© Elysée

Le Président de la République s’est exprimé hier soir, à 20h02, lors de sa quatrième allocution télévisée. Prolongeant le confinement du pays jusqu’au lundi 11 mai, Emmanuel Macron a tenu un discours nationaliste en lien avec la crise sanitaire que traverse la France.

« Nous ressentons tous en ce moment la peur, l’angoisse, pour nos parents et pour nous-même » a d’abord déclaré le chef d’Etat, se plaçant sur un pied d’égalité avec les citoyens confinés. Une angoisse qui l’a poussé au renouvellement du confinement strict de la population française pour une période de quatre semaines supplémentaires. Une échéance qui tranche avec les délais précédemment annoncés par Emmanuel Macron.

Derrière cette date lointaine, le chef de l’exécutif a prouvé sa volonté d’assurer une gestion efficace de la crise du covid-19. Il a toutefois reconnu les « défaillances » et « lenteurs » de l’Etat français, notamment au niveau de la pénurie des masques et de la saturation des hôpitaux en Ile-de-France et dans le Grand Est.

Une volonté de transparence

Emmanuel Macron a reconnu ses erreurs et admis que l’Etat français n’était « pas assez » préparé à la gestion d’une telle crise sanitaire.

Pourtant, il a tenté d’apporter un message encourageant aux Français. Déjà, parce que le nombre de malades en réanimation diminue depuis peu. « L’espoir renaît », a annoncé le chef de l’Etat. Mais aussi parce que les commandes de masques ont désormais été passées, grâce à une « une production comme en temps de guerre ».

Le terme de « guerre » employé par le Président fait partie d’un schéma de communication commun à ses diverses allocutions. Thomas Alve-Chaintreau, expert en communication politique, l’analyse comme tel : « D’abord un mot de contexte, puis un message de soutien aux professionnels de santé, ensuite un point de situation sanitaire, un énoncé des décisions à venir, un rappel des responsabilités de chacun, et enfin une conclusion sur la future mise en place des mesures annoncées par le gouvernement avant un renvoi au prochain point de situation. »

L’allocution d’Emmanuel Macron ce lundi 13 avril n’a pas dérogé à ce schéma. On peut donc imaginer qu’Edouard Philippe s’exprimera sous peu afin de préciser les mesures concrètes qui viendront encadrer la poursuite du confinement. 

Des mesures strictes assorties d’aides économiques    

Si le président de la République a voulu se montrer optimiste, les mesures annoncées ne sont pas pour autant pas plus souples.

Les restaurants, bars et commerces ne rouvriront pas le 11 mai, l’enseignement supérieur ne reprendra pas avant la rentrée de septembre et les frontières européennes resteront fermées « jusqu’à nouvel ordre ».

Un déconfinement que les Français peuvent donc commencer à concevoir, mais qui ne sera pas synonyme d’un retour instantané à la normale. Thomas Alve-Chaintreau confirme que « dans son discours, le président laisse entrevoir une sortie de crise, sous conditions », soulignant également que « moins autoritaire, reconnaissant et porteur d’espoir, il s’est mué dans un rôle de planificateur du jour d’après ».

Des doutes mais de l’espoir

C’est en rappelant l’importance de la Nation qu’Emmanuel Macron a clôturé son discours, constatant que les Français étaient désormais « tous solidaires, fraternels, unis, concitoyens d’un pays qui fait face ». Une stratégie habile selon Sacha Benhamou, consultant en communication de crise, qui estime que « le discours d’hier était efficace car il était humain, et le chef de l’Etat a reconnu ses fautes avec humilité ». Pour lui, « les gens semblent avoir apprécié qu’il ait pris le risque de l’honnêteté ».

Sacha Benhamou explique qu’Emmanuel Macron renoue ainsi avec « la tradition des chefs d’Etat de la Ve République, en prenant de la hauteur sur les clivages politiques ». Un discours churchillien comme l’avaient annoncé les experts.

Les derniers mots du président témoignent de cette stratégie lorsqu’il exprime qu’il y a « dans cette crise, une chance : nous ressouder et prouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde ». Un projet qu’Emmanuel Macron n’a pas esquissé, concluant son discours en annonçant : « je reviendrai vers vous pour parler de cet après ».

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Étudiante en journalisme à l'ISCPA, je m'intéresse particulièrement aux affaires politiques et internationales. Je suis active sur Twitter (@AngelaLebreton) et LinkedIn (Angela Lebreton).

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