Accident de la route, rocade de Troyes © L’est éclair

La majorité des voitures sont restées au garage en cette période de confinement. En toute logique, les chiffres de la mortalité sur les routes ont donc baissé d’environ 40% en mars 2020. Cette baisse historique n’est cependant pas à la hauteur des espérances.

Avec 154 morts, le mois de mars est entré dans l’histoire de la sécurité routière, jamais il n’y avait eu si peu de décès. Néanmoins, cette baisse aurait dû être bien plus significative au vu de l’actuelle réduction du trafic automobile. En communiquant ces chiffres mensuels, la sécurité routière a ajouté : « La baisse de la mortalité routière enregistrée en mars 2020 s’inscrit dans le contexte de la mise en place du confinement à partir du 17 mars 2020 qui a bien évidemment fortement réduit l’ensemble des déplacements. La mortalité routière du premier trimestre de l’année 2020 est par conséquent elle aussi à relativiser au regard du contexte de confinement et de gestion de crise liée au Covid-19. » Ces chiffres sont bons mais doivent être nuancés.

Plus inquiétant, les grands excès de vitesse (50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée) sont en nette augmentation. Les radars ont relevé 12% de grands excès de vitesse en plus entre le 30 mars et le 5 avril. Sur ce point, la sécurité routière alerte : « Les comportements irresponsables sur les routes sont sont susceptibles d’accroître le nombre de blessés conduits dans les services d’urgence hospitaliers, dans le contexte d’une extrême mobilisation des personnels de santé pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle. » Lors d’un excès de vitesse de ce type, le conducteur risque 1 500 € d’amende, un retrait de 6 points et une suspension de 3 ans de son permis de conduire.

Les piétons et cyclistes épargnés

Selon les chiffres du 1er trimestre 2020, il y a eu 33 décès de piétons en moins sur la même période (129 en 2019 ; 97 en 2020).

Et moitié moins de décès de cyclistes (40 en 2019 ; 22 en 2020).

« Le nombre d’accidents corporels s’établit à 2 443 contre 4 298 en mars 2019, soit 1 855 accidents corporels de moins (- 43,2%). Et 2 965 personnes ont été blessées contre 5 326 en mars 2019, soit 2 361 personnes de moins (- 44,3%). Cette baisse concerne la plupart des usagers, notamment vulnérables », explique la sécurité routière.

Jean-Paul Lechevalier, porte-parole de l’association 60 millions de piétons déplore : « Ces chiffres ne sont selon moi que des évaluations. Les accidents de piétons ne sont comptabilisés qu’avec un déplacement de la police et de la gendarmerie. Si un piéton est renversé et emmené à l’hôpital par les pompiers, sans que la police ne soit passée, l’accident ne sera pas comptabilisé. » Il reconnaît évidemment une baisse logique de l’accidentalité piétonne, en raison du nombre moindre de piétons sur la voie publique en cette période. 

En outre-mer, il y a environ un tiers de décès en moins par rapport à 2019 (23 décès en 2019 ; 16 en 2020).  Cependant, ces diminutions n’ont pas profité aux conducteurs professionnels de véhicules utilitaires et de poids lourd. Selon la sécurité routière « le nombre de morts ne baisse pas » dans cette frange de la population qui est très sollicitée avec la crise actuelle. Comme le confinement risque de durer, les chiffres du mois d’avril devraient être encore meilleurs que ceux de mars.

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