Une jeunesse solidaire et engagée pour l'avenir Crédit: Pixabay

L’épidémie du coronavirus a suscité chez certains, une ouverture d’esprit sur les sujets tels que l’écologie, la politique mais surtout l’Humain. Un évènement historique qui se transforme en leçon de vie pour les futurs adultes de demain.

Dans le livre « La Jeune fille au pair » de Joseph Joffo, l’auteur dit noblement : « Par la jeunesse vient la promesse d’un avenir meilleur. » Celle-ci, qui est peu impactée par le Covid-19 physiquement, l’est d’autant plus sur le plan psychologique. Pour une génération ivre de fougue, le confinement leur a permis de penser et réfléchir sur la place qu’ils occupent dans la société. Dans un monde où la technologie réduit le lien social, certains ont pu constater l’importance de l’Humain et l’avenir dans lequel ils veulent évoluer dans les années futures. 

Lors de son allocution le 17 mars, Emmanuel Macron informe la population d’un confinement indéterminé. Les réseaux sociaux se sont enflammés entre ceux qui étaient ravis de la situation, et d’autres qui caricaturaient le président de la République. Des vidéos montrant des jeunes criants, sautant et applaudissant à l’annonce du confinement ont fait le tour de Twitter. Un détachement avec la réalité et tout ce que cela implique. L’insouciance de la jeunesse devint en quelques jours une réalité difficile à assumer. Finies les boîtes de nuit et les sorties tardives entre amis, place au télétravail et à la solitude.

Rebecca, étudiante de 21 ans à Lyon, exprime son ressenti concernant le confinement : « Je ne l’ai pas bien vécu, je n’aimerais pas recommencer. » Étudiant dans l’école d’Art Emile Cohl, le confinement n’a pas été bénéfique à son âme d’artiste : « C’est très étrange, j’ai eu le syndrome de la page blanche pendant 3 mois, la routine n’est pas très inspirante. » La vie en général donne l’inspiration aux artistes pour créer mais aussi l’interaction avec les gens. Le confinement l’oblige, aucun lien social ne peut être conservé : « Mes amis me manquent tellement, j’ai même hâte de reprendre le métro. » L’importance des relations sociales est revenue dans les esprits, une chose oubliée avec l’arrivée des téléphones portables qui coupe ce lien précieux. 

Depuis le confinement, elle remarque : « Maintenant que je peux revoir mes amis, nous sommes moins sur nos téléphones. » Sur les réseaux sociaux, beaucoup de la jeune génération ne voit, au sens propre du terme, qu’à travers son écran. Par exemple dans les concerts, certains préfèrent filmer tout le long du show, au lieu de profiter pleinement. Une chose que l’artiste français M, avait critiqué. Rebecca assure : « On a juste envie de profiter de l’instant présent, la technologie ne remplacera jamais le contact humain et les jeunes s’en sont rendu compte. »

Dans chaque négatif, une lueur de positif apparaît. Pour Rebecca c’est la cuisine. Les services comme UberEats, qui font livrer un repas devant votre porte, sont certes plus simples, que de passer des heures en cuisine, mais le plaisir n’est pas le même : « Je commandais tout le temps à manger, depuis le confinement je me suis mise à cuisiner et c’est tellement une fierté. » Des fourneaux qui se remettent en route après 1 an de congés : « Ma cuisine me sert enfin à quelque chose, merci le confinement ! »

Cette passion cuisine a également émergé chez Loïk, étudiant en école de cinéma : « Je me suis mis à adorer la cuisine, mais mes pantalons moins. Le confinement m’a apporté 8kg de plus. » Depuis le 11 mai, l’ensemble de la population, hormis une partie la plus à risque, peut sortir, le moyen pour Loïk de se dépenser dans des activités qu’il ne pratique plus : « Avant je sortais toujours dans les bars, maintenant prendre l’air, faire de la randonnée et aller au ruisseau de mon village sont les premières choses auxquelles j’ai pensé. »

Des évènements inédits que la population ne pensait jamais vivre au XXIème siècle. La génération 2.0 réalise l’ampleur de cette crise pour certains, mais d’autres restent dans le déni. Rebecca regrette l’avant Covid : « Je vis dans le déni, on veut continuer la vie d’avant, j’ai peur qu’on ne vive plus pareil. » Le coronavirus est un événement qui inspire Loïk : « Je pense que ce que l’on vit aujourd’hui, c’est un scénario d’une série que j’aurais regardé sur Netflix. Je vais m’y pencher. »

Des études en suspend

Cette année aura été tumultueuse dans le milieu scolaire. Entre la grève SNCF de décembre et le coronavirus, les étudiants sont loin d’avoir été épargnés. Un problème pour leurs formations qui sont mises à l’épreuve. Selon un sondage du journal « Les Échos », 40 % de la population serait séduite par le télétravail. 

L’annonce de la fermeture des établissements avait réjoui les étudiants. Plus besoin de se déplacer, ni d’être assis sur une chaise pendant des heures. Un bonheur qui s’est transformé en cauchemar au fil du temps. Loïk en témoigne : « Bien sûr que j’étais heureux, faire cours en pyjama dans son lit, que demander de mieux ? » Un plaisir qui ne dure qu’un temps : « Au final, je me suis trouvé bête d’avoir pensé ça, l’université me manque même si l’on traîne des pieds le matin. » Le fait de se déplacer quotidiennement et d’être en contact avec d’autres personnes manque aux étudiants qui se pressent de retourner dans leurs établissements respectifs. 

Rebecca décrit son expérience : « Dans mon école, j’ai des infrastructures pour travailler, mais dans mon petit appartement c’est l’enfer. » Une chance d’en profiter au maximum à la rentrée prochaine : « Je me suis rendu compte de la chance que j’avais d’aller dans une école, et l’importance des bâtiments présents. »

En étude supérieure, la reprise des cours n’est pas envisagée avant septembre. Certains concours ont été annulés et d’autre maintenus, ce qui a pu permettre aux étudiants de les travailler durant le confinement. Julien, en prépa littéraire au lycée Louis-Legrand, préparait depuis 3 mois le sien : « Je n’ai pas profité de l’expérience pour faire une extinction des feux, j’ai préparé mon concours et j’en suis ravi. » Trois mois confrontés à soi-même sans possibilité de se ressourcer à l’extérieur qui lui ont paru bénéfiques : « Cela m’a fait réfléchir sur le train de vie que je veux mener à l’avenir. »

La cause écologique

Dans les pays comme la Chine, la pollution a diminué en l’espace de 3 mois, ce qui encourage les prochaines générations à continuer ce travail d’écologie. Avec l’aide des réseaux sociaux, le message transmis a plus de visibilité et la majorité des militants ont entre 18 et 25 ans. Julien, étudiant à Paris, pense que le gouvernement n’en parle pas assez pour que les jeunes se sentent concernés : « Sans les réseaux sociaux qui font passer des pétitions ou encore des vidéos choquantes, beaucoup ne seraient pas conscients de l’impact de l’homme sur la nature. » La prise de conscience est essentielle dans le mouvement futur pour la planète et tous sont d’accord pour dire : « Nous serons la génération qui fera bouger les choses sur tous les points. »

Rebecca, est très engagée depuis 1 an dans la cause écologique, blâme l’Homme : « C’est à cause de nous, on s’autodétruit. » Végétarienne depuis le mois de février, ces idées concernant l’élevage d’animaux sont précises : « Je suis persuadée qu’il y a un lien entre l’élevage, qui pousse les animaux à venir dans l’espace urbain et par conséquent, nous amener des maladies. » C’est pour elle, une sorte de : « karma. »

Loïk partage cet avis : « Je pense que l’homme joue avec la nature et empiète sur l’espace naturel. Pour se venger, elle nous balance cette maladie inconnueLe coronavirus n’est que le début de plusieurs crises sanitaires qui risquent de s’enchaîner. »

Parfois critiqués pour le manque d’intérêt à l’égard de la vie en société, les jeunes ont constaté aussi un manque de civisme chez la génération plus âgée. Chloé, âgée de 22 ans et travaillant dans une usine agroalimentaire l’a expérimenté : « Sur le parking d’un supermarché, j’ai vu beaucoup de personnes jeter leurs masques par terre et ce n’était pas des jeunes. » 

La pénurie de masques au sein de son entreprise a motivé Chloé dans la confection-maison pour ses collègues : « Cela me tenait à cœur de les fabriquer pour mes collègues plus âgés qui avaient plus de risques de contracter le virus. » Une entraide s’est créée, entre la jeunesse qui apporte aux personnes âgées de l’aide dans cette pandémie. Elle s’énerve donc du manque d’intérêt des anciennes générations a leur égard : « Nous, on fabrique des masques pour eux, et ensuite ils les laissent par terre. » 

La politique d’avenir

Rebecca réfléchit à un autre aspect sociétal, celui de la politique : « Je ne paye pas d’impôts, je ne travaille pas encore, je ne me sens pas légitime de voter pour le moment. » Une approche politique encore précaire, qui n’empêche pas un avis construit sur l’actuel président de la République Emmanuel Macron : « Il se prend pour le papa de la Nation, il va recadrer les Français, les punir, au lieu de les encourager. » Julien, étudiant en prépa littéraire à Paris, confie être « désengagé politiquement, mais remettre toute la faute sur [Macron] n’est pas bien. Il est dans une structure, dans un système qui l’oblige à faire des choses conformes. Mais ce n’est pas un personnage politique qui me marquera ». D’autres comme Corentin, apprenti en mécanique, le caricaturent sur le ton de l’humour : « Quand je vais chez mon banquier, il a la même façon de parler que le président, beaucoup de paroles mais peu d’actes. »

La majorité des jeunes ne votent pas par conviction mais par devoir, ce qui ne les empêche pas d’être attachés à leur pays et d’avoir une optique d’avenir différente. Julien avoue avoir un avis tranché sur la gestion politique durant la crise : « J’ai trouvé le scandale des masques délirant, ce n’est pas encourageant pour notre avenir. » Durant ces trois mois confinés, il juge que « lorsque nous serons réellement concernés par la politique dans notre vie quotidienne, je ne pense pas que l’on sera une génération qui laissera passer de genre d’actes. Nous avons un côté révolutionnaire. »

Actuellement occupés par les études et le chemin de leur avenir professionnel, les adolescents comprennent et retiennent les décisions du gouvernement dans cette crise du coronavirus. Pendant l’élection présidentielle de 2017, l’abstention culminait à 52% chez les jeunes, un chiffre qui pourrait diminuer à l’avenir. 

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Je suis une étudiante en journalisme à l'ISCPA dans le Xéme arrondissement de Paris. Je suis particulièrement intéressée par: le cinéma, et le théâtre ainsi que le football.

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