45% des sondés disent éprouver de la colère face à cette situation. © Flickr

La défiance envers l’Exécutif s’installe dans l’opinion publique. Les injonctions contradictoires du président Emmanuel Macron et de son premier ministre Édouard Philippe nourrissent ce climat de défiance.

L’unité nationale, rêvée par l’Exécutif, ne semble pas être à l’ordre du jour. Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, seuls 39% des Français sondés font confiance à leur président, Emmanuel Macron. Le lien de confiance n’est pas totalement rompu mais il s’est largement effrité au cours du premier mois de confinement. Le 16 mars, 46% des Français sondés se disent insatisfaits de la façon dont le gouvernement gère la crise. Le 16 avril, ce taux est passé à 58% des personnes interrogées. La défiance envers l’exécutif résulte de l’association de plusieurs facteurs.

En temps de crise, l’équipage s’en remet généralement à son capitaine. Or, depuis la mise en place des règles de confinement le 17 mars, le capitaine a commis des erreurs. La première a certainement été d’affirmer aux Français que les masques n’étaient d’aucune utilité pour freiner la propagation du virus. L’opinion publique se rend désormais compte que ce n’était qu’un prétexte pour occulter le fait que la France en manquait cruellement. Les Français ont, selon Véronique Reille Soult, directrice générale de l’institut de sondage Dentsu Consulting, « le sentiment qu’on leur a menti sur les masques. D’autant que ce mensonge a été à demi-avoué. »

Le politologue Olivier Duhamel résume : « Les gouvernants les ont dits inutiles, ils étaient indisponibles. Et le fait que des autorités médicales aient, elles aussi, souligné leur inutilité n’a pas, aux yeux des Français, exonéré le pouvoir. » L’opinion publique était dès le début de la crise soucieuse des pénuries de masques, de médicaments et de blouses etc. Afin de regagner leur confiance, l’Exécutif affichait son optimisme, en affirmant par exemple qu’un milliard de masques avaient été commandés. Il y a néanmoins un décalage, que les Français ont très vite ressenti, entre ce que le gouvernement annonçait et la situation sur le terrain.  

La conjugaison du climat anxiogène lié à l’épidémie et aux atermoiements de l’Exécutif à propos des sujets essentiels tels que les tests, les masques et le déconfinement explique en majeure partie cette hausse de la défiance. Les injonctions contradictoires d’Edouard Philippe et de son gouvernement n’ont fait que l’accentuer. « Lors de son allocution, Emmanuel Macron a donné une date et a fixé quelques cadres. Ensuite, le Premier ministre dit quasiment l’inverse et pas un seul ministre ne s’aligne sur la même parole. Si l’on rajoute à cela la porte-parole du gouvernement Sibeth N’Diaye, qui à chaque fois qu’elle s’exprime dit quasiment l’inverse de ce qui a été dit dans la journée, cela commence à faire beaucoup », résume Véronique Reille Soult.

Pas d’opposition crédible

Véronique Reille Soult propose une autre analyse. Selon la directrice de Dentsu Consulting, le taux de confiance d’Emmanuel Macron pourrait se trouver bien plus bas si l’opposition était crédible. Emmanuel Macron et Édouard Philippe occupent la sphère médiatique. Ils commettent des erreurs et exposent sous un éclairage cru leurs contradictions. Certes, mais l’opposition n’apparaît pas sur la scène médiatique et ne peut donc de facto apporter d’autre solution à la crise que celle envisagée par la majorité : « Macron parle d’unité nationale car il sait bien qu’il n’y a pas d’opposition crédible », souligne Véronique Reille Soult. Elle nuance son propos en rappelant qu’Emmanuel Macron n’a pas saisi cette chance qui lui était offerte : « C’est le moment où les Français ont envie d’autorité et de confiance en leur chef. Ils en ont envie mais ont peur. Macron ne permet pas d’avoir envie. » L’opinion évolue constamment.Le gouvernement se retrouve face à de nombreuses zones d’ombre, parmi lesquelles les modalités du déconfinement progressif à partir du 11 mai. Il lui faudra, pour regagner la confiance des Français, tâcher de les éclaircir.

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Étudiant en première année, je suis particulièrement intéressé par les sujets : politique, géopolitique et économie.

1 COMMENTAIRE

  1. Le commentaire est simple ce qu ont savais déjà l Europe? C est chacun pour soi le président? Au service de se qui l on fait élire? La gouvernement ? Ais ordres du président ramassis de faux culs d oportunistes l oposition? Ils n ont qu une idée tuer politiquement le RN les médias? Aux ordres du président voila

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