Source: academiedumondedapres.org

Tribunes publiques, appels aux dons… les organisations non gouvernementales internationales se mobilisent dans la lutte contre le coronavirus. Plusieurs d’entre elles ont, en amont de leurs actions, organisé un festival virtuel et une consultation citoyenne pour « inventer le monde d’après ».

Laisser les citoyens construire « le monde d’après » ?  C’est le pari fait par La Croix-Rouge française et le WWF France en partenariat avec Make.org, le Groupe SOS, ou encore Unis-Cité. Partant du constat que la crise du covid-19 révèle « les limites de nos différents modèles de pensée et du fonctionnement de toutes nos sociétés », les différents partenaires ont mis en ligne une consultation citoyenne et un festival virtuel. 

Sur le site de make.org, Emerson, 42 ans, propose de « rendre les élections obligatoires et ne pas valider les scrutins dont le taux de participation ne serait pas suffisant ». Danielle, elle, aimerait voir se mettre en place une agriculture « paysanne, locale, naturelle. Et relocaliser les productions utiles et nécessaires ». Depuis le 11 avril, 5 000 propositions ont ainsi déjà été faites depuis la plateforme. Évaluées par près de 100 000 votes, les idées des citoyens peuvent être jugées comme « réalistes », « banales », ou carrément « infaisables ». 

Une des membres organisatrice de l’initiative explique que tous les citoyens peuvent participer à la consultation « jusqu’à la fin du mois de mai, où les réponses seront publiées dans un rapport à l’intention des pouvoirs publics. »

Constatant l’inaction des pouvoirs publics, les partenaires ont voulu que les débats sur « le monde d’après » impliquent la participation des citoyens. Nicolas Jacquemard, chargé de communication chez Unis-Cité France, considère ainsi que « la crise à laquelle nous faisons face pourrait être un nouveau signal de l’urgence à changer nos modèles de société ». 

Source: inventonslemondedapres.org. Un festival virtuel ainsi qu’une consultation citoyenne ont été mis en place par les acteurs de l’initiative « Inventons le monde d’après, dans le but d’éviter un « retour à l’anormal ».

Un signal entendu par les 35 000 personnes qui ont déjà participé à la consultation citoyenne en ligne. Nicolas explique qu’Unis-Cité a souhaité s’associer à cette démarche afin de pouvoir « donner la parole à la jeunesse dans cette période : construire le monde d’après n’aurait en effet pas de sens sans la prise en compte des idées et opinions des jeunes ». Ils sont 5 000 à être engagés en service civique auprès de l’organisation. 

« Porter la voix de la société civile »

Les organisateurs de l’événement espèrent en ce sens que la présence de grands noms du monde associatif, comme la WWF ou La Croix-Rouge, permettront « aux propositions d’être mieux entendues ».

Pour Nicolas, l’implication des ONG dans la construction du « monde d’après » permet surtout de « porter la voix de la société civile, chacune dans des domaines qui leur sont propres ». Chez Unis-Cité, c’est la « diversité de profils, et notamment de jeunes peu diplômés ou issus de quartiers ‘politique de la ville’ », qui permet de « renforcer encore davantage la diversité des acteurs mobilisés dans cette coalition ».

Axel Dauchez est le CEO de make.org, sorte de plateforme de lobbying citoyen qui permet aujourd’hui à tous de proposer ses idées pour améliorer la société de l’après covid-19. Régulièrement en contact avec les associations et ONG, il a été approché pour apporter l’expertise de Make à cette initiative non gouvernementale. « C’est vraiment une logique de coalition », explique Axel, et les ONG permettent «  la mobilisation de leurs communautés, et l’émergence de consensus dans la consultation pour identifier des initiatives pertinentes ». De nombreuses ONG doivent d’ailleurs rejoindre les rangs de l’Académie, renforçant la portée de son action.

Pour Axel, la crise du coronavirus a  « déclenché une envie de mettre notre temps à profit pour avoir un coup d’avance sur le monde d’après ». Alors que la société a vécu une épreuve collective, il considère qu’il est « important de laisser un espace où les gens peuvent s’exprimer, dans une logique multi-individuelle ». Ils peuvent désormais le faire sur Make. Leurs propositions seront ensuite analysées par un algorithme mesurant les « taux d’engagement et d’adhésion des réponses pour permettre à des sociologues de reconstruire les propositions en idées cohérentes ». Un système pointu qui permettra à « l’Académie du monde d’après » de proposer une poignée de propositions au gouvernement.

« L’Académie du monde d’après » est allée plus loin dans son action en organisant, les 11 et 12 avril derniers, un festival virtuel réunissant acteurs civils et personnalités publiques comme Marion Cotillard, Yann Arthus Bertrand, ou l’astrophysicien Aurélien Barrau. 300 000 personnes ont suivi ces échanges sur les réseaux sociaux. Au terme de 16 heures de discussion, un  bon nombre de propositions ont été recueillies. A tel point que le collectif a décidé de maintenir l’organisation de ces échanges jusqu’à la fin du confinement. 

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Étudiante en journalisme à l'ISCPA, je m'intéresse particulièrement aux affaires politiques et internationales. Je suis active sur Twitter (@AngelaLebreton) et LinkedIn (Angela Lebreton).

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