L’Autriche, ici à Vienne, amorce son déconfinement (Crédit : Pixabay)

Le pays d’Europe centrale est un des premiers à avoir fermé ses frontières face à la menace du coronavirus. Mardi, les autorités ont autorisé une réouverture des commerces, mais avec des restrictions.

L’Autriche a « évité le pire », a rappelé le chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz. Après avoir annoncé le 6 avril un assouplissement des mesures de confinement contre le Covid-19, le jeune dirigeant de 33 ans a joint le geste à la parole mardi en levant progressivement des restrictions dans le pays, « dès lors que la population joue le jeu », prévient le quotidien viennois Die Presse.

« Jusqu’à présent, nous avons mieux traversé la crise que les autres pays », a souligné Kurz. Une déclaration que Die Presse prend pour un avertissement du chancelier signifiant : « Nous pouvons tirer le frein d’urgence à tout moment ».

Réouverture des écoles et restaurants mi-mai

Les jardins publics, les magasins de bricolage et jardinage, ainsi que 15 000 petits commerces, ceux de moins de quatre cents mètres carrés, ont donc rouvert ce mardi. Le gouvernement, constitué d’une « coalition turquoise-verte » entre la droite autrichienne et les Verts, planche sur un retour à la normale très progressif mais les grandes étapes sont déjà fixées. Le 1er mai, ouverture de tous les autres magasins. A la mi-mai, les hôtels, restaurants et les écoles réouvriront leurs portes.

Une politique de déconfinement pas à pas accompagnée du port obligatoire du masque, ou globalement de quoi couvrir le nez et la bouche, à partir du 14 avril, avec une amende de 50 euros pour les contrevenants. Dans les enseignes publiques, les contrôles s’assurent qu’il n’y a qu’un seul client tous les vingt mètres carrés.

Pour Matteo Eichhorn, étudiant de Graz (Autriche), « l’ambiance commence à se détendre un peu, ce qui est bien. Après, notre gouvernement a posé une obligation de porter un masque quand on fait ses courses et dans les transports en commun. Ce ne sont pas des masques FFP2 (masque filtrant), c’est juste pour couvrir son visage ».

Si la vie semble reprendre son cours étape par étape en Autriche, les frontières vont demeurer fermées encore un bon moment selon M. Eichhorn. « Ça sera peu probable que nos frontières rouvrent bientôt, ça va durer assez longtemps ». Il précise notamment que les politiques ont « décidé de réagir vite » face au Covid-19 « parce que l’Autriche est très proche de l’Italie. On a perçu le danger comme plus tangible. Nous avions réagi assez tôt comparé la France qui faisait encore ses élections, nous on était déjà tous confinés à la maison chez nous. Après, le chancelier c’est un peu son truc de fermer les frontières, ajoute-t-il, un brin moqueur. Je crois qu’on a évité le pire ».

« Les Autrichiens font confiance au gouvernement »

Selon lui, ce déconfinement est non seulement possible grâce aux prises de décisions rapides des autorités de son pays, mais également grâce à la docilité des Autrichiens. « Ils font plutôt confiance au gouvernement. Ils suivent les instructions ». Pour autant, si les règles sont un peu moins strictes, le confinement est toujours de mise, ce qui signifie que les Autrichiens « n’ont que quatre raisons pour sortir comme avant : faire ses courses, aider quelqu’un d’autre, on a toujours eu la possibilité de faire des balades et aller travailler bien sûr ».

D’après lui, la plus faible densité de population et d’urbanisation en Autriche par rapport à la France a permis au pays de mieux gérer la pandémie de coronavirus. « En général, on est moins urbanisés que la France donc a forcément moins de contacts parce que la plupart des gens sont retournés, surtout maintenant à la campagne. Pour les villes, Vienne ce n’est pas très grand, deux millions d’habitants donc a forcément moins de transports en commun, les gens sont plutôt en voiture », explique le jeune homme.

L’Autriche est un pays très peu touché par le nouveau coronavirus, comparé à ses voisins européens : seulement 393 morts pour moins de 9 millions d’habitants selon l’Université Johns Hopkins, soit sept fois moins qu’en France. L’Autriche avait d’ailleurs fait fermer le 10 mars sa frontière avec l’Italie. Elle a été le premier pays en Europe à prendre cette décision.

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