Los Angeles, USA - May 15, 2013: American Magazines displayed for sale on newsstand in Los Angeles, USA

Cette année malgré un contexte de crise sanitaire inédit plusieurs médias se sont lancés. La majorité d’entre eux possèdent des petites structures et tentent de miser au maximum sur le financement participatif. En revanche une question reste en suspens : le crowfounding est-il une solution sur le long terme ? Un challenge que ce sont fixés plusieurs médias inconnus du grand public il y a encore quelques mois. 

6,5 magazines sont lus en moyennes tous les mois par les français. Mouvement up, Franc-Tireur, Fritz le mag, Epsiloon tous ces magazines ont décidé de se lancer cette année ou même pour certains (Franc-Tireur par exemple) vont arriver sur le marché des médias dans les semaines à venir. Les rédacteurs en chefs respectifs de tous ces magazines se sont réunis autour d’un débat à l’occasion d’une conférence animée par Romain Colas journaliste de La Correspondance de la presse. Marie Barbier, cofondatrice et corédactrice de La Déferlante n’a finalement pas souhaité assister à cette table ronde en raison de la présence de Nicolas Hulot. 

Macha Binot rédactrice en chef depuis deux ans et demi à Mouvement Up était quant à elle bien présente. Elle a eu l’idée de fusionner des entités, une initiative qui a émergé qu’en mars 2019 mais c’est seulement en janvier dernier que le projet est sortie. Pour rappel, Mouvement Up a été créé il y a 10 ans et appartient au groupe SOS. Macha Binot explique : « Une chose est importante chez nous, c’est que notre groupe nous laisse une totale indépendance sur notre ligne éditoriale. L’objectif de Mouvement Up c’est de mettre les médias au service de l’information ». Mouvement Up décrypte les problèmes, investigue sur la diversité des solutions possibles pour y répondre, et propose à chacun de s’en saisir pour mieux vivre ensemble et avec la planète. Ils utilisent l’information de solution en s’appuyant  sur  5 questions de la déontologie du journaliste (Quoi, Qui, Ou , Quand, Pourquoi) et vont même plus loin en répondant à une sixième interrogation : Et maintenant on fait quoi ? Mouvement Up propose donc plusieurs éléments de réponse à ses lecteurs. Macha Binot espère faire bousculer les choses et nous explique ses projets futurs : « Nous journalistes on a un rôle essentiel pour changer cette société qui va droit dans le mur. On a parfaitement conscience des enjeux et problèmes. J’espère faire fusionner à la fois les enjeux sociétaux et environnementaux ». Par ailleurs, Mouvement Up intervient aussi auprès des jeunes dans les écoles et collèges concernant l’éducation aux médias. Des jeunes qui sont de plus en plus bernés par la montée exponentielle des réseaux sociaux et des fakes news. 

Le financement participatif un pari risqué ? 

Les médias sont en crise. Pas seulement la presse écrite, mais toute la chaîne de production de l’information. Confrontés à une concurrence croissante et à une baisse inexorable des recettes publicitaires, les journaux, les radios, les télévisions, les pure players sont tous à la recherche d’un nouveau modèle. Fondé sur une étude inédite des médias en Europe et aux États-Unis, le livre Sauver les médias : Capitalisme, financement participatif et démocratie de Julia Cagé propose de créer un nouveau statut de « société de média à but non lucratif », intermédiaire entre le statut de fondation et celui de société par actions. Ce statut permettrait d’œuvrer pour des médias indépendants, des actionnaires extérieurs, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs, de leurs salariés et des internautes. Il s’agit d’un modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIe siècle. Le débat est ouvert : il en va, tout simplement, de l’avenir de notre démocratie. 

Macha Binot émet tout de même une réserve : «  Pour moi le financement participatif ça ne peut pas fonctionner sur le long termes. C’est plutôt une zone de test pour savoir si notre projet va plaire ou non ». 

Une chose est sur le financement participatif laisse apparaître des limites. Les médias s’appuyant sur ces méthodes devront aussi se retourner vers d’autres possibilités avec la publicité ou les abonnements. 

Le financement participatif, ou crowdfunding, désigne un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels. Il se distingue du prêt participatif, réservé aux institutions financières.

L’appel de fonds se fait à partir de la description d’un projet précis (journalistique, artistique, humanitaire, entrepreneurial…), au moyen d’une plate-forme en ligne permettant de recueillir de nombreux apports de petits montants. Le financement peut prendre la forme d’un don, d’un prêt avec ou sans intérêts, ou encore d’un investissement en capital. L’objectif de ces médias misant sur le crowfunding est d’engranger un maximum d’abonnés tout en gardant la communauté déjà présente. 

+ posts

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici