Plusieurs hôpitaux, pharmacies voire collectivités locales ont été les cibles d'escroqueries de plusieurs millions d'euros au cours de la crise du Covid-19. ©Pixabay

Entre phishing, ventes factices en ligne et démarchages téléphoniques, les tentatives d’arnaques pleuvent en période de confinement. 

En ce temps de crise, les escroqueries exploitent l’incertitude générale avec ferveur, en se faufilant dans tous les domaines à leur portée. Alors que certains arnaqueurs n’hésitent pas à se faire passer pour des représentants de l’OMS, d’autres se contentent de se transformer en fournisseurs de masques et de gels hydroalcooliques, dont le litre pourrait atteindre les 15 euros, ou revendent simplement des médicaments en ligne qui ne parviendront jamais à destination. Les tentatives de fraude et d’arnaque fusent, jouant principalement sur la vulnérabilité des personnes âgées et sur la peur engendrée par le Covid-19. Des appels de don et des cagnottes factices sont également mis en place en prétendant servir la recherche de vaccin.

Les personnes âgées ne sont pas les seules vulnérables. Et pour cause, L’incontournable monde du numérique voit le nombre des traditionnels mails d’hameçonnage s’accroître. « Irritée par la solitude » et « lassée » par son quotidien, Léna, habitante à Melun, ne prenait plus vraiment garde mais a finalement redoublé de vigilance : « Je reçois plein de mails indésirables depuis le début, j’étais habituée, ça sautait aux yeux. Puis j’ai reçu un mail du gouvernement avec, en objet : ‘formulaire n°18450 : Remboursement’.  Le message stipulait un remboursement de 283 euros. J’ai cliqué sur le lien pour voir ce qu’il en était, j’ai cru que c’était une aide de l’Etat pour mon loyer. A la suite de cette manipulation, une fenêtre s’est ouverte et j’ai instinctivement refermé la page. Fort heureusement, j’ai un très bon antivirus qui a directement bloqué l’attaque. » Le mail lui a été envoyé par impots.gov.fr, qui a manqué son coup à une lettre près.

Les arnaques recyclées

Les escrocs ne manquent pas de ressources malgré le schéma systématique du simulacre. Au début, certains n’hésitaient pas à se faire passer pour la police pour mieux revendre des attestations de sortie, pourtant gratuites et disponibles en ligne. Très vite interrompues, ces tentatives se sont reconverties sous la forme d’appels malveillants massifs.  Le centre hospitalier Samuel Pozzi Bergerac, situé en Dordogne, a lancé une alerte sur leur page Facebook : des démarchages téléphoniques ont été recensés au sein de l’hôpital, proposant aux personnes âgées de « passer dans leur demeure pour vérifier qu’elles disposent bien du matériel médical nécessaire à leur maintien à domicile ».

Enfin, il y a ceux qui se fondent dans les activités de la vie quotidienne. Certaines entreprises ont discerné un élan opportuniste parmi leurs acheteurs qui redistribuent les produits « avec un tarif de revente multiplié par quatre » par le biais des entreprises de commerce en ligne, comme Amazon ou Cdiscount. Jaouad El Kansouli, dirigeant de la société Direct Burotic qui ne travaille habituellement qu’avec les professionnels, a expliqué qu’une « pénurie commençait également à se faire ressentir » au niveau des consommables d’impression. « Les revendeurs se sont servis de notre logistique, certains clients se sont fait avoir. »

Des groupes organisés prennent l’apparence des habituels fournisseurs de masques et de gels hydroalcooliques, contactent des pharmacies ou des hôpitaux et se servent du prétexte de la pénurie pour exiger un acompte allant parfois jusqu’à 15.000 euros. Bien évidemment, la couleur des matériels n’est jamais vue. Il existe même de fausses décontaminations soi-disant obligatoires.

L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière a alerté le grand retour de la fameuse « arnaque au président » qui avait connu une baisse depuis 2015. Le principe est simple : les escrocs se font passer pour le dirigeant d’une société et envoient à son entreprise une demande importante de versement. Selon l’OCRGDF, « plusieurs millions d’euros de préjudice ont déjà été enregistrés ».

Une prudence qui vire à l’obsession

La vigilance de certains frôle toutefois la paranoïa. Alors que le commissariat du XXe arrondissement de Paris avait envoyé un mail de prévention contre les escroqueries, de nombreux doutes sur son authenticité ont circulé sur les réseaux sociaux. Selon l’Agence France-Presse, « la publication virale a cumulé près de 43.000 partages en 48 h. » La Cellule d’écoute et de traitement des doléances mise en place par la gendarmerie a finalement confirmé l’exactitude de ce mail.

De multiples moyens sont mis en place pour lutter contre toutes les formes d’escroquerie. Les arnaqueurs devront, à l’avenir, faire preuve d’imagination pour contrer les mesures de prévention.

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Etudiante en deuxième année de journalisme, je suis à la recherche d'un stage de trois mois dans une rédaction de presse.

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