Crédit: Stanbalik de Pixabay

Les surfeurs ont déserté les longues plages de Sydney. La ville australienne est désormais calme et l’été commence à faner. Bien que la propagation du coronavirus alerte les autorités, un confinement partiel est mis en place pour que l’économie perdure.

Plus aucun chant ne résonne dans l’opéra de Sydney. Alors que la ville sommeille en raison de la pandémie mondiale, l’emblématique monument australien perpétue une vieille superstition en laissant une veilleuse allumée sur scène, pour éloigner les fantômes supposés hanter les lieux. Des esprits susceptibles désormais d’errer dans les rues désertes de la ville australienne. 

« Le centre-ville est mort, il n’y a personne (…) on était à Circular Quay, à côté de l’opéra, on était seul », raconte Etienne. Cet expatrié français vit à Sydney avec Léni depuis maintenant trois ans. Malgré le confinement mis en place depuis un mois maintenant,  ils ne se sentent « pas prisonniers ».

Depuis mi-mars, des mesures ont été progressivement mises en place par les autorités australiennes afin de limiter la propagation du coronavirus. Des précautions peu contraignantes dans un premier temps. La plage mythique de Bondi Beach est par exemple devenue le symbole de la timide lutte qu’a d’abord menée l’Australie. Elle a dû être fermée d’urgence le 21 mars dernier, car prise d’assaut par les Sydneysiders, peu soucieux des mesures de distanciation.

Etienne et Léni expliquent :« Comme on est beaucoup moins touchés, les règles sont moins strictes. » Si le taux de propagation est encore faible, les autorités ont constaté son accélération, notamment en Nouvelle-Galles du Sud, où l’on recense plus d’un tiers des cas. Le gouvernement a préféré durcir les règles, annonçant la fermeture de tous les commerces non essentiels, instaurant des mesures strictes de distanciation, interdisant tous les rassemblements de plus de deux personnes. Désormais, les Australiens sont invités à rester chez eux sauf pour des besoins médicaux, aller faire ses courses, faire du sport ou aller travailler.

Les Australiens mènent toutefois une vie presque normale puisque le Premier ministre refuse de les contraindre à vivre différemment. Pas de confinement strict : « Si nos déplacements doivent être essentiels, on peut sortir de chez nous, et sans attestation », affirme Léni.

« L’économie de l’Australie est très impacté »

« L’année 2020 est catastrophique pour l’Australie, car elle vit du tourisme (…) le mois de janvier, on a eu les incendies, en février, on a eu les inondations, et là, le coronavirus », déplore Etienne. Les bushfires ont en effet fait perdre au pays des milliards de dollars à l’industrie du tourisme, puisque 10 à 20 % de visiteurs étrangers ont annulé leur voyage. Or, « l’Australie vit en grande partie du tourisme », rappelle Etienne.

Une situation qui risque de s’aggraver puisque l’île se ferme progressivement. Plus aucun Australien ne peut plus quitter son pays et aucun étranger ne peut y entrer. Sydney refuse désormais l’entrée aux bateaux de croisière provenant de ports étrangers car chaque voyageur représente un risque sanitaire selon les autorités australiennes. Celles-ci redoutent surtout d’être submergées par une seconde vague de contamination. Mi-mars, le gouvernement avait autorisé le débarquement à Sydney des 2 700 passagers du paquebot Ruby Princess, qui à lui seul, est responsable d’un quart des décès liés au coronavirus en Australie. Aujourd’hui, alors que « Sydney est le gros point de passage des paquebots de croisière (…) maintenant, il n’y a plus rien, plus de paquebots », explique Léni. Une mesure de sécurité indispensable donc, mais aux conséquences économiques sévères pour la ville. 

Le Premier ministre souhaite « faire fonctionner l’Australie » coûte que coûte, arguant qu’un « arrêt à court terme de la société n’est recommandé par aucun de nos experts ». Dans cette perspective, il refuse de fermer les écoles, estimant que les répercussions d’une telle mesure seraient « sévères » et coûteraient « des dizaines de milliers d’emplois ». Alors qu’en juin dernier, le taux de chômage était de 2,51 % en Australie, cette année, le gouvernement australien s’attend à un taux avoisinant les 10 % en raison de l’impact économique du Covid-19. Au total, 1,4 million d’habitants risqueraient d’être au chômage en juin. Des perspectives qui ont poussé le gouvernement à débloquer près de 130 milliards de dollars australiens pour aider les entreprises. « C’est le programme JobKeeper, l’idée, c’est : si vous gardez vos employés, vous aurez une aide, si vous les licenciez, vous n’aurez aucune aide », détaille Léni. Plus de 800 000 entreprises ont déjà souscrit à ce programme.

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