Les éboueurs sont enfin reconnus à leur juste valeur / Jean Michel Segaud / Flickr

Obligés de travailler pendant cette crise sanitaire, les éboueurs ne sont pas invincibles face à la maladie. Mais malgré la pandémie, ils continuent à contribuer à la propreté de nos rues.

Les éboueurs font partie de ceux que le gouvernement appelle la deuxième ligne, tous ceux qui ne sont pas soignants mais continuent d’exercer un métier d’intérêt public. Ils sont également exposés aux risques de contamination. Ces métiers peu reconnus jusqu’alors, voire méprisés parfois, ont aujourd’hui la lumière qu’ils méritent. L’occasion est donnée d’expliquer comment les différents types de déchets sont triés. 

La standardiste du centre de tri de Champagne-sur-Oise dans le nord du Val d’Oise, affirme que « les centres de tri et déchèteries sont fermées au public et réservées à la collecte des ordures ménagères. Le tri sélectif va reprendre début mai à Champagne-sur-Oise. » 

Dans le département de l’Oise, le tri sélectif continue mais les déchèteries sont également réservées aux éboueurs. C’est ce qu’affirme Alain*. A 34 ans, il est éboueur dans le sud de l’Oise et travaille pour la société privée Pizzorno Environnement, qui œuvre au sein de la communauté de communes des Sablons. Il explique le fonctionnement pour chaque type de déchet : « On dépose les encombrants à la déchèterie de Bornel. Les déchets recyclables sont amenés dans le centre de tri de Saint-Leu-d’Esserent. Les ordures ménagères sont mises dans des conteneurs et envoyées à l’incinération à Villers-Saint-Paul. Le verre est trié à Rochy-Condé et les déchets verts sont déposés à même le sol à Villeneuve-les-Sablons. Ils servent à faire du compost. »

Leur quotidien est plus chargé qu’avant : « On a beaucoup plus de travail. La quantité de déchets verts a doublé depuis l’an passé, idem pour les encombrants. Les ordures ménagères sont un peu plus nombreuses mais cela reste raisonnable. On s’adapte, c’est notre métier, on a l’habitude. Je me lève tôt tous les matins, je fais une petite sieste l’après-midi et puis le reste du temps je m’occupe de la maison et de ma famille, la vie quotidienne.»

Pas de masques pendant les trois premières semaines du confinement

Pour ces travailleurs de l’aube, certaines habitudes changent. Il y a évidemment des mesures de sécurité sanitaire qui sont prises : « On doit maintenant porter des masques, depuis seulement deux semaines. Il n’y en avait pas avant. On a également du gel hydroalcoolique dans la cabine. » Tous les éboueurs, ne commencent pas à la même heure, afin d’éviter les attroupements : « J’étais parmi les premiers à commencer ce matin, à 4 heures et demie. Le début de la journée s’effectue habituellement à 5 heures. » Les équipages (le conducteur du camion et les deux personnes qui vident les poubelles) sont les mêmes toute la semaine, afin de limiter le risque de transmission. Avant cette période, les trinômes changeaient plus souvent. 

Toutes ces mesures n’empêchent pas une certaine crainte : « On a peur de tomber malade, comme tout le monde je pense. Quelques éboueurs de notre société ont attrapé le virus. Quand je rentre à la maison, je redoute d’être contagieux pour ma famille. Mon enfant de 7 mois est tombé malade la semaine dernière. A l’hôpital, les soignants craignaient qu’il ait contracté le Covid-19 mais le test était heureusement négatif. »  

La population soutient les acteurs de la deuxième ligne 

Malgré les difficultés, leur métier commence à être reconnu : « Je remercie les gens qui nous soutiennent, qui prennent soin de nous. Auparavant nous étions sous-estimés. Certains nous applaudissent, d’autres nous donnent des boissons, nous laissent des petits mots sur les poubelles aussi. Des enfants nous offrent même des dessins. » 

Ces travailleurs espèrent que cette reconnaissance soit durable une fois le déconfinement entamé : « Quand on embêtera sur la route, les gens qui vont au travail, parce que l’on est en train de collecter les déchets, ils nous klaxonneront un petit peu mais c’est le quotidien. En revanche, on devrait probablement recevoir une prime mais on ne connait ni la date ni le montant. » Ce geste symbolique serait le bienvenu.

*Le prénom a été modifié

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Etudiant en fin de deuxième année à l'ISCPA Paris. Passioné par le football, grand intérêt pour l'histoire et la géographie.

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