Rue du quartier Villeray - Crédit : Hélène Gruénais

Comme en France, les Montréalais sont confinés chez eux à cause de l’épidémie de Covid-19. Les dernières neiges ont fondu, il commence à faire beau mais la ville demeure déserte. A son rythme, la ville change de couleurs dans les rues comme aux fenêtres.

Des arc-en-ciel sur toutes les fenêtres. Les Montréalais décorent leurs maisons, comme pour partager leur bonne humeur, comme pour dédramatiser le confinement lié à la pandémie de Covid-19.

Au contraire de ses voisins, le Canada a vite pris conscience de la gravité de la situation. Le Premier Ministre Justin Trudeau a fermé les frontières du pays et déclaré l’état d’urgence sanitaire. La province de Québec a été l’une des premières à prendre des mesures radicales. Depuis le 13 mars, tous les lieux de rassemblements tels que les bibliothèques ou les musées ont été fermés. La semaine suivante, ce fut le tour des commerces non essentiels, comme les coiffeurs ou les restaurants. Tous les Montréalais sont aussi priés de rester chez eux.

« Au final, on a commencé le confinement il y a trois semaines, comme en France », raconte Hélène. Cette illustratrice habite Montréal depuis maintenant 3 ans avec son compagnon. Enceinte, elle positive au maximum « c’est un moment où j’apprécie de pouvoir observer mon ventre grossir (…) c’est précieux et rare dans une vie d’avoir ce temps ralenti ». De son côté, Florian, jeune expatrié trentenaire, peine à positiver : « je sais que je suis chanceux, on a une grande terrasse, du soleil mais j’ai du mal à rester statique (…) je sors le moins possible, seulement pour aller courir, une vingtaine de minutes, pour me dégourdir les jambes », explique t-il.

C’est dans l’ambiance sereine d’une ville calme et déserte que Florian flâne parfois, une ville où la psychose liée au virus n’existe pas « quand tu sors le long du canal, tu croises du monde même si personne ne se regroupe ». Le rire dans la voie, Hélène raconte que « les gens respectent les deux mètres de distance mais il existe une telle chaleur humaine que c’est compliqué pour beaucoup ». D’autant que cette année, le printemps arrive plus tôt que d’habitude à Montréal. « On a des hivers très rudes, qui durent en moyenne 6 mois, alors on a l’habitude de rester chez nous, à cocooner (…) d’ordinaire, le printemps n’arrive pas avant mi mai, mais samedi, les températures étaient positives et il faisait très beau », raconte Hélène.

Bien que le confinement ne soit pas obligatoire au Canada, « j’ai l’impression qu’il y a une grande confiance dans les citoyens », justifie t-elle. En effet, « pas d’obligation, pas d’attestation comme en France, et tout le monde joue le jeu (…) sans que le gouvernement leurs disent quoi faire, c’est la mentalité, les gens sont respectueux », affirme Florian.

Des mesures économiques et sanitaires

Bien que pour le moment, il y ait moins de 5000 cas détectés de Covid-19 et 131 décès, c’est près de deux millions de personnes qui sont concernées à Montréal ; c’est pourquoi des mesures sanitaires ont été prises par le gouvernement canadien. Certaines restrictions interdisent tout rassemblement et chacun doit observer une distance d’au moins deux mètres, sous peine d’amende. De nombreuses tentes ont aussi été installées dans toute la ville, comme sur la place des Festivals, pour pouvoir tester gratuitement un maximum de gens.

Dans les commerces, « tu as toujours quelqu’un à l’entrée qui te demande de te laver les mains avec du gel (…) beaucoup ne prennent plus d’argent liquide, au niveau des caisses, des vitres ont été installées et tu ne peux pas faire tes courses à deux », décrit Florian.

« Justin Trudeau a annoncé que tous les Canadiens mis à pied à cause du Covid-19 pouvaient faire une demande en ligne pour obtenir une aide financière », affirme Hélène. Face à l’urgence, le gouvernement canadien a mis en place un PCU (une prestation canadienne d’urgence) afin que toute personne qui a perdu son emploi puisse recevoir 2000 dollars par mois au cours des quatre prochains mois. Car depuis le début de la crise sanitaire, c’est plus d’un million de Canadiens qui ont été licenciés. Une somme bienvenue pour Hélène mais aussi pour Florian qui depuis le confinement sont au chômage « comme70 % des Canadiens ».

Aucun d’eux ne sait vraiment quand se terminera le confinement, même si Florian ne se fait pas d’illusion « on sait que ça va durer, tous les 2-3 jours, ils reculent la date (…) ils ont fermé toutes les frontières jusqu’au 30 juin, personne ne peut rentrer ni sortir, on sait pertinemment que notre confinement peut durer jusqu’à fin juin, mais ils ne le disent pas, sinon les gens vont commencer à paniquer ». Pour l’instant, l’état d’urgence sanitaire est renouvelé jusqu’au 16 avril 2020.

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