Donald Trump, lors de la présentation de son plan de déconfinement, jeudi 16 avril, à la Maison Blanche © MANDEL NGAN / AFP

Donald Trump a annoncé, jeudi 16 avril, la réouverture progressive de l’activité économique des États-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie de covid-19. 

L’annonce du président américain intervient au moment où le bilan provisoire fait état de 33 000 morts aux Etats-Unis.Les impératifs de la lutte contre le Covid-19 passent visiblement à la trappe, devant une activité économique substantielle au pays. Donald Trump a confirmé que certains Etats, comme le Montana ou le Dakota du Nord, pourraient redémarrer leurs activités dès demain.

Le chef d’Etat milliardaire fait en sorte de s’éviter toute polémique sur une réouverture trop hâtive de son pays, en proposant une série de directives. « Nous n’ouvrons pas tout d’un coup, nous rouvrons pas à pas avec prudence », a-t-il déclaré aux journalistes du New York Times. Le président a proposé un projet de réouverture de l’économie bien précis aux gouverneurs des Etats. Libres à eux de décider de les appliquer, en fonction de leur situation sanitaire. 

Ce plan, organisé en trois étapes, s’appuie sur des recommandations scientifiques. Dans une première phase, il prévoit une limitation des déplacements non essentiels et le recours massif au télétravail. Les écoles et bars resteraient fermés, mais certains sites, comme les restaurants, cinémas, clubs sportifs et lieux de culte, seraient autorisés à fonctionner, en respectant des protocoles de distanciation physique stricts. Dans une deuxième phase, les écoles pourraient rouvrir et les Américains devront éviter les rassemblements sociaux de plus de 50 personnes. Quant à la troisième phase, les Etats, ne rencontrant aucune résurgence de contaminations liées au virus, seraient en mesure d’appliquer un retour aux lieux de travail, et aux visites dans les hôpitaux. Toujours en suivant des protocoles de distanciation sociale limités. Parallèlement, les autorités devraient être en mesure de dépister à large échelle les cas de coronavirus.

Un Etat ne devra lancer son déconfinement, seulement lorsqu’il aura constaté une baisse des nouveaux cas, pendant 14 jours consécutifs. Lors d’une conférence téléphonique, avant son annonce de jeudi, Donald Trump a affirmé que certains Etats sont en « très bonne forme », et pourraient rapidement reprendre leurs activités économique et sociale. Selon lui, vingt-neuf Etats pourraient d’ores-et-déjà mettre en application ces instructions. 

Le docteur Anthony Fauci, directeur de l’institut national des allergies et maladies infectieuses et conseiller de Donald Trump,l’a certifié : « Tous les Etats n’appliqueront pas le plan en même temps, c’est impossible à cause de la façon dont l’épidémie évolue. Mais nous sommes confiants que tôt ou tard nous y arriverons. »

Entre les mains des gouverneurs 

Les Etats-Unis réunissent cinquante Etats. Le pays s’établit sur le modèle d’unerépublique fédérale présidentielle et bicamériste. Le congrès est divisé en deux chambres : le Sénat et la Chambre des Représentants. La branche exécutive de chaque Etat est dirigée par un gouverneur. Les pouvoirs non spécifiquement délégués au gouvernement fédéral restent donc aux Etats.

Le gouverneur de l’Etat de Washington, Jay Inslee, a déclaré qu’il était heureux de voir que les directives du président étaient « sans intervention » et n’empiéteraient pas sur les droits des Etats : « Le président a finalement reconnu, je pense, que la prise de décision légitime revient aux Etats et aux bureaux des gouverneurs, républicains et démocrates. »

L’ancien vice-président, Joe Biden, candidat démocrate à la présidentielle de novembre, a manifesté son opposition aux décisions de M. Trump. Il déplore que les phases de réouverture de l’activité économiques soient non exhaustives et ne fournissent pas de directives strictes : « Ce qui important à mettre en œuvre, ce sont des tests de traçage et de traitement, et nous sommes encore loin derrière. » 

Pour Donald Trump, l’objectif de ce plan de recommandation est de relancer l’économie, fragilisée par les 22 millions de chômeurs et par la chute de la production industrielle.« Redémarrer l’Amérique » en temps de crise sanitaire pourrait être à l’origine d’une nouvelle vague de contamination, dans un pays à plus de 328 millions d’habitants. 

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Diplômée d’un DUT information-communication, je poursuis mes études en deuxième année de journalisme.

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