Crédit : Jason Goh de Pixabay

Dès le début, Singapour s’est imposée comme un des modèles dans la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19. Mais malgré sa maîtrise de la première vague de coronavirus, la cité-État subit un puissant retour de l’épidémie.

Personne ne vient plus s’aventurer dans les jardins futuristes des Gardens by the Bay abritant les supertree grove, ces immenses arbres métalliques recouverts de végétations, qui aujourd’hui ne s’illuminent plus. 

Face au Covid-19, Singapour a su très vite réagir. Si bien que dans la cité-État de 6 millions d’habitants, seulement 9125 de Covid-19 ont pour le moment été enregistrés, et 11 décès. Si le pays a ainsi pu contenir la propagation de la maladie, c’est grâce à une politique sanitaire stricte et autoritaire, bien respectée par une population disciplinée. Jo’di vit à Singapour depuis toujours. La jeune femme suit avec attention les instructions données par les autorités en qui, elle a une confiance absolue. « Le gouvernement fait un excellent travail depuis le début (…) je me connecte régulièrement sur leur site web, et je regarde les chaînes d’information, car je sais que ces sources sont fiables », estime-t-elle. 

En plus de sa communication et de ses excellentes infrastructures médicales, la cité-Etat s’appuie aussi sur un système de traçage pour enrayer l’épidémie. TraceTogether est l’une des mesures phares du gouvernement. Cette application, lancée par le gouvernement le 20 mars dernier, permet de reconstituer la chaîne de transmission du virus. Jo’di semble en accord avec ce système et répète, à l’image d’une bonne élève, les directives données sur le site du ministère de la Santé singapourien. En somme, dans la rue ou au travail, le bluetooth d’un téléphone repère les autres appareils qui utilisent la même application, à moins de deux mètres. Si deux smartphones restent en contact pendant au moins une demi-heure, l’application enregistre toutes ces données, et les garde pendant 21 jours. Si une personne tombe malade, tous les appareils qui ont été connectés reçoivent un SMS pour alerter et demander aux inconnus qui se sont croisés de se mettre en quarantaine et d’effectuer un test. Selon Franceinfo, plus d’un million de personnes auraient téléchargé l’application. Mais dans une ville ultra connectée comme Singapour, c’est encore trop peu pour être réellement efficace. 

Singapour submergée

Singapour avait réussi le pari de contenir le virus sans entraver son économie ni ses activités, grâce au dépistage massif, au traçage et à l’isolement des malades. Malgré tout, elle fait face à une deuxième vague de contamination depuis le début du mois d’avril, l’obligeant a déclarer le confinement de la population (Circuit Breaker).

« Les rues sont calmes », estime Jo’di. Depuis deux semaines maintenant, la cité-Etat a mis en place un confinement généralisé. Des mesures qui vont être prolongées jusqu’à début juin selon les dernières déclarations du Premier ministre singapourien, Lee Hsien Loong. Malgré tout, pour Jo’di qui travaille désormais chez elle, « c’est une période très intéressante pour tout le monde ». Positive, l’idée pour elle, est de « s’adapter à la situation actuelle et en tirer le meilleur parti ».

Tout ou presque est fermé (musées, écoles, casinos, hôtels, lieux de culte etc.), hormis les commerces de première nécessité. Les rassemblements sont interdits, les déplacements sont strictement limités et le port du masque, obligatoire pour toute sortie. La distanciation sociale, d’un mètre maximum est aussi très rigoureusement contrôlée. Depuis fin mars, le non-respect d’une de ces règles est puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 000 $ singapourien et 6 mois d’emprisonnement.

La capitale a aussi mis en place une large campagne de dépistage afin de détecter les principaux foyers de contamination. Beaucoup ont déjà été testé (une personne sur 77 en moyenne selon Franceinfo). Dès qu’un malade est identifié, il est conduit à l’hôpital ou dans un des centres de quarantaine, afin de ne pas contaminer ses proches. Grâce à ça, une vingtaine de foyers ont déjà été recensés. Un concert, un centre commercial … Et surtout les dortoirs où s’entassent des dizaines de milliers de travailleurs immigrés. Le nombre de nouveaux cas a en effet explosé dans le pays depuis que des tests ont été effectués dans ces foyers insalubres. Singapour compte environ 200.000 ouvriers étrangers, pour beaucoup Bangladais, travaillant pour la plupart à la construction des nombreuses tours de la capitale. Le Premier ministre singapourien a annoncé que davantage de moyens, notamment médicaux, vont être déployés pour les migrants. Ces derniers ont pour le moment été déplacés vers d’autres logements afin d’éviter une propagation plus grande.

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