazines jeunesse les aident à mieux comprendre le monde. Ils participent au développement des citoyens de demain et à la construction d’un « vivre ensemble » sans lequel nulle société ne saurait exister.

La jeunesse est moins bête qu’on ne le pense 

Pour Malicia Mai Van Can, directrice éditoriale de plusieurs magasines jeunesse comme Wapiti, l’idée est de parler aux ados comme parlent les ados. L’idée d’infantiliser ses propos pour se faire comprendre ds jeunes n’est pas la solution. Les rédactions créent alors des discussions entre jeunes, et filment des reportages sur des ados déjà au fait de l’urgence climatique. Kevin Comby, journaliste chez Okapi rajoute « On a des lecteurs abonnés en conférence de rédaction régulièrement qui sont les rédacteurs en chef d’un jour et nous aide au choix des sujets ». De ce fait, le lecteur peut s’identifier à ce qu’il lit et voit.  

Les rédactions jeunesse s’étonnent du nombre de courriers reçus. Les enfants ne comprennent pas pourquoi on tue les animaux. Raphaèle Botte, rédactrice en chef de la revue Playbac, décèle une sorte de « lucidité des enfants ». Parfois même, elle y retrouve des messages d’« activisme », d’« action ». Face à ces courriers reçus de plus en plus nombreux, comme un cri de désespoir des jeunes, les médias se sentent responsables d’informer et de guider les jeunes. 

Mais pourtant parfois, la sauce ne prend pas. A l’image récemment de Greta Thunberg, jeune militante climatique suédoise de 18 ans, connue dans tous les foyers par les petits comme par les grands. La figure de l’adolescente « woke » a fini par agacer et frustrer les jeunes, tant la militante est mise sur un piédestal. 

L’état n’apporte aucune aide financière aux médias jeunesse. Pourtant, les dépenses des rédactions sont colossales: entre l’encre végétal, l’enveloppe en carton dans laquelle est postée le magasine, la qualité du verni bio; les médias ne s’y retrouvent plus. 

Les jeunes sont à la fois observateurs, acteurs et dénonciateurs de l’urgence climatique. Pour s’adresser à cette tranche d’âge, les rédactions se doivent d’utiliser des stratagèmes à part entière. Les médias tentent aujourd’hui d’alarmer les plus jeunes, déjà presque tous au fait des problématiques environnementales. Pourtant, la pression supplémentaire que peuvent ressentir certains jeunes suite à l’émergence de figures adolescentes militantes comme Greta Thunberg peut parfois brouiller la dynamique. 

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