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Pendant cette crise sanitaire du Covid-19, le système de santé, déjà saturé en temps normal a dû réinventer son mode de fonctionnement. En cette période de crise sanitaire, soignants et patientes tentent d’assurer le suivi des grossesses et des post-accouchements.

« Mon inquiétude, c’est que mon accouchement se déclenche avant son terme, si je contracte le virus, et de le perdre. Mon mari est soignant et il est très exposé. Il reste trois mois et j’espère ne pas accoucher pendant cette période », déclare Sophie, qui attend son premier enfant. A son dernier trimestre, Sophie prend conscience que la date fatidique de l’accouchement est proche. La période de confinement et de crise sanitaire peut être un facteur d’anxiété chez les femmes enceintes : la pénibilité est plus ressentie. Enceinte de son troisième enfant, Vanessa n’est pas rassurée : « C’est pesant de ne pas pouvoir sortir et de profiter comme on le voudrait. » D’après le docteur De Rochambeau, président du Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France « tout le monde est inquiet, les soignants comme les patientes ».

Pour réduire tous les risques de contaminations, les services de gynécologie-obstétrique ont réorganisé leur service. Le temps d’un instant tout s’est arrêté. Les rendez-vous ont été annulés et réorganisés selon l’urgence. Le Docteur De Rochambeau, avertit « qu’il ne faut pas sauter des consultations à cause du virus, et ne pas annuler des échographies même s’il s’agit du moment le plus à risque car on est longtemps en contact avec le soignant. Elles doivent être réalisées avec des précautions et des protections ». Le suivi de grossesse se déroule en priorité par téléconsultation. Pour les échographies par exemple, la patiente peut être consultée par des gynécologues ou des sages-femmes libéraux si elle en a la possibilité. Si la venue à l’hôpital est nécessaire, les contacts sont très limités avec les autres patientes et les soignants sont équipés. « Habituellement on est dix dans la salle d’attente, maintenant elle est plus aérée, nous sommes beaucoup à attendre », décrit Sophie. Néanmoins, elle reste anxieuse : « J’avais un rendez-vous à l’hôpital, j’ai dû demander trois fois à mon médecin si j’étais obligé de venir. A l’hôpital de Tenon, ils avaient accueilli beaucoup de cas de Covid-19, je n’étais vraiment pas rassurée. » De plus, les accompagnants ne sont plus autorisés dans les établissements, sauf lors de l’accouchement toujours sous contrôle et protéger par un masque. Les femmes asymptomatiques ont été séparées des femmes ayant été diagnostiquée avec les symptômes du virus, par précaution « car aujourd’hui on ne sait pas qui est positif ou non sans les tests. Même si vous ne toussez pas ou vous n’avez pas de fièvre vous pouvez être porteur du virus », indique le Dr De Rochambeau.

Des premières études rassurantes mais peu précises

« Les premières informations sur l’impact du coronavirus chez les femmes enceintes et le fœtus sont rassurantes », confirme le ministère de la Santé. D’après le CNGOF (Collège national Des Gynécologues Et Obstétriciens Français), les femmes enceintes, même si elles restent des personnes à risque à partir du 3e trimestre, représentent peu de risques pour leur enfant à naître. Les études récentes qui proviennent principalement de la Chine, ne sont pas précises à cause d’une période d’observation trop courte. Le président du Syndicat national de Gynécologues et Obstétriciens veut être clair : « Les premières données qu’on peut avoir et récolter sont soumises à beaucoup d’interrogation. On est sûr de rien. » Rien n’indique que le fœtus puisse être contaminé : ni par le placenta, ni par le liquide amniotique. « Il s’agit d’un virus attaquant les voies respiratoires, le nourrisson n’a pas encore développé des poumons fonctionnels », précise Dr De Rochambeau. Pour le nourrisson, le risque de transmission est le même que celui de la femme : par projection et contamination des voies respiratoires. Il y a d’abord peu de risques de transmission de la mère à l’enfant. Aucun risque non plus dans le lait maternel, l’allaitement peut donc se dérouler en toute sécurité. « Il semblerait qu’il n’y ait pas de risque concernant le lait de la maman. Nous n’avons pas retrouvé de trace du virus dans celui-ci. » mais Dr de Rochambeau met en garde : il faut bien faire attention à nettoyer son sein et « si elle ne met pas de masque et ne protège pas le visage de son enfant, celui-ci pourra être infecté ».

Luna Laferiere

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Etudiante en journalisme, je recherche un stage de 3 mois dans une rédaction de presse française.

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