Le système D de plus en plus sollicité par les Français pendant le confinement © Pascal Durieux / Pixabay

Privés de certains besoins essentiels du quotidien, de nombreux Français s’en remettent au système D pour les combler. Une solution de substitution qui peut s’avérer lucrative et efficace dans ce contexte sanitaire difficile.

Cette période de confinement rime avec ennui et morosité pour certains, pour d’autres elle est synonyme de créativité et d’inventivité. De plus en plus de personnes misent sur le « système D » pour combler des besoins quotidiens. Une alternative astucieuse, qui fait naître chez les plus « débrouillards » des talents insoupçonnés. Ils s’improvisent coiffeurs, chefs cuisiniers ou encore confectionneurs de masques artisanaux et n’hésitent pas à faire part de leurs prouesses sur les réseaux sociaux.

De quoi susciter naturellement un intérêt et une demande grandissante chez les gens qui les suivent. Coiffeur en herbe de 23 ans, Evans est peut-être en passe de gagner ses galons de référence dans sa ville de Montreuil, tout en comptant sur l’indéfectible soutien de son fidèle ami et client, Jonathan : « Je suis ravi qu’Evans ait endossé le costume de coiffeur pendant ce confinement, j’avais vraiment besoin qu’on s’occupe de ma tête, déclare-t-il. Les résultats sont plus que corrects pour un apprenti. C’est une excellente alternative aux traditionnels salons de coiffure, mais c’est aussi ma façon de soutenir mon ami dans son nouveau projet. Il a vraiment tout intérêt à continuer dans cette voie. »

Grâce au nombre croissant de sollicitations et un sens des affaires bien aiguisé, ces néo-artisans saisissent l’opportunité d’arrondir leurs fins de mois en commercialisant leur activité, avec l’objectif de la rendre pérenne. « J’avais déjà l’habitude de coiffer certains de mes proches étant plus jeune, confie le coiffeur montreuillois. Pendant ce confinement j’ai vu beaucoup de gens s’inquiéter sur le sort de leurs cheveux. Je me suis donc dis que c’était le bon moment pour me relancer. J’ai racheté du matériel et regardé des tutoriels sur YouTube pour retrouver la main et c’était reparti. Après quelques coiffures effectuées gratuitement, je fais désormais payer mon activité et je compte bien la poursuivre après le confinement. »

Les règles de confinement mises à l’épreuve

La question du respect des règles de confinement ne doit cependant pas être éludée. Ces services non-déclarés ne rentrent en aucun cas dans le cadre de la précieuse attestation de déplacement nécessaire pour circuler en toute légalité. Parfaitement conscient des sanctions qu’il encourt, Evans n’hésite pas à faire étalage de son sens de la malice et de la ruse pour passer entre les mailles du filet des forces de l’ordre.

« Il est évident que je risque l’amende si la police venait à me contrôler sur la route, concède-t-il. Ma petite astuce pour me frayer un chemin c’est de passer à la pharmacie pour prendre un sirop ou un autre médicament que je présente à la police pour justifier ma sortie en cas de contrôle. » En ce qui concerne les règles d’hygiène et de distanciation sociale pendant son activité, il se veut rassurant : « Je porte évidemment un masque et des gants quand je travaille, je ne donne aucune accolade, ni poignée de main. C’est certes du business mais la santé passe avant tout en cette période compliquée. »

Le système D au service des soignants

Denrée la plus rare et la plus demandée en cette période d’épidémie, les masques sont également l’objet de confections plus ingénieuses les unes que les autres. Si de nombreux Français se contentent de soutien-gorge, de t-shirts ou d’autres objets ordinaires du quotidien pour constituer leurs boucliers faciaux, d’autres ont les idées beaucoup plus poussées, c’est le cas de Romeo. Cet

adolescent parisien se démarque en concevant des masques à visière grâce à plusieurs imprimantes 3D. Réutilisables après décontamination, ces masques ont déjà été distribués par centaines, notamment à l’Hôpital des Peupliers (13e arrondissement de Paris), ainsi que dans plusieurs EHPAD et cliniques.

Afin de promouvoir son opération et d’inciter les gens à faire de même, Romeo et sa famille ont créé le site Internet 3d4better.org tout en y mettant en place une cagnotte qui leur a permis de récolter à ce jour pas moins de 11 000 d’euros. Une opération noble, faisant office de publicité en or pour les vertus du système D.

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