© donkeyhotey/Flickr

Emmanuel Macron a esquissé l’idée d’un gouvernement de « concorde » lors de sa dernière allocution. Pure fantasme ou réalité ? Nous n’en avons cure, et avons dressé une liste non exhaustive des potentiels sacrifiés et gagnants de ce chambardement fictif. Indice : certaines têtes vous sont familières.

Emmanuel Macron l’a martelé tout au long du mois de mars, regard déterminé et rhétorique belliqueuse à l’appui : la France est en état de « guerre » sanitaire. Le 13 avril, en conclusion de son allocution solennelle, le chef de l’Etat exprime le souhait de « bâtir un autre projet dans la concorde. »

Derrière cette formulation volontairement énigmatique, un parterre d’éditorialistes sevrés d’infos croustillantes depuis l’affaire de la zizizanie (en d’autres termes, l’affaire Griveaux), se fendent de gloses en forme d’oracles : un remaniement en gestation ? Emmanuel Macron s’improvise-t-il Raymond Poincaré des temps modernes, souhaitant exhumer une version modernisée de l’ « union sacrée » des partis politiques français en 1914 ? A l’heure des réseaux sociaux, les tractations vont bon train : Valls à l’Intérieur, NKM à l’Ecologie, Cambadélis à l’Economie… et pourquoi pas DSK à l’Egalité Hommes-Femmes ? L’Ancien Monde est mort, vive l’Ancien Monde !

Début avril, un conseiller d’Emmanuel Macron, acculé par quelques journalistes indiscrets, ne nie pas l’existence « d’échanges téléphoniques » entre Manuel Valls et Emmanuel Macron. Stupeur au sein de l’opinion publique. Le « dégagisme » des Français aurait-il été à ce point incompris ? Bouté hors du paysage électoral hexagonal après sa piteuse défaite à la primaire socialiste, début 2017, voilà que l’homme du 49.3 ressurgit par une porte dérobée, en l’occurrence celle de l’Elysée. Admirateur du ‘Tigre’ Georges Clémenceau, Manuel Valls n’en a pourtant que le pelage décati par ses trahisons successives. Depuis le début de la crise sanitaire, l’ex Premier ministre de François Hollande (2014-2016) ne cesse de multiplier les appels du pied à Emmanuel Macron, déclarant « vouloir se rendre utile à la France. » Le chef de l’Etat, transi de pitié devant cette grotesque parade nuptiale, hésite à tendre la main au paria de la politique française. Il faut dire que l’homme de la déchéance de nationalité est l’homme politique français le plus impopulaire (48%), devant François de Rugy et ses homards. Une prouesse qui vaut bien un poste à Beauvau, non ?

La thèse d’un retour de Dominique Strauss-Kahn dans les plus hautes sphères de l’Etat commence également à creuser son sillon. Sa tribune libérale dans la revue Politique Internationale s’est muée en bréviaire aux yeux des lieutenants d’Emmanuel Macron. L’ancien directeur général du FMI se serait ainsi, selon Le Figaro, « entretenu avec plusieurs ténors du parti », Bruno Le Maire en tête, pour piloter le navire France et le mener vers des horizons économiques prospères. Et Dieu sait que DSK est doué pour manier un gouvernail et tenir la barre. Notre commandant Cousteau en ère post-Covid semble tout trouvé.

L’aiguisée guillotine de Macron

Les turbulences vécues par l’avion France auront causé quelques dommages durables. Dans le cockpit, Bruno Le Maire et Olivier Véran devraient conserver leur rond de serviette. En classe économique, des strapontins semblent se libérer. Jean-Michel Blanquer apparaît plus que jamais sur siège éjectable. Le ministre de l’Education Nationale subit un authentique camouflet depuis deux jours. Un sondage paru dans Le Figaro indique que près de deux tiers des parents refuseraient de renvoyer leurs enfants en classe le 11 mai. Pilier de la macronie au début du mandat, le soldat Blanquer boit désormais le calice jusqu’à la lie.

Le novice en politique cumule les bévues depuis le début de l’épidémie, entre tergiversations et voltefaces successives. Libération estime que ses prises de paroles ont été contredites (par lui-même ou un membre du gouvernement) près de 18 fois depuis le début de confinement. Voici une astuce pour anticiper la suite des événements liés au Covid-19 en France : écouter Jean-Michel Blanquer, et se dire que l’inverse se produira.

La démission du Premier ministre Edouard Philippe, fugacement évoquée par la presse, semble également augurer d’un dénouement prochain pour le candidat à la mairie du Havre. Ses jours semblent désormais comptés. Et si Manuel Valls n’avait sciemment pas remballé tous ses cartons à Matignon fin 2016 ?

Website | + posts

Etudiant en journalisme à l'ISCPA, je suis à la recherche d'un stage de trois mois au sein d'une rédaction de presse française ou espagnole.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici