Crédit : Sarah Lötscher de Pixabay

Depuis le 20 mars au Maroc, plus rien ne bouge. A cause de l’épidémie de coronavirus, le pays a fermé ses frontières. Bien que de nombreux touristes soient parvenus à rentrer, des milliers sont encore bloqués, dans l’espoir d’un rapatriement.

Ils sont plusieurs centaines encore bloqués au Maroc. C’est le cas de Denis, toujours à Marrakech. Ce Français tente désespérément de rentrer depuis un mois maintenant : « J’étais en vacances, mais en apprenant la situation, j’ai décidé d’aller à l’aéroport pour avancer mon retour. » Sans succès et depuis, Denis attend des nouvelles du consulat et de l’ambassade : « C’est à se demander si on aura un avion avant la fin du confinement. »

Dès le 14 mars, le Maroc décrète l’état d’urgence sanitaire, pour « préserver la santé et la sécurité de la société », selon le ministère de l’Intérieur. Il a pris effet le 20 mars dernier. Depuis, les Marocains sont contraints de limiter leurs déplacements au maximum et sous conditions : pour aller travailler (si le télétravail est impossible), pour aller faire ses courses ou pour se soigner. Comme en France, une attestation officielle est indispensable. Les écoles, les musées, les gymnases, les restaurants, les lieux de culte et tous les commerces non essentiels ont dû également fermer. Les autorités marocaines souhaitent ainsi garder la pandémie sous contrôle, alors que le pays compte actuellement 2024 cas confirmés de Covid-19 et 127 décès. 

Une fermeture totale des frontières

Dans l’espoir de limiter les contaminations, le Maroc a décidé de fermer ses frontières terrestres avec les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Par ailleurs, l’accès aux ports marocains est fermé à tous les navires de plaisance, de croisière et à passagers.

Toutes les liaisons aériennes ont aussi été suspendues jusqu’à nouvel ordre. Plusieurs milliers de touristes français se sont ainsi retrouvés bloqués, dans l’impossibilité d’acheter ou d’échanger leur billet de retour. Sur les réseaux sociaux, des images montrent l’aéroport de Casablanca ou celui de Marrakech, le premier aéroport du pays, totalement bondés.

Alors que la mesure devait prendre effet immédiatement, les autorités marocaines ont tout de même autorisé quelques vols spéciaux. Plusieurs touristes ont pu revenir en France grâce à l’un des 32 vols opérés par EasyJet quand de son côté, l’agence de voyages Fram a réussi à affréter quatre avions pour rapatrier ses clients : « En fait, tous ceux qui étaient avec des voyagistes, qui avaient fait un package, tous ceux-là ont été rapatriés, parce que nous en sommes responsables », explique Laura, agent de voyage. Des vols providentiels, mais dont les frais reviennent toutefois aux voyageurs comme l’explique Denis qui aurait pu payer « 250€ son billet sur Air France », s’il avait été autorisé à partir.

De nombreux français toujours bloqués

Même si « les deux tiers des 20 000 Français retenus au Maroc ont déjà pu rentrer », selon Jean-Yves Le Drian, depuis le 21 mars, plus aucun avion ne peut atterrir au Maroc. Les compagnies de voyages et les compagnies aériennes ont désormais les mains liées. Seul l’Etat français est en capacité de négocier avec les autorités marocaines pour le rapatriement de ses derniers ressortissants. Le ministère français des Affaires étrangères tente d’obtenir des autorisations exceptionnelles de vol, la plupart du temps en partenariat avec Air France. Quelques rares avions ont ainsi pu partir du Maroc. Ces vols, Denis n’a pas encore pu en prendre un : « Je me suis inscrit sur le site du consulat, en stipulant bien que j’étais touriste (…) je n’ai pas encore été contacté par le consulat et par Air France pour acheter mon billet, donc ce n’est pas gagné. » Surtout que certains passagers sont prioritaires sur d’autres. En effet, les mesures de retour concernent les cas les plus urgents : « Ils font passer tous les gens malades et diabétiques, les personnes âgées, ceux avec des enfants ou des parents à charge », explique Laura.

Pour ceux qui restent au Maroc, la question du logement se pose. Denis lui, vit dans l’appartement qu’il avait loué le temps de ses vacances « plus aucun touriste n’arrive donc je peux rester pour l’instant ». Comme lui, beaucoup ont dû trouver une solution d’hébergement d’urgence et de longue durée. Pour les aider, le site SosUnToit a été créé par le quai d’Orsay pour mettre en relation les Français en difficulté, et ceux expatriés et volontaires pour les accueillir.

« Je suis dans l’attente, rien ne bouge », déplore Denis. Il va pourtant falloir s’armer de patience puisque selon l’ambassade française au Maroc, il est actuellement impossible de quitter le pays.

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