Au Royaume-Uni, comme partout dans le monde, le nombre de personnes contaminées par le covid-19 progresse fortement, ce qui rend l’accès aux soins difficile. Le débat sur le système médical britannique est relancé à la vue des hôpitaux impuissants. 

Le réseau public britannique, National Health Service (NHS), prend forme en 1948. Similaire à celui de la France, il donne l’accès aux soins gratuitement à tous les Britanniques. L’Angleterre a d’ailleurs été le premier pays au monde à proposer ce service ouvert à tous. 

En 1979, Margaret Thatcher, alors Premier ministre du parti conservateur, considère que le service national est mal géré avec un grand manque d’organisation. Son objectif est de réduire les dépenses publiques pour augmenter les financements dans le privé. Cette solution est propre au « tchatcherisme », une doctrine libérale qui veut mettre en avant la concurrence entre le service public soi-disant trop cher, et les entreprises privées plus compétitives. 

Des soins hors de prix pour la population 

Depuis longtemps, Le NHS est confronté à de graves problèmes budgétaires. La population vieillit et les traitements seront, dans le futur, deux fois supérieur au prix actuel. Un problème qui fait débat en Angleterre, surtout auprès des classes moyennes, qui ne peuvent pas payer les soins pour certaines pathologies, qui peuvent monter jusqu’à plusieurs milliers de livres. Par exemple, il faut compter 5370£ pour une ablation de la thyroïde, soit exactement 6115€ pour un total de 5 jours d’hospitalisation. Le coût du traitement d’une maladie plus grave comme le cancer s’élève a 70 000£ pour une seule année.

Pour Aurélien Antoine, chercheur et spécialiste des droits publics britanniques à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne, « L’accès aux soins est très difficile, l’attente au niveau des traitements peut être tellement longue que certaines personnes voient la mort arriver sans pouvoir agir. » Pour le spécialiste, le gouvernement récent « n’a pas eu le temps de se préparer à cette pandémie, les stocks de matériels médicaux n’ont pas été mis à jour, ce qui a entraîné une réaction tardive du gouvernement ». L’Angleterre, comme la majorité des pays européens, ne dispose pas d’assez de matériels et sollicite des entreprises pour pallier cette défaillance. A l’image de la célèbre marque d’électroménager Dyson, qui a fabriqué des respirateurs a la demande du gouvernement pour les services de réanimation. 

La population anglaise manifestant pour le NHS dans les rues de Londres en 2018. Crédit:Flickr

D’autres problèmes comme le manque de places alertent la population. Une salle de conférence à Londres a été réquisitionnée pour 5000 personnes, que les hôpitaux londoniens ne pouvaient accueillir par manque de places. Face au covid-19, certains patients sont obligés de patienter des heures dans les ambulances. Dans certains cas, des opérations chirurgicales sont même annulées à la dernière minute. Le temps d’attente est souvent long, le média anglais The Guardian évoque « une situation catastrophique » pour le NHS, qui essaye de s’en sortir tant bien que mal. Les patients subissent le manque de fonds et de moyens, qui dépasse les services de santé publics. 

« Je ferai tout ce qu’il faut » la promesse de Boris Johnson

La Grande-Bretagne vit une situation sanitaire critique qui empire dans le pays, ou même les personnalités politiques sont touchées. Boris Johnson, le Premier ministre britannique à lui-même était contaminé par le covid-19. Son état de santé étant stable à l’heure actuelle, le chef du gouvernement assure que désormais, il donnera « tout ce qu’il faudra » au NHS pour favoriser l’accès aux soins pour toute la population. Une correspondante de RTL au Royaume-Uni, Marie Billon l’affirme : « au moment où le Premier ministre est tombé malade, toute la population était derrière lui. Depuis son retour, les idées sont plus claires et la population commence à critiquer sa gestion ». Aussi, les Anglais soutiennent le NHS « ils ont un amour sans failles pour le NHS, c’est comme une religion là-bas, les médecins sont des anges ». Un amour qui s’illustre tous les jeudis à 20h, par des applaudissements, avec en prime, des dessins d’arcs-en-ciel affichés aux fenêtres en hommage à tous le personnel soignant. 

Mais parallèlement, la colère s’accentue : les promesses de Boris Johnson ne sont tenues qu’à moitié comme le démontre la commande de 84 tonnes de matériel de protection en provenance de Turquie. La BBC a annoncé que la cargaison n’était pas encore partie, laissant la population perplexe. Le pays totalise 14 829 décès, avec 429 morts ces dernières 24 heures, soit la plus faible augmentation depuis le début de l’épidémie. Une nouvelle encourageante pour les Britanniques, toujours en quête d’un vaccin. Le laboratoire de la société Hvivo dans l’est de Londres, cherche des personnes volontaires pour faire avancer la science avec une récompense à la clé de 3500£, soit 400€. Dans l’attente d’avoir la confirmation de la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency, le nombre de contaminés augmente avec 124 743 cas confirmés. Le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint, l’appréhension est donc bien réelle au sein du pays. 

Autre source de tensions : les autorités auraient trop tardé à prendre les mesures nécessaires pour faire face à cette crise sanitaire. Une situation qui portera préjudice à la popularité gouvernement conservateur.

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Je suis une étudiante en journalisme à l'ISCPA dans le Xéme arrondissement de Paris. Je suis particulièrement intéressée par: le cinéma, et le théâtre ainsi que le football.

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