51% des étudiants disposent d’une activité rémunérée pour financer leurs études. Pixabay

Après avoir fixé la potentielle date de fin de confinement, le 11 mai, Emmanuel Macron a annoncé un plan d’une « aide exceptionnelle », sans en détailler son montant, destiné « aux familles les plus modestes avec enfants » ou, pour « les étudiants les plus précaires vivants parfois loin de leur famille, en particulier lorsque celles-ci viennent d’outre-mer ».


« Beaucoup d’étudiants ne paient pas leur loyer car ils n’en ont pas les moyens » déclare Adrien Lienard, membre de l’UNEF (Union National des Etudiants de France). En 2019, 2,7 millions d’inscriptions ont été enregistrées dans l’enseignement supérieur en France et dans les départements d’outre-mer. Une majorité d’étudiants qui ont dû mettre de côté leurs activités professionnelles qui leur permettaient de faire leur course payer leur loyer, pour se confiner. Dans une étude réalisée par Unly, dans la période de l’été 2019, 1 étudiant sur 2 estimait que ses ressources financières étaient insuffisantes. Le budget mensuel moyen d’un étudiant en France est d’environ 715€ par mois. Il provient de trois sources principales : la famille, les revenus d’activité et les aides sociales. Pour les foyers les plus modestes, le budget alloué par la famille représente moins de 10% du budget global, le tout est compensé par des bourses (qui représentent en moyenne 66% des ressources mensuelles). 

Pour les étudiants logés dans les résidences du CROUS, les loyers sont maintenus et doivent être payés. A l’inverse, ces étudiants qui sont confinés chez leurs proches et qui ont quitté leur logement, profitent d’une exonération. Adrien Lienard revendique « que tous les étudiants restés dans les logements CROUS soient eux aussi exonérés. Ce sont surtout ces étudiants les plus précaires. Comme les étudiants étrangers qui n’ont pas accès au système de bourse ceux qui n’ont pas les moyens de retourner chez eux ». Les cantines du CROUS qui permettaient de nourrir les étudiants avec des tarifs sociaux réduits, ont fermé leur porte depuis le début du confinement. Beaucoup d’étudiants n’ont pas les moyens de remplir leur assiette pour chaque repas de la journée. Pour pallier les fermetures, le service social du CROUS Toulouse, par exemple, a développé un accompagnement à distance en proposant des bons d’achats de première nécessité. Ce dispositif permet aux étudiants rencontrant des difficultés financières de bénéficier d’une carte numérique pour réaliser des achats de produits de première nécessité en fonction de leur situation personnelle notamment s’ils sont logés seuls dans un logement autonome. « Nous sommes dans une situation où les aides ne sont pas suffisantes pour couvrir tous les besoins. On demande un vrai financement au niveau national, pour éviter les inégalités territoriales. »

Confinement prolongé, les examens repoussés, le budget tronqué


Une majorité d’étudiant travaille l’été afin d’obtenir une épargne à écouler le long de l’année pour des besoins essentiels. Ce budget risque d’être tronqué par le report des examens s’ils sont déplacés pendant l’été, à cause du temps de travail nécessaire dédiés aux révisions, plutôt qu’aux job d’été. Ces mêmes étudiants garderont leur logement pendant leur révision. D’après Adrien Lienard, « cela va engendrer des coûts supplémentaires. Si on décale les examens comme veulent le faire certains établissements, on va être confronté à des situations où les étudiants ne pourront plus payer leur loyer ». L’organisation politique étudiante Poing Levée recommande même l’annulation des partiels car « En cette période de pandémie, il est clair que nous ne pouvons pas passer des examens comme si de rien était. » Une requête utopique que peu d’établissement risque d’adopter néanmoins la tenue des examens pourrait creuser l’écart entre les étudiants. L’aptitude des étudiants pourrait être nettement réduit par leur situation de confinement s’ils sont isolés. La concentration baisserait si l’étudiant reste obnubilé autour de son loyer ou de ses courses qu’il ne peut pas financer. La continuité pédagogique est semée d’embûche pour ceux qui sont victimes de « la fracture numérique » ou « enfermés dans un appartement de 9m2. La capacité à travailler n’est pas la même que si on a accès à une bibliothèque universitaire » précise Adrien Lienard. Les aides financières promises par Emmanuel Macron devraient être décidés lors du prochain Conseil des ministres, mercredi.

Luna Laferiere

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Etudiante en journalisme, je recherche un stage de 3 mois dans une rédaction de presse française.

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