@ Wikipédia

Le Covid-19 est le septième membre d’une génération de virus. Retracer l’histoire familiale pour mieux appréhender l’horizon. 

L’humanité cohabite avec la famille des coronaviridae depuis le XXème siècle. Leur particularité est d’entraîner des formes de rhumes bénins ou de générer de graves épidémies. Durant les années 1960, à la suite d’un impact économique éminent, lié à la santé des ouvriers, la science a étudié en profondeur cette infection. Il s’est avéré que les rhinovirus sont la principale famille responsable des rhumes (50%), la deuxième, les coronavirus (30%), et la troisième concerne d’autres virus moins fréquents (20%).Au départ, cette famille de virus était particulièrement connue pour infecter les animaux, comme les chats, avec la péritonite infectieuse féline (PIF), ou la volaille, avec le virus de la bronchite infectieuse aviaire (IBV). Damien Goutte-Gattat, biologiste à Barts Cancer Institute à Londres, rattaché à la Queen Mary University of London, l’atteste : « Jusqu’au XXème siècle nous ne connaissions que deux coronavirus affectant l’humain. » 

En 2002, la recherche s’est accélérée par l’arrivée du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) : « Les deux coronavirus ne provoquaient que de simples rhumes. Le SRAS, apparu en Chine, est donc le troisième parmi cette famille affectant l’homme, mais sous une forme grave. » Cette maladie respiratoire contagieuse, identifiée au Viêt Nam en février 2003, par le médecin épidémiologiste Carlo Urbani, est responsable de milliers de morts. Son taux de mortalité s’élève à 10%, c’est-à-dire qu’un patient sur 10 développe une forme fatale. La seconde génération apparaît en 2012 dans la péninsule arabique. « Le MERS est le plus dangereux de tous, même parmi les autres virus, avec un taux de mortalité de 36%. » Le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), s’est essentiellement propagé en Arabie-Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, au Qatar, et à Toronto, au Canada. 

« Le SRAS est parti en 2003 avec le dernier patient contaminé. Mais il y a encore des cas de MERS partout dans le monde, c’est devenu un virus endémique. » Le biologiste évoque la probabilité que le virus du MERS soit présent dans un réservoir plus vaste d’animaux, facilitant le contact de l’animal à l’homme, provoquant la contamination. Le SRAS quant à lui, a muté d’un animal à un autre, avant de contaminer l’Homme : « Les difficultés à combattre le virus actuel (Covid-19) est que le patient peut contaminer d’autres personnes sans même avoir présenté des symptômes, ce qui rend la lutte beaucoup plus difficile. » Pour le moment, le Sars-Cov-2, responsable de l’épidémie actuelle, serait de l’ordre de 1% « mais nous ne pouvons pas vraiment avoir de chiffres clairs, déclare-t-il. Le calcul s’effectue par le nombre de personnes contaminées, divisé par le nombre de morts, le problème c’est que chaque pays a sa propre façon de tenir ses comptes. »

Gestion politique dissemblable

Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS, médecin et philosophe, l’explique : « Le SRAS et le MERS sont des exemples de pandémies manquées. Aujourd’hui nous faisons face à une pandémie qui en est vraiment une. » Elle expose les outils « traditionnels » utilisés pour les deux précédentes épidémies : la coordination internationale des informations, l’échange, et la circulation des prélèvements afin d’identifier les nouveaux agents et sa séquence, qui serviront à l’essai de vaccins. « En 2003, avec la propagation du SRAS, l’OMS a déclaré l’urgence internationale, mais pas une pandémie », poursuit-elle. Elle insiste sur des conjectures politiques et socio-économiques totalement différentes, à l’égard de chaque épidémie : « Nous adaptons des mesures par rapport aux caractéristiques du virus. »

De l’autre côté, les chercheurs en médecine recherchent des solutions à terme pour endiguer au maximum le Covid-19. « Beaucoup de virus ne provoquent chez le patient qu’une seule infection, mais pour celui-ci, nous ne le savons pas. Nous ne savons pas non plus s’il est capable de provoquer une immunité persistante », affirme Damien Goutte-Gattat. Maîtriser le coronavirus, méconnu il y a encore deux mois, s’avère être le plus grand défi à relever pour les scientifiques, depuis l’épidémie du VIH. 

+ posts

Diplômée d’un DUT information-communication, je poursuis mes études en deuxième année de journalisme.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici