Le retour des élèves à l'école. © Unsplash

Les écoles, collèges et lycées rouvrent progressivement depuis le 11 mai, dans toute la France, mais de manière inégale entre zones rouges et vertes. Que ce soit pour le collège ou le lycée, les élèves et les parents sont perdus, car le virus est toujours présent.

Les écoles rouvrent petit à petit depuis le 11 mai. Dans le cadre de la stratégie d’arrêt du confinement liée à l’épidémie mondiale du Covid-19, les écoles maternelles et élémentaires et les établissements du secondaire ont rouvert leurs portes, dans le respect des règles sanitaires mises en place par les autorités. La réouverture des lycées est soumise à de nombreuses conditions, et pour cela tout le monde n’est pas forcément du même avis.

De nombreux établissements en France ont déjà permis le retour des élèves depuis le 18 mai : « Il faut que la vie reprenne, les magasins et les entreprises reprennent leurs activités, la population fait attention et les protocoles sont respectés, alors nous pouvons faire pareil », explique Françoise, proviseure d’un lycée en région parisienne. Son but premier est d’ouvrir son établissement afin d’accueillir à nouveau les élèves, car il est important pour eux de revenir et ainsi retrouver un système d’enseignement classique. Bien que les cours en virtuel aient été une bonne alternative à la continuité pédagogique, ils ne conviennent pas à l’ensemble des élèves, et peuvent être une source d’angoisse pour certains. « Il est préférable que les élèves reprennent le chemin de l’école, lorsque toutes les précautions sanitaires notées dans le protocole fourni par l’Education Nationale le 3 mai dernier seront mises en place par les différents acteurs des écoles, collèges et lycées pour une sécurité optimale », affirme un membre de l’Académie de Versailles.  

L’organisation difficile à mettre en place, mais qui fonctionne

Les autorités sanitaires ont défini les conditions dans lesquelles les écoles et les établissements d’enseignement peuvent accepter des étudiants à partir du 11 mai. Dans les établissements qui ont déjà rouvert, beaucoup de nouvelles règles ont été mises en place, toutes règlementées par le protocole sanitaire de 54 pages envoyé aux différents établissements de France, par l’Education Nationale. Dans les écoles, l’enfant doit venir avec son matériel et son cours imprimé envoyé la veille, car les photocopies sont maintenant interdites.

Certaines règles sont compliquées à respecter : « La règle de distanciation sociale (1 mètre d’écart) n’est pas facile en récréation, car ils ont l’habitude de faire des jeux collectifs. En classe c’est un peu plus simple car les enfants n’ont pas le droit de se lever », affirme Edwige, institutrice de CM1 dans les Yvelines. Cependant les enfants qui sont revenus en petit nombre, sont compréhensifs et contents d’être là. Après une semaine « d’essai » les enfants commencent à se faire aux règles, le lavage de mains avant et après les récréations est respecté.

Dans les collèges et les lycées, tout s’accélère depuis quelques semaines. La nouvelle organisation des établissements se met en place, et malgré l’aide de l’Education Nationale ce n’est pas si facile que ça : « Le plus compliqué, c’est de gérer le mobilier afin d’avoir la bonne distance entre les tables », explique Françoise. Le protocole transmis par le ministère a été très travaillé, ce qui a permis aux établissements d’avoir un outil simple et fiable pour l’organisation. Les établissements ont dû être réapprovisionnés, et pour cela, les régions ont fourni des adresses de différents prestataires, afin de les aider. Puis, comme l’explique Françoise : « Nos fournisseurs de longue date ont bel et bien été présents pour nous aider. » Ainsi, les établissements ont pu préparer leur réouverture comme il se doit.

Depuis cette annonce, les établissements se sont préparés et commencent à avoir une organisation au point, comme l’explique Christophe, professeur de mathématiques en collège : « Nous commençons à avoir une vision bien précise de la façon dont les cours vont se dérouler, tout le monde aura deux jours de cours dans la semaine. Le mercredi il n’y aura pas cours, car ce jour est réservé pour la désinfection des locaux. La priorité sera donnée aux cours de maths et de français dans l’emploi du temps. »  Les cours effectués sont partagés sur différents jours de la semaine, car avec les nouvelles mesures sanitaires, il est impossible d’accueillir la totalité des élèves dans le collège.

La fracture sociale bien présente  

Le confinement et les cours en distanciel ont créé une réelle fracture sociale. En cette fin d’année scolaire, le défi consiste à s’assurer que les élèves ont acquis les connaissances nécessaires à l’apprentissage des classes supérieures pour prévenir efficacement d’un éventuel décrochage. Cela signifie une augmentation du temps d’enseignement consacré à la diffusion de ces connaissances. Dans les collèges, l’objectif est de maintenir le temps dédié à chaque cours en respectant les contraintes sanitaires. Si des ajustements sont encore nécessaires, les matières comme le français et les mathématiques doivent être enseignées en priorité.

Dans les lycées professionnels, compte tenu de la suspension des temps de formation en entreprise, il est recommandé d’assurer une formation professionnelle adéquate, en privilégiant les enseignements professionnels, notamment comme les cours culinaires ou les cours de mécanique en atelier : « Ces quelques mois sans pratique auraient pu avoir de lourdes conséquences, mais les élèves passionnés et bien évidemment motivés n’ont pas lâché. », explique le directeur d’un lycée hôtelier de Paris situé dans le 17e arrondissement. Les élèves ont su profiter du confinement pour s’améliorer en cuisine, découvrir de nouveaux produits, apprendre de nouvelles techniques en lisant des livres, regardant des vidéos. 

Les mesures sanitaires obligatoires mises en place par le gouvernement sont les mêmes pour tous. Cependant, dans une cuisine les règles sont plus difficiles à appliquer. En effet, comme l’explique un élève du CFA : « Nous allons travailler avec des gants et des masques, le lavage des mains sera plus régulier, tout comme l’usage de gel hydroalcoolique. » Son directeur a confié qu’il diminuera les effectifs afin de pouvoir pratiquer la « marche en avant », principe très appliqué en restauration, qui correspond à la mise en place d’une organisation précise, d’un sens de circulation dans les cuisines, comme par exemple ne pas rentrer et sortir par la même porte.

La préoccupation principale pour le moment est de pouvoir enseigner sans prendre aucun risque, aussi bien pour les élèves que pour les personnels de l’établissement scolaire. La priorité étant de renouer le contact au plus vite avec les élèves, pour certains décrocheurs. Comme l’explique Héléna Lamourelle, professeure en lycée professionnel de vente : « En lycée pro ici, les élèves étaient très demandeurs de lien social. Malgré les outils que nous avions à disposition (don de tablettes par la région), le travail à distance a été un peu compliqué pour beaucoup d’entre eux. » Lors d’une réouverture éventuelle de l’établissement, la priorité sera de favoriser et recréer le lien social, dispenser des cours en groupe, notamment en dernière année.

Les conséquences du Covid-19 sur l’avenir scolaire

La pandémie du Covid-19 a changé beaucoup de choses, de nombreuses règles ont été revues. Cette année, les élèves qui passaient des examens ont vu leurs épreuves de fin d’année repoussées, puis annulées, ce qui a engendré un vent de panique. Le baccalauréat ainsi que le brevet 2020 seront donc délivrés sur la base des notes du contrôle continu, une nouvelle qui a suscité de nombreuses interrogations. Parmi celles-ci, l’une fait polémique : le diplôme national du baccalauréat, sésame délivré à la fin des études secondaires, qui permet aux élèves d’accéder aux études supérieures, aura-t-il la même valeur que les années précédentes ? « Si nous partons du principe que les gens qui ont eu le bac en 1968 n’ont jamais eu de problème, alors oui, il aura la même valeur. Le bac est donné avec le contrôle continu, les élèves ont travaillé tout au long de l’année, ils auront leur bac, ce qui est normal », explique la proviseure d’un lycée de région parisienne. Pourtant une vue différente de la valeur de l’examen est émergente dans le milieu professoral. « Le bac de nos jours a déjà perdu de sa valeur, son obtention arrive après les vœux sur Parcoursup, alors que c’est juste la porte de sortie, il permet de débloquer l’arrivée dans le supérieur », affirme M. Gautier, membre du syndicat de professeurs, SNES (Syndicat National des Enseignements de Second degré). L’obtention du bac est depuis quelques années un simple aboutissement des études secondaires ou une finalité.

Cette formule d’obtention d’examen « spécial Covid » rejoint la formule du bac actée dans sa réforme de 2021, où la proportion prise en compte du contrôle continu dans la note finale à l’examen est de 40 %. L’avis sur le bac et le brevet 2020 est plutôt unanime. Les examens auront la même valeur que ceux des années antérieures, car ils sont le fruit du travail des élèves et cela quel que soient les modalités et conditions d’obtention. Comme l’a déclaré dans sa circulaire du 4 mai Jean-Michel Blanquer : « L’obtention du brevet et baccalauréat est conditionnée aux notes obtenues par les élèves jusqu’au début du confinement, mais l’assiduité de l’élève jusqu’au bout, soit jusqu’au 4 juillet pourra lui permettre de bénéficier d’une réévaluation dans les cas d’une moyenne trop juste, ou d’une valorisation dans les cas d’une simple moyenne du diplôme sur le livret scolaire pour l’obtention finale de l’examen. » Ainsi, les élèves ne devront pas lâcher et continuer de persévérer jusqu’à la fin de l’année scolaire, qui fût déjà perturbée par les mouvements sociaux.

Avec le Covid-19, les conditions pour la rentrée de septembre 2020 sont encore inconnues, il faudra faire un choix, soit faire le choix du sanitaire et les élèves seront moitié en classe, et moitié en cours à distance, soit le choix du scolaire et reprendre normalement avec les effectifs habituels à savoir environ 30 élèves par classe. Il reste à savoir comment évoluera la pandémie d’ici là. 

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Je suis étudiante en journalisme à l'ISCPA dans le 10e arrondissement de Paris.
Je suis très intéressée par les sujets de société, ainsi que le football.

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