Les étudiants doivent désormais suivre les cours à distance / StartupStockPhotos / Pixabay

Depuis le mois de mars, les étudiants sont confinés et voient leur organisation modifiée. Ceux en Erasmus ne font pas exception et rencontrent d’autres difficultés.

Depuis le 17 mars 2020, date de début du confinement en France, le ministère des Affaires étrangères recommande aux étudiants partis via le système Erasmus+ d’organiser leur retour dans l’Hexagone. Jarlath Dillon est le directeur du service international du groupe IGS, qui regroupe plusieurs écoles d’enseignement supérieur, à Paris, Lyon et Toulouse. « Nous avons des étudiants en semestre ou bien en stage à l’étranger, notamment via le programme Erasmus+. En tout, 400 étudiants du groupe étaient à l’étranger avant le début du confinement. Pour les étudiants en semestre classique et stage, il y en a encore une cinquantaine qui ont décidé de rester sur place », explique-t-il.

Tous sont censés suivre leurs cours habituels, mais à distance. Cela peut amener quelques changements sur la forme. Les programmes sont généralement respectés. Pour les étudiants, les cours se passent souvent sur Microsoft teams ou Zoom. Arnout, 20 ans, veut devenir enseignant. Il étudie habituellement à l’université Artevelde de Gand en Belgique. Il était en train d’effectuer un semestre en Norvège depuis janvier, à l’université de Stavanger et a dû rentrer chez lui en mars. Il continue de suivre les cours, à distance : « Habituellement, on décide de diviser les élèves en plusieurs groupes, de sorte à ce qu’il n’y ait pas trop d’élèves qui participent à une leçon en ligne, et qu’il soit possible d’interagir. Exceptionnellement, pour les leçons qui nécessitent moins d’interaction, tous les élèves participent à la même réunion. » Les écoles doivent aussi adapter la manière d’évaluer les apprenants :« Normalement, j’avais deux examens oraux à l’université et trois essais écrits. Les oraux ont été annulés et remplacés par des essais écrits qui sont à mon sens une bonne alternative. Ils comprennent le même contenu d’apprentissage », conclut-il.

Comment continuer à payer son logement ?

Les étudiants peuvent rencontrer des conflits. Les propriétaires de logements veulent que le contrat soit respecté. Si l’étudiant s’est engagé à payer pour toute la durée de son semestre, ils ne veulent pas être privés de leurs ressources prévues lors de la remise des clés et de l’arrivée de l’étudiant dans son logement. Arnout précise avoir payé son logement jusqu’à fin mars et s’inquiète d’un éventuel conflit avec son propriétaire.

La bourse d’Erasmus n’est pas suffisante pour le logement et toutes les dépenses nécessaires à l’étranger. Elle est d’environ 200 à 450 euros par mois selon le pays de destination. Environ 80% du montant est versé à l’arrivée et 20% au retour. En cas d’interruption du séjour, en situation normale il y a deux cas de figure explique Jarlath Dillon : « Si l’étudiant est resté moins de deux mois, il doit rembourser l’intégralité de ses frais. Après au moins deux mois passés sur place, l’étudiant a le droit à une bourse proportionnelle au temps passé à l’étranger. »

Mais actuellement en situation de crise, la commission européenne a invoqué une clause de force majeure pour le programme Erasmus+. Le site internet du programme dit des étudiants de retour dans leur pays qu’ils peuvent conserver leur bourse sous conditions : « Si vous êtes de retour dans votre pays mais a) vous avez encore des dépenses directement et exclusivement liées à votre séjour dans le pays de destination, comme le loyer et l’électricité et/ou b) vous participez à un apprentissage virtuel, vous pouvez conserver votre bourse. » Cela ne règle pas le conflit mais permet aux étudiants de continuer à payer en partie leur logement.

Malgré les difficultés, Arnout garde un bon souvenir de cette aventure humaine écourtée : « Je suis très reconnaissant pour les mois que j’ai pu passer en Norvège. Ce fut une aventure inoubliable. J’ai beaucoup appris, non seulement à travers les leçons, mais aussi à travers des rencontres avec d’autres personnes de nationalités différentes. Je regarde en arrière avec un sentiment très positif. »

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Etudiant en fin de deuxième année à l'ISCPA Paris. Passioné par le football, grand intérêt pour l'histoire et la géographie.

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