© Patrice Woolley

Entre FAQ ministérielles télévisées et allocutions présidentielles, la classe politique occupe une grande partie du temps d’antenne du petit écran. Tentant de rassurer la population avec des mesures plus ou moins concrètes, leurs visages changent au fil de l’avancée de l’épidémie.

Plus de maquilleur plateau, plus de service com ou de petits stagiaires qui vérifient le rendu lumière ! Nous découvrons les politiques comme nous ne les avions jamais vu. Au naturel, à nu, et ce n’est pas beau à voir. Comme sur l’échiquier politique, nous avons les deux extrêmes : un Blanquer livide et en manque de mélanine et un Macron orange vif ayant subi un ravalement de façade digne de l’industrie du BTP, plus proche d’une couche de plaquo que d’un contouring. 

C’est vrai, on ne tape pas sur le physique, c’est mal. Mais ce n’est pas seulement leur vitrine qui tombe, leur crédibilité politique en prend un coup. Des visages austères, froids et fatigués, tout autant que leur politique, dépassée par un système ultra-libéral en fin de vie. Des tentatives de relance économique qui ont montré leurs échecs dans les crises passées. Des mesures annoncées à tâtons, contradictoires pour la plupart, n’étant même pas fichus de s’accorder sur la même version à cracher aux Français pour les contenir. Une porte-parole du gouvernement qui n’a jamais aussi bien porté son prénom, à défaut de savoir le faire avec un masque. 

La rhétorique politique enseignée n’est plus de mise dans une telle crise, les fiches Bristol préparées à l’avance par leurs sbires ne suffisent plus. L’œil perçoit plus vite ce que les oreilles entendent, le château de cartes s’effondre, le pays avec. Lui pourra se relever, pas eux. 

La volonté politique qui se dessine pour envisager le jour d’après, ne ressemble en rien à un changement de paradigme nécessaire à l’issue de cette crise. Elle s’apparente plus en un dernier coup de collier néo capitaliste. Croisons les doigts pour que cela fonctionne. Pourtant l’origine du problème ne peut en être la solution. La société du spectacle s’effondre, entraînant avec elle l’aliénation de la marchandisation à outrance.  

Blanquer, alias Oncle Fétide, invité en duplex sur France 2 hier soir, parlait des « décrocheurs scolaires », ce sont nos politiques qui devraient raccrocher. Macron s’improvise petit père des peuples à chaque allocution, promet 1 500€ de prime pour les soignants et 150€ aux familles les plus modestes. Fort bien, servons-nous de l’argent magique. 

Le même argent utilisé à hauteur de 3,4 millions d’euros pour acheter des drones de surveillance afin de faire respecter les mesures de confinement. Beauvau dément. Big Brother rode. Les masques arriveront peut-être un jour, mais les drones sont déjà là, n’entendez-vous pas le bruit des bottes ? 

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Étudiante en journalisme, avec une licence en Science Politique, je cherche à comprendre ce(ux) qui m'entoure(ent)

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