Une fête privée ©Maurício Mascaro

Malgré des mesures de confinement strictes dans la majorité des pays, certaines personnes organisent des événements festifs illégaux. Ces rassemblements permettent au virus de circuler plus rapidement et mettent en danger la population.

Le confinement n’est pas au goût de tout le monde. Dans plusieurs pays européens, des fêtes illégales se sont déroulées, faisant fi des mesures sanitaires. Ces événements rassemblant parfois plusieurs centaines de participants, possèdent même un nom en Belgique : les « lockdown parties ». Il s’agit cependant d’événements isolés en France.

En Belgique, le terme « lockdown party » est d’abord apparu sur les réseaux sociaux. Il désignait des fêtes organisées dans des bars dont le but était de terminer les fûts avant le début du confinement. Mais ces fêtes, aussi dénommées « Corona Parties », ont continué d’apparaître sur la toile. La plupart se déroulent chez des particuliers ou dans des lieux secrets afin d’éviter l’intervention des forces de l’ordre. Le phénomène a pris tellement d’ampleur, que la ministre des Affaires Sociales et de la Santé Publique, Maggie de Block, a urgé ses citoyens à prendre des mesures : « Certains organisent encore des soirées lockdown et autres. Ce n’est vraiment pas le but. Nous faisons un effort énorme pour protéger les personnes vulnérables et les personnes âgées. Chacun doit maintenant prendre ses responsabilités pour limiter la propagation du coronavirus », écrit-elle sur Twitter le 14 mars.

Selon Benoît Ramacker, le porte-parole du Centre de crise en Belgique, « Il y a de moins en moins de fêtes illégales, privées, qui sont organisées ou en tout cas constatées », a-t-il rapporté à la presse deux semaines plus tard. L’annonce n’a néanmoins pas été respectée à la lettre par tous les citoyens. Lundi 15 avril, des policiers de la ville de Turnhout, située dans la partie flamande de la Belgique, ont stoppé l’un de ces événements. Alertés par les voisins, les policiers ont découvert une fête relativement calme. Après avoir obtenu la permission d’entrer dans l’appartement, les policiers ont découvert trois jeunes cachés dans une armoire et un quatrième sur la terrasse. Selon le média HLN qui rapporte l’histoire, les fêtards ont reçu une amende de 250 euros chacun.

À Manchester, au Royaume-Uni, la police a recensé plus de 660 fêtes illégales entre le 27 mars, la date de début du confinement, et le 7 avril. Ces fêtes correspondent à plus de la moitié de toutes les interpellations concernant le coronavirus sur cette période. Les autorités mancuniennes ont donc qualifié ces comportements de « totalement inacceptables » et comme « mettant la santé des habitants à risque, notamment celle des plus fragiles. »

La grande majorité de ces rassemblements se sont déroulés dans des appartements, mais les policiers ont constaté des fêtes avec « des DJs, des feux d’artifices ou encore des châteaux gonflables », rapporte la BBC. Le chef de la police a voulu rappeler à la population : « Nous comprenons que les gens aient envie de passer du temps avec leur famille et leurs amis, mais il est vital que nous suivions les directives du gouvernement. »

Les rassemblements illégaux en France 

A Saint-Nazaire, une gigantesque fête a eu lieu sur le navire de croisière « Celebrity Apex ». Le 21 mars, une vidéo montrant des centaines de personnes sur la piste de danse du bateau avait alerté les journalistes. Sur ce navire, 1400 membres de l’équipage étaient en quarantaine, attendant l’autorisation de pouvoir repartir du port. La fête s’est déroulée sans anicroches mais une semaine plus tard, 29 cas de Covid-19 ont été signalés parmi l’équipage. Le directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Loire-Atlantique a adressé quelques mots amers aux fêtards : « Quand on ne fait pas attention aux mesures barrières et aux mesures de confinement, voilà ce qui peut arriver », s’est-il exprimé aux journalistes de Ouest-France.

Dans le Gard, un homme arrêté préalablement pour des violences conjugales va aussi être jugé pour avoir organisé des fêtes illégales. Interpellé le 8 avril, l’homme cachait une boîte de nuit illégale composée de 4 salles sur 140m2. Il possédait 19 000 euros de matériel d’équipement qui a été saisi par les forces de l’ordre, rapporte un article de Midi Libre. Lors de la perquisition, les policiers ont trouvé des preuves attestant que l’homme de 37 ans a organisé plusieurs fêtes durant la période de confinement.

La palme des rassemblements illégaux revient néanmoins à un prêtre parisien. L’homme de Dieu a tenu une cérémonie dans l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le 5ème arrondissement de Paris, malgré les interdictions de rassemblement. La messe qui s’est déroulée dans la nuit du 11 au 12 avril comprenait 22 personnes, soit 12 de plus que la messe de Notre-Dame-de-Paris. Des voisins ont appelé la police afin de signaler qu’ils entendaient de la musique d’orgue et qu’ils apercevaient des lumières dans l’église située dans le centre de la capitale. Le prêtre n’a pas été verbalisé mais les participants, des hommes d’Église, pour la plupart, ont écopé d’une amende de 135 euros.

Pour l’instant, il est impossible de mesurer l’impact que ces rassemblements ont eu sur le nombre total de contaminations. Afin de dissuader les sorties non obligatoires et les débordements, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, a annoncé que la récidive pour non-respect du confinement peut coûter désormais jusqu’à 450 euros.

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