Le vélo, solution privilégiée pour le déconfinement. ©flickr

A l’approche du déconfinement, le gouvernement français souhaite développer le concept de mobilité douce. L’idée est de profiter de la forte baisse du trafic automobile en cette période de crise sanitaire pour aménager des pistes cyclables provisoires… et pourquoi pas définitives.

Un déconfinement via l’option de la voiture individuelle amènerait le retour des embouteillages et provoquerait ainsi une catastrophe pour la pollution atmosphérique. Selon des chercheurs de l’université d’Harvard, la pollution aux particules fines augmente la mortalité liée au coronavirus. Pour limiter les risques et le retour à une pollution acharnée, plusieurs villes françaises telles que Paris, Grenoble, Lyon ou encore Montpellier ont opté pour le déplacement à vélo, décrit comme le plus adapté pour l’après-déconfinement.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a lancé depuis quelques années une politique anti voiture ou plutôt pro-vélo. Bien que fortement critiquée, c’est bien cette idée de favoriser la mobilité douce pour un déconfinement progressif qui est aujourd’hui plébiscitée. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, a demandé à Pierre Serne, en sa qualité de président d’association, de « coordonner les collectivités favorables à ce projet. » Il s’agit donc pour l’élu écologiste de favoriser le déplacement à vélo après le 11 mai, date de lancement du déconfinement. L’idée est de temporairement aménager les chaussées réservées aux voitures et aux motos afin de permettre aux cyclistes un déplacement à la fois sécurisé et agréable.

Concrètement, le centre d’études Cerema suggère de « réduire le nombre de voies motorisées », de quatre à deux par exemple, d’ « élargir les aménagements cyclables existants » et de « modifier le plan de circulation. » Le président du « Club des villes cyclables » a tenu à préciser que « ce n’est pas une mission officielle » qui lui a été confiée. L’objectif est de développer des pistes cyclables temporaires et d’anticiper les différents décrets qui pourront être nécessaires le temps venu. Il est primordial de « vérifier qu’il n’y a pas d’obstacles administratifs qui empêchent de réaliser ce projet » pour « être prêts lors de la reprise des activités et l’arrivée possible de cyclistes supplémentaires. » L’écologiste est convaincu que c’est un « mode de déplacement particulièrement adapté à la situation », car « à vélo, on a une forme de distanciation sociale. »

Il s’agit de répondre à une appréhension conséquente et compréhensive à la reprise des transports en commun : « Les gens vont avoir psychologiquement du mal à s’agglutiner dans les trams, bus ou métros » estime Pierre Serne.

« Le vélo peut être une des solutions de sortie de crise »

A Lyon, le président de la métropole David Kimelfeld, souhaite développer « de nouveaux espaces piétons et de nouvelles pistes cyclables » avec des « modulations possibles en fonction des horaires. » Son homologue francilienne, Valérie Pécresse, voyant arriver le printemps et sa météo favorable, a quant à elle pour ambition « de passer de 400 000 à 800 000 » personnes à vélo par jour en Ile-de-France. Pour ce faire, le collectif d’associations « RER-vélo » a imaginé neuf lignes cyclables, certaines permettant de rouler jusqu’à Mantes-la-Jolie ou Melun. La présidente de la région rappelle : « Nous ne sommes qu’au stade des expertises. »

Pour Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), l’idée est absolument remarquable mais soulève deux points essentiels. Il estime qu’ « il faut vraiment sécuriser les infrastructures, et installer ces pistes cyclables provisoires à grande échelle, sur des axes entiers, et les accompagner de parkings à vélo provisoires. »

Mais « tout le monde n’a pas de vélo » diront les opposants au projet. C’est pourquoi de nombreuses associations, comme la FUB, récupèrent d’ores et déjà les vélos non utilisés des particuliers. Ces vélos, stockés dans les caves et autres greniers sont réparés et mis à disposition du personnel hospitalier. C’est pourquoi Olivier Schneider souhaite « la mise en place d’un chèque de 100 euros pour financer la remise en état de vélos. » Autrement, il existe des primes pour l’achat d’un vélo électrique ou autre vélo cargo, en espérant que les producteurs et fabricants anticiperont également la demande afin d’éviter une pénurie.

Si la solution devient massive, cet aspect temporaire pourrait perdurer « dans certains cas ». Si ces infrastructures éphémères rencontrent le succès et l’adhésion, elles pourraient ultérieurement devenir durables.

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