La crise du Covid-19 affecte les salaires des footballeurs © jarmolux / Pixabay

Souvent pointés du doigt, les salaires des footballeurs professionnels ne cessent d’être source d’interminables débats, et cette période d’épidémie de coronavirus ne les atténuent pas le moins du monde. En stand-by depuis plusieurs semaines et ce, pour une durée pour le moment indéterminée, le monde du football voit sa gigantesque économie ralentir de manière considérable.

En proie à des manques à gagner et des pertes du fait de la suspension des compétitions, plusieurs clubs français ont opté pour la solution du chômage partiel, sous l’impulsion du gouvernement. Ce-dernier a autorisé, le 28 mars dernier, le recours à ce dispositif à toutes les entreprises publiques et privées, sans prendre en compte leurs tailles respectives.

« Les clubs sont des entreprises avec des salariés où vous avez des joueurs ou un staff technique qui n’a pas les même salaires », déclarait jeudi dernier, sur FranceInfo, Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. En effet, un joueur de Ligue 1 touche en moyenne de 94 000 euros par mois. Un salaire à des années-lumière de ceux des secrétaires, kinés ou autres intendants. La question qui a donc agité l’opinion public était de savoir qui verserait aux joueurs la compensation de leurs salaires.

Si l’Etat prendra en charge le remboursement des salariés touchant une rémunération inférieure à 4850 euros, la responsabilité de la compensation des salaires des joueurs incombe directement aux clubs, étant donné que l’allocation versée par l’Etat ne peut guère absorber totalement les rémunérations pharamineuses des acteurs du rectangle vert.

Deuxième plus gros club du championnat de France en termes de budget, l’Olympique Lyonnais, à l’instar de Marseille, Nice ou encore Reims, indemnise ses joueurs et son personnel non-sportif à 70% de leur rémunération brute (environ 84% en net). Toujours est-il que les clubs se frottent les mains face à ce chômage partiel qui permet d’alléger significativement leurs finances en cette période de vaches maigres.

Une tendance confirmée par le fait que la compensation que les clubs verseront à leurs joueurs sera exonérée de toutes charges sociales, salariales et patronales (exceptées la contribution sociale généralisée et la contribution pour le remboursement de la dette sociale). De quoi engendrer une économie substantielle se situant entre 20 et 30%. Un accord général a, par ailleurs, été trouvé, mardi dernier, entre dirigeants et joueurs pour une baisse de la masse salariale au mois d’avril, selon les informations du journal Le Monde. Cette mesure, en attente de l’aval de la Ligue de Football Professionnel, se traduit par un versement différé des salaires, exemptant les joueurs qui touchent moins de 10 000 euros par mois.

Si les footballeurs sont des icônes interplanétaires voire des demi-dieux pour certains, ils n’en demeurent pas moins directement touchés par la conjoncture économique actuelle. Certains joueurs, comme Lionel Messi, sont même allées jusqu’à baisser, de leur plein gré, leur salaire de 70%. De quoi peut-être se voir enfin considérer comme des êtres humains conscients et raisonnables, et non comme de simples millionnaires courant derrière un ballon en cuir.

Les clubs de football français sont en danger. Ils dépendent en grande partie des droits de diffusion télévisuels. Ces derniers leur assurent environ un tiers de leur budget, selon la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). A cause de la suspension des derniers matchs, Canal+ n’a pas versé la dernière part de 110 millions d’euros de son contrat avec la ligue de football professionnel (LFP). Actuellement, près de la moitié des droits TV de la Ligue 1 (726,5 millions d’euros par an) sont répartis de façon équitable. Malgré cette crise du coronavirus, le groupe espagnol de Mediapro, qui sera le principal diffuseur en France à partir de la saison prochaine, ne remet pas en cause son engagement et se dit même prêt à diffuser la fin du championnat actuel. Lors de la période 2020-2024, le montant de droits TV s’élèvera à 1,153 milliard d’euros par an, soit environ 400 millions d’euros de plus par rapport au contrat actuel. Cet argent supplémentaire sera partagé de façon égalitaire entre tous les clubs, réduisant ainsi le risque de faillite des « petits » clubs.

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