Les valises sont loin d'être faites © Peter H/Pixabay

Le secteur du tourisme est l’un des plus impactés par la crise du coronavirus. Les agences de voyages doivent gérer non seulement l’annulation des voyages déjà prévus et surtout pallier l’absence de nouveaux clients pour une durée encore indéterminée.

La situation actuelle est totalement critique pour le secteur du tourisme qui sera l’un des derniers à pouvoir reprendre son activité normalement. « Les hôtels ne rouvriront pas avant mi-juillet », a annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution du 13 avril. Et rien n’est acté concernant les vacances de 2020. Si l’été est encore incertain, les voyages initialement prévus pendant la période actuelle ont tous été logiquement annulés. Le manque à gagner s’annonce colossal pour ces entreprises. Selon les chiffres du gouvernement, la consommation touristique intérieure représente plus de 7 % du PIB français en 2017. Pour Yvon Peltanche, le président en région Centre-Val de Loire de la Fédération des entreprises du voyage : « Elles perdront 50 à 60% de leur chiffre d’affaires sur l’année 2020, au mieux. Certaines feront faillite. »

Gérer les annulations de voyages…

Comment les entreprises du secteur touristique s’organisent-elles pour gérer au mieux cette crise ? Elles essaient de garder leurs clients tout en préservant leurs droits. Gaëlle devait partir à Zurich le week-end de Pâques, avec ses deux enfants. Elle a réservé l’aller-retour en avion, plus les deux nuits d’hôtel, le tout via l’agence Expedia. Si elle doit effectuer les démarches elle-même afin de se faire rembourser les activités déjà réservées sur place, l’agence s’occupe directement de l’annulation de l’hôtel et des vols auprès d’Air France et Swiss international Airlines.

L’entreprise s’engage à verser un avoir dans un délai de six mois. Mais il va falloir être patient : « Je ne sais pas encore dans combien de temps je serai créditée, ni jusqu’à quand ils seront valables », déclare Gaëlle. Les clients devront utiliser leur avoir quand ils en auront la possibilité. Les agences ont tout intérêt à poursuivre cette démarche. Ainsi, ils augmentent leur chance de garder leurs clients et limitent les remboursements.

… mais surtout le manque de nouveaux voyageurs

Conserver les clients actuels est une chose, en trouver des supplémentaires en est une autre ! Personne ne sait à l’heure actuelle quand les voyages pourront avoir lieu, ni même si les Français auront la possibilité de partir à l’étranger, compte tenu de la fermeture des frontières. Gaëlle a réservé deux semaines de vacances aux Canaries en Espagne en août : « J’ai peur de ne pas pouvoir y aller. Il y a un grand risque que la frontière soit fermée tout l’été. Si c’est le cas, je n’ai vraiment pas de chance cette année. »

L’Espagne est le deuxième pays le plus touché par l’épidémie en Europe, derrière l’Italie. Il est donc probable que les vacanciers doivent rester dans leurs pays de résidence cette année. Un début de réponse sera peut-être bientôt apporté puisque Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères a annoncé le report du G20 du Tourisme, du 9 au 25 avril.

Face aux difficultés financières, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, a indiqué qu’un total de 20 milliards d’euros de prêts garantis avait été demandé par plus de 100 000 entreprises en huit jours. Par ailleurs, plus de 550 millions d’euros ont été accordés par l’Etat à des entreprises du secteur du tourisme dont l’activité est affectée par l’épidémie de Covid-19.

Jean-Baptiste Lemoyne, n’a pas souhaité faire de pronostics sur la reprise de l’activité touristique : « La priorité est tout d’abord sanitaire, on est dans un suivi jour par jour, semaine par semaine, il est trop tôt pour se prononcer. » Si les Français ne peuvent pas encore partir à l’étranger, la réciproque est également vraie. Selon les chiffres du gouvernement, la France est le pays le plus visité dans le monde avec 87 millions d’arrivées de touristes internationaux en 2017. Elle se situe au cinquième rang mondial en termes de recettes (36,5 milliards d’euros en 2016). Le tonneau des Danaïdes risque d’être difficile à remplir en cette sombre année 2020.

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Etudiant en fin de deuxième année à l'ISCPA Paris. Passioné par le football, grand intérêt pour l'histoire et la géographie.

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